L’agenda des mots : Tusitala se raconte avec des mots d’éditeurs au magasin d’histoires [16 novembre 2017 // 20H00 – 23H00]

Mis en avant

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Des mots d’éditeurs sont une série de rencontres littéraires itinérantes et éphémères. L’idée est de mettre en évidence le travail souvent peu connu et pourtant formidable de petites maisons d’éditions indépendante.Chaque rencontre se tiendra dans un lieu inattendu et insolite qui, fera office de librairie éphémère d’un soir dont les étagères ne seront remplies que par les livres de l’éditeur invité.

Le jeudi 16 novembre à 20h les éditions Tusitala investiront le magasin d’histoires

Plus d’infos: https://www.eventbrite.fr/e/billets-tusitala-se-raconte-avec-des-mots-dediteurs-au-magasin-dhistoires-39183098703

 

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Jacques Izoard – Mots maudits sans mot dire ou dictons qui prennent eau de toutes parts

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« Nuage n’est que nuage si le ciel bat de l’aile. »

« Lapereau sous la paume. L’enfance y palpite. »

« La suie est la sœur. Le sable est le frère. »

Touche la petite haleine qu’un miroir ternit. »

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J. Vingtergnier – Dame seule [1923]

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Par un beau soir de Septembre
Olga lasse de lumière
à son heure coutumière
s’est enfermée dans sa chambre.
Mais le souvenir la hante
du soleil de la Riva
et de l’ombre du Ghetto.

Insomnie des nuits d’hôtel
au bassin Cavaletto!

Soupir voisin d’une amante!

« Et moi, serais-je moins belle
quand mon ami n’est pas là? »

Étreinte de l’oreiller
Désir ardent de caresses
qui vous retient éveillé.
Sur sa poitrine elle presse
La nuit chaude et langoureuse.
Oh! torpeur délicieuse!
Lent plaisir des solitaires!
Un spasme bref de la chair
et puis dans la chambre grise
la chute d’une âme éprise
du velours de son baiser.
De l’excès de son bonheur
en abîme extatique…

Au bruit lointain du moteur
d’un invisible moustique.

©Livre: J. Vingtergnier – Ronds de fumée Poèmes [Bruxelles // 1923]
©Illustration : Pierre de Vaucleroy

Paul Dewalhens – Cymbalum Mundi (Extraits) [1970]

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PHILEMON

Il était né avec des boyaux d’un vascularisme rhapsodial. Le cal mal placé sur la fessedroite, héritage de congénitalesque mascarade, l’incommodait et le portait à invectiver l’almanach à toute heure du jour. Il se nourrissait de condiments mauresques et de fruits de l’arbre à faune. Les perles, disait-il, sont aussi bien mangées par les cochons que par un président de tribunal de première instance. Il sentait la vie jusqu’au raglan et savait que les exigences sont faites de corps-de-garde et d’hommes-à-fleurs. Héla! Il avait la bourse sèche comme un rebec!

UN HOMME

Arthur a tout ce qu’il faut pour être heureux: des affaires qui prospèrent, une femme aimante et économe, des enfants qui ne boudent pas à la besogne, des propriétés, des argents.
– Comment vas-tu, Arthur?
– Mal, je m’emmerde!

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Jean-Marie Van Coppenolle – C’est pas avec l’insémination artificielle qu’on va au septième ciel…

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Bonjour, vos n’me counichè nî
C’eust mi l’petit’ vaque noûre et blanque
Qu’elle eust souvé à patrouillî
Su l’grande pasteur de l’césse de l’planque

Si j’ai lèyî l’césse de m’patron
Pou v’nu scrînè avu vous aut’es
C’eust qu’j’ai bî des r’vendications
A proposè: j’vas l’fé sans faute

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Roger Vailland – 325 000 Francs (Extraits) [1955]

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Marie-Jeanne est lingère. Elle coud ou brode toute la journée, assise près de la fenêtre. Elle habite le seul baraquement de la Cité Morel qui se trouve en bordure de la route de Saint-Claude. Ainsi les passants la voient tout au long de l’année, assise bien droite sur une chaise de paille à haut dossier, maniant des choses délicates, du linon, de la soie, de la batiste, rien que des blancheurs où ses ongles vernis posent des taches de rouge vif.

L’air sentait bon l’herbe mouillée, la terre chaude. De grosses gouttes d’eau coulaient lentement sur les feuilles des grandes gentianes.

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Alexandre Lemonier, Ervin Karp & Donald Pratt – 6|5 (Extraits) [2013]

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Mon nouveau bureau se trouve au Imperium 315, Cranes Farm Road, dans cette petite localité de la banlieue londonienne qu’est Basildon, ville-dortoir de peu d’intérêt, si ce n’est qu’elle est la ville d’origine d’un groupe visiblement fort prisé par les humains du nom de Depeche Mode. Cranes Farm Road a été retenue en raison de sa discrétion – aucun logo d’ailleurs ne signale la présence des marchés -, parce que s’y trouvait un ancien bâtiment dédié au stockage de marchandises grand comme six stades de football, qu’Euronext a pu recycler en forteresse en ne gardant que les murs extérieurs, mais surtout pour des questions de sécurité: aucun risque d’inondation, et aucun couloir aérien  proximité – de toute manière, même si un anticapitaliste kamikaze avait en tête de s’écraser avec un avion sur ce world trade center, les murs de 4 mètres d’épaisseur cachés par la structure extérieure du bâtiment résisteraient sans aucune difficulté, sans compter les 7000 tonnes d’acier utilisées pour la structure intérieure du bâtiment, dont le moindre recoin est équipé de caméra de surveillance qui tournent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

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Jean-Claude Roulet – Portraits en trompe-mots (Extraits) [1994]

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Douterait-on qu’elle fût vierge,
Marie l’étalagiste? Le zodiaque en
fait foi. Fille-mère irréprochable, si
elle conçoit, divinement, des crèches
pour Noël c’est que rien n’est trop
beau pour son fils unique.

Languide, près du thé refroidi,
Madeleine grignote de molles
biscottes et goûte Proust, peu,
mais assez pour pleurnicher sur
un temps révolu. Un présent
séchera-t-il ses larmes? Lire la suite

Jean Stiénon du Pré – Pensées (Extraits) [1966]

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« Les souvenirs lointains perdent leurs contours; de là, leur étendue. »

« Les fruits rares reposent sur la paille; les artistes également. »

« Il en va de certaines vies comme de certains tableaux : elles ne valent que par les détails. »

« Le pain le meilleur peut renfermer une blatte. »

« C’est en marchant à l’ombre qu’on apprécie l’été. »

« La main fine, non la bague, mérite l’écrin. »

« Je ne suis heureux qu’attelé; l’écurie me dégoûte. »

« La solitude est un verre d’eau où fond un morceau de sucre. »

« La flamme n’a pas toujours l’éclat du chandelier. »

« On peut additionner les chiffres; on n’en découvre pas l’essence. »

« La vertu est un glaive dont on ne voit que la garde. »

« On aime caresser la plume d’une flèche. »

« Va-t-on perdre sa route, une croix vous l’indique. »

« La mer embrumée respire par les bouées. »

« Quand passent les nuages, on regarde le ciel. »

« Qui tient le milieu de la route, ne cueille pas les fleurs. »

« Parfois les bras de la croix qu’il porte en lui sont tels, que l’homme ne peut joindre les mains. »

« L’esprit brûle, toutes portes ouvertes. »

©Livre : Jean Stiénon du Pré – Magnificence [Editions des artistes // 1966]
Bijou : Artiste : Margaux Lange
net: http://www.margauxlange.com

 

Marie Depussé – Dieu gît dans les détails / La Borde, un asile (Extrait) [2014]

Jean Dubuffet - Large Black Landscape, 1946 (Left) and L Homme a la Rose, 1949 (Right)

POUSSIÈRE

Des gens haineux disent parfois « Mais ici, c’est sale. »

Savent-ils que le corps des malades mentaux, que leurs gestes, effritent l’espace au lieu de l’habiter, en une desquamation monotone qui remplit les cendriers, fait déborder les chiottes, salit, efface la grâce des objets, pulvérise ? Qu’ils ont besoin, souvent, de la poussière qui les protège de la violence du jour, de celles des autres, et qu’il faut faire très doucement quand on balaye ?

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À propos de…(9) Marthe Verhaeren (Par Marie Gevers)

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Mes souvenirs de Marthe en 1898 et 99 sont semblables à un daguerréotype un peu voilé par le temps. Il faut le prendre en main avec beaucoup de soin, y faire jouer la lumière, en chercher l’inclinaison favorable, pour y retrouver l’image vraie, afin que le négatif, qui est l’oubli, redevienne le positif, qui est la permanence bienfaisante.

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Rose-Marie François – La servitude / Èl sèrvitûde

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J’EMPRUNTE LA SERVITUDE qui mène d’Haut-Tertre à l’Enfer, suivant l’alternance des herbages et des étangs, longeant les barbelés qui enserrent le chemin dès que la cabine électrique annonce l’entrée du village. Ce bloc de béton chargé d’isolateurs est frappé aux armes de la foudre et du poison: tibias croisée, sourire irrévocable. Lire la suite

Louis Jouvet – Théâtre et Langage (Extrait) [1945]

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Ce qui est essentiel dans une phrase ou un vers ne relève ni de la grammaire, ni de la syntaxe, ni de la rhétorique […], mais des sensations et des sentiments que le poète a cristallisés dans ses mots en les écrivant et que ces mots éveillent ensuite au cœur de celui qui les écoutes.

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