Un ailleurs pour « des mots en passage »

Mis en avant

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Pour les partisans de Facebook, il existe une page « Des mots en passage »

voici le lien: https://www.facebook.com/desmotsenpassage/

Cette page n’est pas un « doublon » du blog. Il ne s’y publie que des extraits non-publiés ici.

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Marcel Ginion – Chanson pour rire

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Ce n’est pas une chanson d’amour
Comme chantait Tino Rossi
Gilbert Bécaud ou Aznavour
C’est beaucoup mieux puisqu’on en rit.

On avait bu tout un samedi
Des Jupiler des Martini
Avec Nestor et des copains
On déconnait chez Célestin.

On n’a rien vu rien entendu
Il est rentré le p’tit Chinois
Venant d’en haut ou bien d’en bas
Et il prêchait comme un Jésus : Lire la suite

Jean Dorcy – J’aime la Mime (Extrait) [1962]

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En passant de la mime d’acteur à la mime du mime, la triade geste-attitude-mouvement a changé de visage. Nous avons donc des traits nouveaux à examiner.
Qui étudie le discours d’un mime est frappé par le nombre des attitudes et par leur nature. D’instant en instant le corps se forme, se déforme et se reforme. Chaque image prise à part décèlera de multiples sentiments, de multiples directions. Sa densité, son dynamisme dans l’immobilité s’obtiennent par des régimes musculaires appropriés : contraction et décontraction. Lire la suite

Vanessa Barbara – Les Nuits de laitue (Extraits) [2015]

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Il riait comme un singe, la bouche grande ouverte, mais sans émettre aucun son. Un jour, il avait plongé la tête sous l’eau et, de retour à la surface, s’était mis à rire comme un tordu. « Tout le monde a trouvé ça amusant, racontait Ada. Il a replongé, il est remonté, a recommencé à se bidonner. Ça faisait marrer tout le monde. Puis il a plongé encore une fois, mais n’est pas réapparu. Moralité : mieux vaut ne pas faire la même tête quand on rit et quand on se noie. »

« Je peux vous poser une question, mademoiselle? risqua-t-il.
– Mais bien sûr, dit elle.
– Savez-vous à quoi vous me faites penser?
– Non.
– Je n’ose pas vous le dire.
– Mais allez-y!
– A un magnifique soufflé.
– Un soufflé?! »
Telles furent les premières paroles qu’échangèrent Ada et Otto.

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Petit détail d’un livre d’occasion (6)

« Quand je pense que ces lignes sont publiées, commentées et prises au sérieux! »

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Texte : Extrait d’une lettre d’André Baillon citée par M. de Vivier, « Introduction à l’oeuvre d’A. Baillon » repris dans la préface de Frans De Haes pour le livre « Délires » d’André Baillon [Editions Jacques Antoine // 1981]

 

Claire Mousset – Et je rendais hommage…

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Et je rendais hommage aux cadastres aux plans
Hommage à ce décor très bleu de mappemonde
Que mesure l’accord chiffré des portulans

L’Atlas soudain s’ouvrait comme une poétique
Où je cherchais perdus dans l’azur stylisé
Les cyclones qui vont leurs démarches épiques

Et je rendais hommage aux branches du compas
Qui dessinent pour moi le ciel géographique
Qui retracent en clair l’horaire migrateur
Des mouettes et des lignes aériennes…
Crépitements… La pluie allait son contrepoint
Quand les moteurs chantaient leur dur travail nocturne
Et le repos dans les clairières balisées
d’Amsterdam. Caracas Fort de France Madrid
Tous les pays mouraient dans cet effort cabré
De avions musclés par la course quand prenait
Le virage sur l’autoroute des grands cercles Lire la suite

Fabrice Luchini – Comédie Française Ça a débuté comme ça… (Extraits) [2016]

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Six jours plus tard, je suis en train de me doucher et j’entends Maman crier : « On est pris! » Et là c’est le tourbillon. Les clientes aux jambes interminables qui se font épiler devant moi, les collègues homos qui veulent me faire entrer dans leur confrérie. Je fais attention à mes miches. Je porte des petits blazers de minets, des Weston que l’on s’achète avec des pourboires mirobolants. Les filles ont des cuissardes. La libido est du whisky et nous fait tourner la tête. Les coiffeuses se déloquent, les clientes se déloquent, Marlène Jobert se déloque… Dès que je peux me tirer sur la tige, je me précipite au toilettes. Une oppression homosexuelle m’entoure. Un des plus grands coiffeurs, Bernard, comme il me voit lire Freud pour plaire à ma fiancé, dit : « La Luchina, faute de se meubler  derche, elle se meuble l’esprit! »

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À propos de…(15) Jean Cocteau ( Par Robert Goffin)

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De même qu’il se renouvelle inlassablement, il faudra chercher inlassablement ses traces pour pénétrer au centre ensorcelé de son mystère. Ses chambres magiques ne communiquent avec le public que par l’équilibre d’un fil d’Ariane, rompu à divers endroits pour assurer l’impunité de sa solitude. Il faut toujours chercher le Sésame! Lire la suite

Le devoir de fonder une famille… un avis de 1937

« …Mais il faut reconnaître que les particuliers partagent avec L’Etat la responsabilité de ce fâcheux état de choses. Le remède à la dénatalité est aussi d’ordre moral. Il consisterait à se pénétrer non seulement de la nécessité de fonder un foyer mais encore de celle d’avoir une nombreuse famille; à se libérer de sophismes tels que la maxime absolutoire : « On n’a pas le droit d’avoir des enfants quand on n’a pas de quoi les élever », que beaucoup de ménages invoquent pour ne pas s’avouer leur manque de courage devant les difficultés de l’existence. Combien y en a-t-il qui éviteront ainsi de procréer ou qui concentreront sur un seul enfant leur légitime désir de voir s’élever la famille, alors que chacun d’eux devrait en avoir au moins trois pour parer aux risques de la mortalité. Ils ne se rendent pas compte, ces parents, de l’inanité de leurs calculs. Ils ne songent pas que leurs beaux projets sont bâtis sur la fragilité d’une vie humaine encore aggravée par les risques de guerre que fait naître la dénatalité ou sur l’hypothèse non moins incertaine que cet enfant leur sera reconnaissant. A quoi bon tous leurs efforts s’il meurt, s’il devint l’enfant gâté dont les caprices et les prodigalités les feront tomber dans la misère,  ou l’ingrat parvenu qui rougira d’eux et plongera leurs vieux jours dans une tristesse amère! Telles sont pourtant les dures leçons que l’existence inflige bien souvent à ces ingénieux calculateurs. Combien d’entre eux éprouveront les affres de la solitude à l’heure où l’on aime à sentir autour de soi une nombreuse et affectueuse sollicitude, où l’on peut avoir besoin d’un soutien? Combien d’entre eux regretteront alors de n’avoir pas compris la portée du devoir de fonder une famille et surtout de ne pas se voir revivre en leurs descendants? »

Extrait de texte tiré du « Grand Mémento encyclopédique Larousse » [Paul Augé // 1937]

Norman Mailer – Le Nègre blanc / Hipsters (Extraits) [1957]

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Une société totalitaire exige beaucoup du courage des hommes, et une société partiellement totalitaire en demande encore plus, car l’anxiété générale est plus grande encore. En effet, si l’on veut être un homme debout, un homme tout court, presque toute forme d’action non conventionnelle demande souvent un courage disproportionné. Ce n’est donc pas un accident si la source du Hip est le Nègre car celui-ci a vécu à la marge, entre totalitarisme et démocratie pendant deux siècles. Mais la présence du Hip en tant que philosophie fonctionnant dans les mondes souterrains de la vie américaine est probablement le jazz, qui y a fait son entrée en la pénétrant à la manière d’un couteau; elle est son influence subtile mais diffuse sur une génération d’avant garde – cette génération d’aventuriers d’après guerre qui (certains de façon consciente, d’autre par osmose) ont absorbé les leçons de la désillusion, du dégoût des années 1920, de la Grande Dépression et de la guerre.

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Joseph Delteil – Sur le fleuve amour (Extraits) [1927]

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Deux jeunes hommes tangoutes, nonchalants et purs, chantaient une chanson de neige, perchés sur un wagon de la compagnie internationale du port. Des femmes sartes, vêtues de peaux de loi, buvaient du lait de jument dans des gobelets de porcelaine. Des vieillards lolos se lissaient en silence les barbes.

Ludmilla a chu au beau milieu du filet, parmi les poissons. Elle les sent qui lui frôlent la chair avec une molle continuité, qui se coulent entre ses jambes, qui lui curent les oreilles, qui lui lèchent les joues et les organes de la génération. Il y en a de longs et fourbes, avec des ouïes équivoques en forme de ventouses; d’autres épais, avec d’informes nageoires dorsales indignes de l’époque quaternaire; d’autres encore, fins et goulus, qui s’insinuent à travers les cheveux; d’autres encore… Ils sont la multitude une et indivisible, avec des ventres sans nombre…

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À propos de…(14) André Stas ( Par Nadine Monfils)

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Le Cirques Divers, indissociable du génial André Stas, pataphysicien, poète, écrivain, collagiste, autodidacte. Un vrai artiste. Pas été pollué ou influencé par une école de mes deux qui formate des employés de l’art. Mon Dédé! Qu’est-ce que je l’aime aussi, celui-là, avec son éternel petit chapeau qui a l’air d’avoir pris la drache et sa tête de cancre.

©Extrait : Nadine Monfils – La 1ère fois que j’ai été au Cirque (Texte paru dans le n°232 de la revue C4 – C’est quoi ce Cirque?)

Hélène Prigogine – L’objet de cet objet (Extrait) [1983]

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le bras d’abord avant même que la main ne se raidisse ou ne s’ouvre ou ne se sente avant même

le bras souple celui de droite peut-être porté à droite montrant la droite en un geste non calculé celui de droite sans doute à droite

à plat et perpendiculaire

perpendiculaire au corps raide non assoupli avant même qu’il ne sente le mouvement une douleur à l’aisselle un picotement à la hanche une contraction de l’épaule avant même

qu’il n’avance jusqu’à la perpendiculaire qu’il monte en direction de la tête et s’arrête avant même la perpendiculaire à plat sur le drap sans doute sur le drap fripé et moite peut-être Lire la suite

Joël Lenfant – Compensation

gregoire guillemin -secret hero life-

J’aime les trous du cul j’aime  les trous du con
Toujours sans défaillir je les ai vénérés –
Mais, dépourvu de femmes et privé de garçons,
Je laisse bien mes doigts aimer les trous de nez.

©Livre : Ivar Ch’Vavar et camarades – CADAVRE GRAND M’A RACONTÉ  /Anthologie de la poésie des fous et des crétins dans le nord de la France ( Editions le corridor bleu)
©Image : Grégroire Guillemin
net: http://www.greg-guillemin.com/

 

TOM GUTT – Droit d’asile pour les barbares (Extraits)

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DROIT D’ASILE POUR LES BARBARES

NE PASSONS JAMAIS A L’ACTION. J. A. Dupont

J’ENTENDS ME FORMALISER PEU
DES CONTRADICTIONS APPARENTES. Tom Gutt.

Je préviens dès l’abord le lecteur que je le considère quel qu’il soit, comme un crétin, un cuistre et un lâche. Ceci posé, qu’il n’a pas chercher ici un raisonnement mené avec la rigueur qu’y pourrait déployer un logicien. Je déteste m’ennuyer lorsque j’écris, mais ennuyer le lecteur m’apparaît alléchant. Je ne doute pas que, à cet égard, pareille affirmation se prête à toutes les facilités relativement aux jeux de mots qu’elle pourrait susciter. Il s’agit donc de notes groupées avec un semblant de cohésion, puisque aussi bien la foule risquerait de mal interpréter les insultes portées à son compte dans l’occurrence où j’userais ici d’un langage irrationnel.
Lorsqu’il est écrit je, on peut parfois lire nous, ce qui, bien entendu, ne change rien à l’affaire.

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Jean Genet – Lettres à Roger Blin (Extraits) [1966]

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Vous aurez peut-être des théâtres de dix mille places, ressemblant probablement aux théâtres grecs, où le public sera discret, et placé selon la chance, ou l’agilité, ou la ruse spontanée, non selon la fortune ni le rang. Le spectacle de la scène s’adressera donc à ce qu’il y a de plus nu et de plus pur dans le spectateur. Que les costumes des spectateurs soient bariolés ou non, couverts de bijoux ou de n’importe quoi, cela n’aura aucun inconvénient pour la probité du spectacle donné sur la scène. Au contraire même, il serait bien qu’une espèce de folie, un culot, pousse les spectateurs à s’accoutrer bizarrement pour aller au théâtre – à  condition de ne rien porter d’aveuglant : broches trop longues, épées, cannes, piolets, lampes allumées dans le chapeau, pies apprivoisées… ni rien d’assourdissant : tintamarre de breloques, transistors, pétards, etc., mais que chacun se pare comme il veut afin de mieux recevoir le spectacle donné sur la scène : la salle à le droit d’être folle. Plus le spectacle de la scène sera grave et plus les spectateurs éprouveront peut-être le besoin de l’affronter parés, et même masqués.

On doit pouvoir entrer et sortir en pleine représentation, sans gêner personne. Et rester debout aussi, et même s’approcher de la scène si l’on en a envie, comme on s’approche ou qu’on s’éloigne d’un tableau. Ainsi, si l’on jouait alors les Paravents, il faudrait qu’un certain espace fût réservé directement sur la scène, pour un certain nombre de figurant –  silencieux et immobiles – qui seraient des spectateurs, ayant revêtu un costume dessiné par le décorateur; – d’un côté de la scène, les notables, de l’autre côté, des détenus de droit commun, masqués et enchaînés, gardés par des gendarmes armés.

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