Chez les autres (5)… Graphorismes

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 GRAPHORISMES

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Jean Genet – Lettres à Roger Blin (Extraits) [1966]

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Vous aurez peut-être des théâtres de dix mille places, ressemblant probablement aux théâtres grecs, où le public sera discret, et placé selon la chance, ou l’agilité, ou la ruse spontanée, non selon la fortune ni le rang. Le spectacle de la scène s’adressera donc à ce qu’il y a de plus nu et de plus pur dans le spectateur. Que les costumes des spectateurs soient bariolés ou non, couverts de bijoux ou de n’importe quoi, cela n’aura aucun inconvénient pour la probité du spectacle donné sur la scène. Au contraire même, il serait bien qu’une espèce de folie, un culot, pousse les spectateurs à s’accoutrer bizarrement pour aller au théâtre – à  condition de ne rien porter d’aveuglant : broches trop longues, épées, cannes, piolets, lampes allumées dans le chapeau, pies apprivoisées… ni rien d’assourdissant : tintamarre de breloques, transistors, pétards, etc., mais que chacun se pare comme il veut afin de mieux recevoir le spectacle donné sur la scène : la salle à le droit d’être folle. Plus le spectacle de la scène sera grave et plus les spectateurs éprouveront peut-être le besoin de l’affronter parés, et même masqués.

On doit pouvoir entrer et sortir en pleine représentation, sans gêner personne. Et rester debout aussi, et même s’approcher de la scène si l’on en a envie, comme on s’approche ou qu’on s’éloigne d’un tableau. Ainsi, si l’on jouait alors les Paravents, il faudrait qu’un certain espace fût réservé directement sur la scène, pour un certain nombre de figurant –  silencieux et immobiles – qui seraient des spectateurs, ayant revêtu un costume dessiné par le décorateur; – d’un côté de la scène, les notables, de l’autre côté, des détenus de droit commun, masqués et enchaînés, gardés par des gendarmes armés.

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Jean Ray – Malpertuis (Extraits) [1943]

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– Et l’on dit que les affaires reprennent! ricane le vieux. Mais qu’à cela ne tienne, ma toute belle. Retourne à la boutique, prends la petite échelle qui compte sept marches et monte sur la septième. Ne le fais pas en présence d’un client qui ne te dit rien, car tu portes les jupes bien courtes. Grande comme tu es, et juchée sur la septième marche, tu peux atteindre la boîte en fer-blanc qui porte l’étiquette « terre de Sienne ». Enfonce tes belles mains blanches dans cette poudre sans promesses, ma douceur, et tu finiras par découvrir quatre ou cinq rouleaux bien lourds pour leur taille. Attends, ne te presse pas, ta présence m’est agréable. Si la terre de Sienne te glisse sous les ongles, tu en auras pour des heures à te faire les mains. Va, va, ma splendeur, et si dans l’obscurité de l’escalier Mathias Krook te pince les fesses, il est inutiles de crier, je ne viendrai pas.

Sa figure est toutes rides et coutures, le nez excepté qui jaillit hors de cette miniature chiffonnée, comme un cap de chair rose.

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Exposition universelle 1958 (Bruxelles) : Le pavillon Philips

(1ère partie)

En février 1956, Louis Kalff, alors directeur artistique de la firme hollandaise Philips Gloeilampenfabreiken NV. contacte Le Corbusier et lui demande de créer, pour sa société, un pavillon distinct (et non intégré au pavillon hollandais) pour l’Exposition universelle prévue à Bruxelles en 1958, la belle idée de Kalff est d’offrir à l’architecte la possibilité d’explorer les potentialités tant sur le plan sonore que lumineux des produits de la firme. Sans l’ombre d’une hésitation, Le Corbusier donne son accord; il trouve-là, enfin, l’occasion rêvée d’exprimer une part des préoccupations artistiques qui l’animent depuis le début de sa vie créatrice. Il se consacre alors à son Poème électronique, un spectacle d’une durée de 8mn, nourri de lumière, de son, d’images, mais encore de couleurs et de rythmes – en fait la cristallisation de son concept d’une synthèse organique de tous les arts.

Après avoir fixé la forme générale du pavillon (un « estomac » vide et obscur ou une « bouteille »), doté d’une entrée et d’une sortie, et pouvant contenir environ 500 spectateurs par séance de 10 mn, Le Corbusier délègue intégralement la conception et le dessin du pavillon à Xénakis. Il avait également commandé à Edgar Varèse une oeuvre électroacoustique de 8 mn totalement indépendante de son « scénario » visuel, et avait souhaité que Xenakis composât un « interlude » de 2 mn, exécuté lors des entrées et sortie des groupes de spectateurs.

Se fondant sur le croquis très rudimentaire de Le Corbusier, Xenakis commence à travailler sur ce projet en octobre 1956 et termine son premier jeu de plans avant la fin de l’année.

Jamais ingénieurs et entrepreneurs n’avaient eu à se charger d’une construction composée exclusivement de paraboloïdes hyperboliques, de surfaces gauches autoportantes, le projet de Xenakis ne comportant aucun appui intérieur ni d’élément de support à l’extérieur.  Il pousse à l’extrême les limites de son matériau de prédilection, le béton armé, alors qu’à l’époque, il ne disposait pas d’outils de modélisation autres que les tâtonnements et les essais parfois conclus par des échecs.

La société belge Strabed est choisie pour réaliser ce pavillon. Le chantier démarre en juin 1957. L’ingénieur en chef de Strabed H. C. Duyster et Xenakis collaborent étroitement et développent ensemble quelques procédés innovants puisque rien de comparable n’avait jamais existé. Ainsi, les coques extérieures furent préfabriquées au sol par module d’environ 1.50 m d’envergure pour une épaisseur de seulement 5 cm, en béton précontraint. Les différents éléments furent assemblés et raidis par un double réseau de câbles en acier de 8 mm de diamètre (3000 câbles furent nécessaires pour l’ensemble de la structure). Le point le plus haut atteignait 20.5 m pour une longueur de 40 m et une largeur de 24 pour une structure de 7500 m³ couvrant 500 m²

Seule une maîtrise parfaite du matériau choisi – le béton armé – , acquise après des années d’études et d’expérience, a permis à Xenakis de réaliser ce véritable tour de force. S’il n’avait passé d’interminables heures à inventer, à réviser des procédures de calcul pour l’Unité d’habitation de Marseille, ou s’il n’avait pas développé (avec Bernard Laffaille) les structures en « boîtes à chaussures » pour Rezé, les entrepreneurs engagés pour le projet du Pavillon Philips auraient rapidement pur le convaincre que tout cela était tout simplement irréalisable. Certes, sa formation d’ingénieur avait déjà orienté quelques productions de l’Atelier, mais cette tentative-là, considérée alors comme une révolution structurale, semblait défier tout esprit cartésien. Bien que pendant cette période Le Corbusier se trouve très souvent à Chandigarh, focalisant toute son énergie créatrice sur son scénario du Poème électronique, il soutient totalement Xenakis, quand il ne balaie pas le défaitisme ambiant et l’encourage à démontrer la faisabilité de son projet. En fait, il s’avéra que non seulement c’était faisable, mais que, lorsque la structure dut être démolie en janvier 1959, à la fin de l’Exposition universelle (malgré de nombreux efforts déployés pour la préserver), les ouvriers furent stupéfaits par la résistance de cette coque de 5 cm d’épaisseur.

©Texte et photos tiré du livre : Iannis Xenakis – Musique de l’architecture / Textes, réalisation et projets architecturaux choisi, présentés et commentés par Sharon Kanach. [Editions Parenthèses // 2006]

Patrick Eudeline – Les Variations « Nador »

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Je me souviens de cet après-midi au Golf Drouot où Jo Leb est revenu. Nous devions être en 1970 ou 1971. Il avait quitté le groupe une fois encore… Marc Tobaly assurait donc les vocaux en plus de la guitare. Et puis, et puis… Jo Leb, qui piaffait sur place, du fond de la salle a bondi et est monté sur scène juste alors que résonnait le riff de « Come Along ». A ce moment précis, les filles, toutes les filles, ont hurlé. Jo était ce genre de chanteur. Lire la suite

Le jazz de Robert Goffin (2) – King Porter

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King Porter chantait la bagatelle aux créoles de Floride
Avec des glissandos élastiques et des écluses de contretemps
Ses mains noires couraient sur le clavier désossé du piano
Les œufs sans oiseau des alligators dormaient dans les lagunes
King Porter en positon de tir devant les femmes de safran
Ébréchait les  blues plaintifs qu’électrise la danse du ventre
Et les hautes jaunes déposaient la nuit aux creux de sa sébille

Les sirènes du port chantaient l’aube du rythme en pleine nuit
Avec des irisations arc-en-ciel, dans les moires grasses du mazout
King aux lèvres de foie cuit dérapait en mesure sur les temps forts
Dans un coin du salon les planteurs tout cru jouaient à la passe
Les jardiniers flamands de Saint Antonio buvaient des doubles bourbons
On ne voyait pas le côté pile de ses paumes d’amadou clair
Et les vagabonds spéciaux frémissaient de cette musique neuve
Qui se refusait à la calligraphie à force d’être piétinée par les couples
Vers le petit-jour il y avait le rendez-vous de l’alcool et du piano
Les octorones d’un coup sec dénudaient leurs poitrines café au lait
Et faisaient le guet au chemin de ronde de l’embrasement

C’est ainsi que le ragtime naquit à bout portant sans bavure
Et soudain on l’entendît dans les maisons closes de Biloxi
Il passa comme une comète dans le ghetto de Memphis à Beale Street
Puis sur la levée du Mississippi où l’on déchargeait des bananes
Il apparut comme un loup-garou dans le quartier de l’Entrecote
Où King Porter livra le mot de passe à l’ombre des magnolias

Maintenant le blues a colonisé l’Europe à coup de nègres tendres
Avec des têtes de pont mélodiques dans les capitales de la luxure
Déjà les marchands de musique interdite ont épousé des millionnaires
Et ce refrain de frénésie est si vieux qu’il doit porter la barbiche
Hourra! le grand commerce du contretemps se livre en tuxédo blanc
Et nul ne se souvient plus de King Porter le père du jazz
Enseveli vivant dans un air de Jelly Roll Morton

©Livre : Robert Goffin – Le temps sans rives [Editions de Paris // 1958]

 

Les livres de la liste -ACHATS- chez « Des mots en passage »

RYOKÂN – Poèmes de l’Hermitage
JEAN-LUC SARRE – Apostumes
OSSIP MANDELSTAM – Oeuvres complètes

KENNETH GOLDSMITH – L’écriture sans écriture – du langage à l’âge numérique

ALEXANDRE GEFEN – Réparer le monde / La littérature française face au XXIe siècle

WILLIAM HAZLITT – Sur l’amour de la vie et autres essais
BENJAMIN PÉRET – Les arts primitifs et populaires au Brésil

GUILLAUME MEURICE – Cosme

PAUL ARON – Une histoire du théâtre belge de langue française

  • Aux éditions Misma: http://www.misma.fr/

ANNE SIMON – Boris l’enfant patate

  • Aux éditions La Joie De Lire: https://www.lajoiedelire.ch

ADRIENNE BARMAN – Drôle d’encyclopédie végétale

Julio Cortazar – L’homme à l’affût (Extraits) [1963]

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J’ai raconté ça une fois à Jim et il m’a dit que tout le monde éprouve la même chose dès qu’on commence à s’abstraire… C’est ce qu’il a dit : « Dès qu’on commence à s’abstraire. » Mais je ne m’abstrais pas moi, quand je joue. Je change simplement d’endroit. C’est comme dans l’ascenseur : tu es là, tu parles avec des gens, tu ne sens rien d’extraordinaire et pendant ce temps tu passes le premier étage, le dixième, le vingtième et la ville reste là-bas, dans le fond, et toi tu es en train de finir la phrase que tu avais commencée au rez-de-chaussée, et entre les premiers mots et les derniers il y a cinquante-deux étages. J’ai compris, quand j’ai commencé à jouer, que j’entrais dans un ascenseur mais c’était l’ascenseur du temps, tu saisis? Ne crois pas que j’en oubliais l’hypothèque ou la religion. Seulement, à ces moments-là, l’hypothèque et la religion, c’était comme les vêtements qu’on n’a pas sur le dos. Je sais que le costume est là, dans le placard, mais ne viens pas me dire qu’il existe quand je suis en pyjama. Le costume existe quand je le mets et l’hypothèque et la religion existaient quand je m’arrêtais de jouer et que la vieille arrivait avec ses cheveux dans la figure et se plaignait que je lui cassais la tête avec cette musique du diable

– Cette question du temps est compliquée, je n’arrive pas à m’en débarrasser. Je commence à comprendre que le temps n’est pas une bourse qu’on remplit à mesure qu’elle se vide. Il n’y a qu’une certaine somme de temps et après ça, adieu. Tu vois, Bruno? On peut y mettre deux costumes et deux paires de chaussures; eh bien imagine que tu les enlèves et qu’au moment de les remettre tu t’aperçoives qu’il n’y entre qu’un costume et qu’une paire de chaussures. Mais c’st pas ça le mieux, le mieux c’est quand tu comprends tout d’un coup que tu peux mettre une boutique entière dans la valise, des centaines et des centaines de costumes comme toute cette musique que je mets dans le temps, parfois, quand je joue: la musique et ce que je pense dans le métro.

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Jean-Marie Blas de Roblès – Là où les tigres sont chez eux (Extraits) [réédition 2016]

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Elle croyait l’entendre encore : « La science n’est qu’une idéologie parmi les autres, ni plus ni moins efficace que n’importe quelle autre de ses semblables. Elle agit simplement sur des domaines différents, mais en manquant la vérité avec autant de marge que la religion ou la politique. Envoyer un missionnaire convertir les Chinois ou un cosmonaute sur la Lune, c’est exactement la même chose : cela part d’une volonté identique de régir le monde, de le confiner dans les limites d’un savoir doctrinaire et qui se pose chaque fois comme définitif. Aussi improbable que cela ait pu apparaître, François-Xavier arrive en Asie et convertit effectivement des milliers de Chinois, l’Américain Armstrong – un militaire, entre parenthèses, si tu vois ce que je veux dire… – foule aux pieds le vieux mythe lunaire, mais en quoi ces deux actions nous apportent-elles autre chose qu’elles mêmes? Elles ne nous apprennent rien. Puisqu’elles se contentent d’entériner quelque chose que nous savions déjà, à savoir que les Chinois sont convertibles et la lune foulable

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L’agenda des mots : SOPHIE PODOLSKI – Le pays où tout est permis [20 Janvier – 01 Avril 2018 au Wiels]

WIELS présente la toute première exposition dédiée à l’artiste belge Sophie Podolski. Son travail est emblématique d’une époque marquée par la libération sexuelle, l’antipsychiatrie et un désenchantement de la jeunesse. En seulement quelques années (entre 1968 et 1974, date de son suicide à l’âge de 21 ans), elle a produit une œuvre graphique remarquable, ainsi qu’un livre : Le pays où tout est permis en 1972. Cette jeune savante autodidacte a écrit dans un style expressif et provocateur, sans retenue, sur la vie, la culture populaire et le conformisme de la société.

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Plus d’infos: http://www.wiels.org/fr/exhibitions/1063/Sophie-Podolski–Le-pays-o%C3%B9-tout-est-permis

 

À propos de…(13) André Frédérique ( Par Alexandre Vialatte)

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« Son amitié, son rire étaient indifférence, détachement. Il est mort de distance, à force d’être déjà loin et de s’en donner les plaisirs. Il est mort du besoin d’être absent, de ne plus faire semblant d’être là. De se procurer la poésie d’une perspective lointaine; jusqu’au vertige. Détaché, détaché. Comme un chien qui a rompu sa laisse. Ensuite, comme un bateau qui a brisé son amarre; enfin comme un ballon qui a jeté son dernier lest.

Qui sait combien de temps il s’est servi sa mort, comme un banquet à un satrape? Combien de temps il en a profité? L’histoire était intéressante; elle renouvelait l’aspect des choses; il a dû longtemps se la raconter… »

Alexandre Vialatte cité par Hubert Juin dans « Poètes maudits d’aujourd’hui 1946/1977 » [Seghers // 1979]
Peinture : James McNaught

Marcel Moreau – Morale des épicentres (Extraits) [2004]

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Ecrire me plongeait la tête dans mes entrailles. Puis c’est tout le corps verbal qui suivant, accroupi, ou agenouillé en elles. A ce prix, j’avais droit à une Muse, de noir vêtue. Mon corps verbal était un contorsionniste, dans mon corps charnel. Il le fallait, en raison des méandres. Mes tripes étaient les épousées de mes mots. Je ne vous raconterai pas ces noces. C’est déjà fait. Elles se sentent plus qu’elles ne se narrent. Cette oeuvre à une odeur. Elle se lit par les narines autant qu’avec les yeux, me disais-je.

Dans le dialogues, trop de boucliers, trop d’armures protègent la pensée de son authenticité. On se parle non pour agrandir sa conscience, mais pour la confirmer dans ses peurs, ses limites, le confort de savoir ce qu’elle sait, au lieu qu’elle se porte au-delà de ce qu’elle sait. Si le dialogue n’est pas une aventure dans l’inconnu, alors, il n’est qu’une conversation dont on connaît d’avance les moyens et les fins. Nous n’irons pas plus loin que ce que nous croyons que nous sommes. Nous ne sommes pas assez, mais il vaut mieux ne pas quitter les chemins balisés où nous nous résignons à ne pas être plus que ce pas assez. Quand à être trop n’y songeons pas. C’est tellement dangereux, et c’est contre-indiqué pour les lois de l’équilibre, si chers à la spiritualité moderne et triomphante.

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Pierre Chabert – Les sales bêtes (Extraits) [1968]

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Animaux en sucre, petits animaux de tout repos, même les loups sont herbivores. Gentil Dalléas, t’es l’ami des bêtes. Moi, je connais que la sale bête, je la fréquente pas, je la recherche pas, faut l’avouer,  mais elle se pointe quand même, toute seule et spontanée. Elle vient se frotter à ma veste avant de me faire quelque saloperie, elle me choisit. Note bien que la sale bête, on ne la décourage pas comme il faudrait, on ne la repousse pas, on l’admire bien au fond, on la trouve originale, audacieuse, adorable. La sale bête a du caractère, c’est connu, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle s’avance avec son cri spécifique, son mufle, son bec, sa corne, et l’on se récrie, qu’elle est drôle, ma foi. Ou même on se promène dans un tapis craquant de sales bêtes plates qui ouvrent des mâchoires de cinquante centimètres, et font clac à un doigt de vos mollets. O caresser la toison écailleuse des dangereuses bêtes, quand la famille devient monotone, qu’en dis-tu, ma fille? Lire la suite

Jean-Paul Thaulez – Le théorème du pitre (Extraits) [2001]

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(Hommage à Jean-Paul Thaulez, auteur belge d’aphorismes décédé au mois de février.)

 

« Dans la cage aux dompteurs, le lion pète d’effroi. »

« La labrador, des labrarêves. »

« J’ai fait mieux qu’Armstrong: j’ai été dans la Lune,
Et j’y ai laissé mon chapeau. » Lire la suite