Un livre au nom de l’auteur de ce blog…

Mis en avant

couverture - derrière l'envers du décor

Sorti en Février 2019, Aux Editions Cactus Inébranlable : http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/pages/acheter-nos-livres/catalogue/derriere-l-envers-du-decor.html

Illustré par Gwen Guégan : https://www.gwenguegan.com/

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Jacques Montaur – Les portes de l’imaginaire (Extraits) [1956]

P1050904©Joaquim Cauqueraumont

 

POURQUOI LA MORT…

Il est arrivé l’instant incroyable
Où le temps s’arrêtera dans mes veines,
Où je m’affalerai au pied du mur
Comme un condamnée au pied du poteau;
Elle a sonné l’heure de m’ôter la vie,
Les fiertés, les douceurs et les peines. Lire la suite

!!!AVIS DE RÉÉDITION!!! (2)… Pierre Autin-Grenier – Je ne suis pas un héros // Friterie-bar Brunetti (Editions La Table Ronde // Septembre 2019)

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Pierre Autin-Grenier – Je ne suis pas un héros suivi de Toute une vie bien ratée et de L’éternité est inutile 

Pierre Autin-Grenier – Friterie-bar Brunetti 

!!!ÉVÉNEMENT!!! Blow Book (La Crypte Tonique // Bruxelles)

J’aime le mot et l’image, j’aime l’objet « Livre »… Et j’aime les projets extraordinaires.

Le mercredi 12 septembre 2019, dans la galerie Bortier (Bruxelles), le magasin La Crypte Tonique a inauguré les premiers distributeurs de Blow Book , un projet initié en 2017 par Philippe Capart (Responsable de la Crypte Tonique). L’idée est de vendre, dans des distributeurs automatiques, de petits livres graphiques (7.6 x 11.6 cm), que l’on nomme Blow Book, à un prix attractif (5 euros). Les quatre premiers numéros de la collections sont déjà disponible.

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Paul Emond – Histoire du dromadaire de charme [2007]

9407Marien le chant du désertMarcel Mariën [Le chant du désert]

 

Pécuvard et Bouchet sont perdus dans le désert. Ils sont épuisés et assoiffés et leur progression sous le soleil de plomb se fait de plus en plus lente.

Pécuvard : Tu crois que c’est encore loin, Bouchet ?

Bouchet : Qu’est-ce qui est loin, Pécuvard ?

Pécuvard : Là où nous serons sauvés.

Bouchet : Il faut croire que nous serons sauvés, Pécuvard, il faut y croire, sinon nous sommes foutus. Lire la suite

Tonino Guerra – Il pleut sur le déluge (Extraits) [2018]

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©Anne Sophie de Bassoff 

 

« Tu crois, Giorgio, que la vie est très longue, mais ce n’est pas vrai. Quand viendra le jour où tu devras mourir, tu t’apercevras que ta vie est tout entière dans ce jour-là, et tu ne te souviendras plus du passé. »

Mikhaïl Matveevitch Schwartzman est en train de construire une cathédrale démontable (voilà ce qui m’est venu en tête en voyant ses tableaux). L’énorme édifice gît en morceaux dans cette pièce et de temps à autre, quand arrivent les chanceux auxquels il prend plaisir à montrer ses travaux, la cathédrale est reconstruite pièce par pièce. Quelque chose qui pourrait évoquer une construction gothique faite de moulures qui se chevauchent en toile d’araignée pour soutenir des broderies de pierre. On dirait plutôt que se hissent vers le ciel des structures mécaniques formant un organisme industriel, empreint de spiritualité et du lointain souvenir des fresques et de la grande peinture du passé. Tout le temps où j’ai observé ce vieil homme magnifique, j’ai compris qu’il est de plus en plus prisonnier de la cathédrale qu’il bâtit. En effet, quand ma femme lui a demandé, alors qu’il avait un moment d’absence : « Mikhaïl Matveevitch, où sont vos pensées? », il a répondu naïvement : « C’est comme si j’étais avec moi-même. »

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Emma Santos – La malcastrée (Extraits) [1973]

emelyne duval 2©Emelyne Duval (https://www.emelyneduval.com/)

 

L’important c’était d’attendre l’avion pour le pays de nulle part, l’important c’était d’être là et de simuler. On avait assez d’imagination. On faisait le tour de notre tête à la place du tour de la terre.
Il y avait des chiffres aussi, des tas de pendules. On ne savait pas lire l’heure. Ils ne nous avaient pas appris, un oubli. On ne voulait pas de leur convention. On préférait regarder le ciel, le soleil, la lune. Pour nous, il y avait le jour et la nuit, le jour pour dormir ou se promener la nuit pour cambrioler les banques et les marchands de jouets. On était des hors-la-loi hors du temps.
Les autres, ils ont jugé, classé les mots et les couleurs. Ils leur ont donné un contenu, un sens, une forme. Tout était devenu fade. On ne voulais pas. Ils ont décidé à la hâte, sans réfléchir. Si jours plus un pour faire le monde, c’est un peu rapide… Nous on avait toute la vie pour faire la vie.

Si tu t’arrêtes d’écrire tu sais que tu es seule. Pour le moment tu planes. Surtout surtout il faut écrire vite sans s’entendre, il faut se saouler de mots. Si tu t’écoutes tu trouves tout idiot. Il ne faut pas, il faut parler pour parler. Ne parle jamais pour dire quelque chose. Évite la sincérité, fuis-la même, personne ne t’écouterait. Les mots, les vrais mots sont muets. Écris avec du vent, écris, écris vite. Des frissons des aperçus n’importe comment. Écris n’importe quoi, sans regarder, sans t’en rendre compte. Écris des dedans. Écris les yeux fermés.

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Radu Bata – Survivre malgré le bonheur (Extraits) [2018]

P1230340©Catalina Gavrilita

 

CHÂTEAUX DE SABLE

l’été
je dessine des filles
sur la plage

quand je réussis
les grains de peau

elles m’invitent
dans le tableau Lire la suite

Ouvrir un livre pour en connaître le début (3)

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Bruit d’ailes d’un premier oiseau. D’un second. Ainsi les autres ont suivi à intervalles réguliers. L’histoire débutant. Ainsi. Série d’anecdotes. On se lève et pour la premier fois. Tiens, les os les veines, déjà. Pour la première fois le sentiment de la vitesse quelque part. Et déjà une peur. L’air en rose. Si vous ouvrez le volet, se c’est le soir, ou presque. Si c’est ici, dominant l’ensemble des toits. Plans violets et fractures plus sombres, brunes, mauves. Ainsi à cette place qu’il me faut prendre, sorti de ce qui fut mon lit pour cette première nuit, c’est à hauteur de mes genoux que l’air va se trouver insensiblement remué. Oui tous les pigeons nichés dans les trous des murs proches. Lire la suite

Ilarie Voronca – Ulysse dans la cité (Extraits) [1933]

P1020641©Bucarest [Joaquim Cauqueraumont]

 

III

Maintenant la rue comme un boîte aux lettres te reçois
L’habitude sur tes épaules est une chemise usée
La rue est à tes pieds un chien fidèle
L’air sur les toits un paillasson
Toi une lettre dans la rue boîte aux lettres
Ta destinée est là distributeur automatique
Qui te portera vers la destination tracée sur ton cerveau
Certes c’est toi qui marches sous les maisons aux tabliers de boulangère
Mais c’est un autre qui remonte le ressort de tes prunelles
Les bruits lèchent tes tempes tes artères
La marchande te tend le journal du matin
Oh! Le journal quelle dentelle pour ta mélancolie
Un professeur de stratégie est assassiné dans le rapide Paris-Marseille
Le prix du pain sera augmenté de dix centimes
Mais l’air entre tes cils flotte comme un drapeau
La solitude est droite comme un signal d’usine
Les quartiers battent comme des pouls s’emplissent de suc comme des ovaires
Le groin des astres te fouille
C’est un continent la femme qui marche devant toi
Et te voila à Casablanca tu es sans travail
Dans le port les caisses roulent comme des monnaies
Il y a une forte odeur d’huile et de bruit
Tu avances à travers l’équation du sang
Dans la chevelure de l’air les mâts et les cordages
Sont pareils à des plumes de faucon sur la tête d’un chef indien
Voilà les grains et le coton comme des amulettes
Les étoiles argenterie du lac claquent
Une barque fend les joncs des veines
Mais ce n’est que la vitrine d’une Compagnie de navigation Lire la suite

Marcel Mariën – Le paysan du tendre (Fragment) [1982]

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« La Serrure » (Pol Bury)

 

je t’épaule
je t’épaulette
je t’épauliche
je t’épaulinge
je tépaulonge
je t’épauloupe
je t’épine
je te fentaille
je te fentiche
je te fentille
je te fentoise
je te fentôme
je te friselangue
je te friselise
je te friselisse
je te frisemaille
je te frisemange
je te frisemouche
je te frisemouille Lire la suite

Bergsveinn Birgisson – La lettre à Helga (Extraits) [2013]

Alina Szapocznikow

« Paysage humain » [Alina Szapocznikow // 1971]

 

Un jour nous eûmes des visiteurs. C’était Finnur, surnommé le dénicheur, accompagné de ses quatre fils, lesquels deviendraient comme lui d’excellents dénicheurs d’œufs d’oiseaux de mer, suspendus au bout d’une corde dans les falaises. Je me souviens que Finnur était à court de tabac, en rupture de stock à la Coopérative. Nous allâmes à la grange et je rassemblai pour lui des feuilles séchées dont il bourra sa pipe. Il resta ensuite tout content dans la cuisine à boire son café en tirant sur sa bouffarde. C’était un vieux truc qui met en pratique l’adage : « Quand les temps sont durs, faute de tabac on fume du foin. »

Tous les hommes font des fautes. Sinon il ne seraient pas des hommes.

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Antoine Wauters – Pense aux pierres sous tes pas (Extraits) [2018]

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Tous les deux, on était encombrant pour eux, et on l’avait toujours été. Au point que Paps aurait préféré ne pas nous avoir et rester toute sa vie comme ça, avec Mams, qui le rendait complètement dingue avec ses hanches en montagne de massepain et ses seins lourds toujours luisants.
Pour autant, je ne crois pas qu’il nous détestait. Mais le seul fait de nous voir courir devant lui, et parfois simplement de nous entendre, l’irritait à la puissance mille: il mettait des coups de pied dans les chaises, cassait des vases, hurlait, puis se taillait pendant des heures on n’a jamais su où.

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André Stas nous parle d’art…

 

Rejeton rigolard du surréalisme, hiérarque du collège de Pataphysique, André Stas est engagé depuis les années 1970 dans une logomachie acharnée contre la bien-pensance bourgeoise.

Ça commençait plutôt sérieusement pourtant : né en 1949 à Rocourt, en Belgique, licencié en philologie romane de l’Université de Liège, il devient professeur au collège jésuite Saint-Servais de Liège. Mais le subversif potache qui sommeille en lui ne tarde pas à faire sauter le bouchon et se voit remercié quelques temps plus tard.

À côté des calembours gros calibre et d’une cavalerie d’aphorismes Dada, son arme favorite contre le conformisme reste le collage. Remarquable artiste plasticien, André Stas charcute à peu près tout ce qui lui tombe sous la main, avec une prédilection pour les icônes de la culture judéo-chrétienne. Timbre-poste, reproductions de chefs d’oeuvres de l’histoire de l’art ou de gravures anciennes, magazines en tous genres, illustrations de livres, revues pornographiques… André Stas découpe sans ménagement sa tranche de l’Art : ses collages, proches de ceux de Prévert, mêlent transgression, poésie et mauvais goût.

Extrait tiré de la présentation d’André Stas sur le site https://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?article9151