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Jacques Sternberg – Le navigateur (Extrait) [1977]

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C’est un café où jamais je n’ai mis les pieds, où jamais je n’aurais eu l’idée d’entrer si je n’avais pas eu aussi soif. Je viens de vider mon verre d’eau sans reprendre mon souffle et soudain Algue me remplit le regard pour me couper ce souffle. Ce n’est pas simplement sa beauté qui me frappe, son visage hâlé de louve qui sourit avec l’air de découvrir les babines ou son corps dur, musclé et nerveux, mais plus précisément cette impression qu’elle appartient au même monde que moi et que nous devons avoir les mêmes hantises, les mêmes fièvres et le même langage. Algue, de toute évidence, sent la mer, la voile, la houle, la marée, le large et le largue.
– Oui, me dit-elle en souriant alors que je ne lui ai encore rien demandé.
– Moi aussi, je lui dis pour répondre à ce qu’elle sait déjà.
je vais m’asseoir à sa table, en face d’elle et , les yeux dans les prunelles, main contre main, désir contre désir, de fil en délire, par sous-entendus et par mots souterrains, nous commençons à dialoguer. Et chaque regard d’Algue, chaque phrase, chaque syllabe de sa voix rauque et voilée me disent que c’est la première fois que je parle vraiment à quelqu’un, que tous les mots en entraînent tout naturellement d’autres, absurdes, logiques, essentiels, saoulants, salins, salés, salaces, marins, marinés.
– Tu es là, me dit Algue.
– Je suis là, lui dis-je.
– Je buvais en t’attendant.
– Je suis venu boire pour ne plus t’attendre.
– C’était long avant.
– Ce sera long entre nous.
– J’aime la mer bleu brume qu’il y a dans tes yeux.
– J’aime ton regard qui donne sur des hauts-fonds trop verts pour être honnêtes.
– J’aime tes mains qui ont l’air de se refermer sur une barre invisible.
– J’aime tes seins qui on l’air de deux étraves naviguant bord à bord.
– Mes mains seront la tempête pour te faire perdre ton cap et la tête.
– Ton sexe sera mon grappin croché en moi.
– Ton cul sera ma poupe de toutes les nuits.
– Je te garde mon cul depuis le fond des mers et des âges.
– Je te ferai passer du calme plat au grand frais en passant par tous les caps de Bonne-Espérance, lui dis-je.
– Je t’amènerai de la bourrasque à l’embellie en te forçant à oublier toutes tes désespérances.
– Tu seras mon seul mouillage.
– Je serai ton seul con où jeter l’ancre.
– Jamais je ne te laisserai à sec, au jusant, à marée basse.
– Pour toi je n’aurai que marées montantes, pleine mer de vive eau.
– Je ferai de la petite croisière de tes fesses à tes seins, de tes criques à tes grands gouffres.
– Je m’ouvrirai de partout, je ferai eau de toutes parts pour mieux t’engloutir et te noyer en moi.
– Nous ferons escale dans toutes les rades du plaisir.
– Nous tanguerons et roulerons dans toutes les vagues du désir.
– Avec tes cuisses serrées tu raidiras toutes mes drisses.
– Avec ton safran tu me barreras au près serré.
– Je te prendrai entre ciel et eau, par-devant et par derrière, de tous les côtés à la fois, par vent debout et au travers, je te ferai passer de la brisette de force 1 au vent tempête de force 10.
– Je serai ton étrave et ton épave, je gîterai jusqu’à mouiller toutes mes viles, je larguerai mes amarres, je virerai de bord dans mon délire pour chavirer sous rafales impossibles à étaler.
– Je serai ta déferlante venant se briser pour mieux te briser.
– Tu seras ma lame de fond m’emportant tout entière au plus profond de mon con.
– Tu me feras l’amour par tribord armures.
– Tu me feras hurler par bâbord amour.
– Je remonterai au plus près les courants contraires de tes remous furieux.
– Je te laisserai contrer la montante en ouvrant de si loin toutes mes écluses.
– Je te ferai grincer toutes tes poulies et crier tous tes palans.
– J’épuiserai toutes tes drisses et ramollirai ta barre franche.
– Je te ferai venir l’écume aux lèvres.
– Je t’arracherai la vague  du fond du sexe.
– Tu es belle comme un 6 m remontant au vent bordé à plat.
– Tu as la force d’un empannage en catastrophe par gros temps.
– Nous jouirons à la dérive sous le vent.
– Nous jouirons déventés sans dérive.
– Je te lécherai tout entière comme le clapot lèche la coque.
– Je te sucerai tout entier avec la force d’un avaleur de spi.
– Tu seras ma girouette m’indiquant d’où vient le plaisir.
– Tu en seras mon gouvernail creusant le sillage de mon plaisir.
– Nous irons de tempêtes en chavirages.
– Nous irons de rafales en dessalages.
– Tu me serviras de bouée.
– Tu seras ma balise.
– Je godillerai en toi.
– Je sombrerai sous toi.
– Je serai ta sonde de pleine mer.
– Je serai ton loch à compter les nœuds.
– Je n’aurai que toi comme seul havre.
– Je serai ton estuaire, ton goulet, ton fjord.
– Nous serons un éternel flux des flots.
– Suivi d’un éternel reflux des eaux.
– Nous vivrons dans les embruns.
– Nous nous embrumerons dans nos virées.
-J’ai envie de toi.
– Moi aussi j’ai envie de toi.
– Je t’aime.
– Moi aussi je t’aime.

©Livre : Jacques Sternberg – Le navigateur [Albin Michel // 1977]
©Illustration : Adara Sanchez Anguiano
net: http://adarasanchez.tumblr.com/

Littérature mise en musique (5) : Henri Michaux – Contre!

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Interprété par Djamal (Mise en Bruit : Revolution Per Minute [Nicolas Leal]) : Revolution Per Minute – Contre!(Henri Michaux)

Je vous construirai une ville avec des loques, moi.
Je vous construirai sans plan et sans ciment un édifice que vous ne détruirez pas
Et qu’une espèce d’évidence écumante soutiendra et gonflera,
Qui viendra vous braire au nez, et au nez gelé
De tous vos Parthénons, vos Arts Arabes et de vos Mings.
Avec de la fumée, avec de la dilution de brouillard et du son de peaux de tambours
Je vous assoirai des forteresses écrasantes et superbes,
Des forteresses faites exclusivement de remous et de secousses,
Contre lesquels votre ordre multimillénaire et votre géométrie
Tomberont en fadaises et galimatias et poussières de sable sans raisons.
Glas ! Glas ! Glas ! Sur vous tous! Néant sur les vivants!
Oui! Je crois en Dieu ! Certes, il n’en sait rien.
Foi, semelle inusable pour qui n’avance pas.
Ô monde, monde étranglé, ventre froid !
Même pas symbole, mais néant !
Je contre! Je contre! Je contre, et te gave de chien crevé !
En tonnes, vous m’entendez, en tonnes je vous arracherai
Ce que vous m’avez refusé en grammes!
Le venin du serpent est son fidèle compagnon.
Fidèle ! Et il l’estime à sa juste valeur.
Frères, Mes Frères damnés, suivez moi avec confiance;
Les dents du loup ne lâchent pas le loup,
C’est la chair du mouton qui lâche.
Dans le noir, nous verrons clair, Mes Frères!
Dans le labyrinthe, nous trouverons la voie droite!
Carcasse ! Où est ta place ici ?
Gêneuse! Pisseuse! Pots cassés! Poulie gémissante !
Comme tu vas sentir les cordages tendus des quatre mondes !
Comme je vais t’écarteler !

Album : Revolution Per Minute – st [Bruits de Fond // 2010]
net: http://www.bruitsdefond.org/
Illustration : Mcbess
net: http://mcbess.com/

Nancy Hudson – Religion du roman (Extrait)

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(Article paru dans le #154 de l’hebdomadaire « Le Un »)

Au début du XVIIe siècle, au moment précis où éclosent le génie de Shakespeare et celui de Cervantès, inventeurs respectivement du théâtre et du roman modernes, démarrent la colonisation forcée du reste du monde par l’Europe, et l’esclavage. Au IXIe, les merveilles d’un Gustave Flaubert, d’un Dostoïevski ou d’une Jane Austen s’accompagnent des horreurs qu’infligent leurs nations respectives aux régions du monde dont elles arrachent les richesses. La civilisation occidentale engendre le roman, assurément un des plus beaux emblèmes de l’empathie humaine, dans le même temps qu’elle envahit et soumet le reste de la Terre. Aujourd’hui nous dominons cette planète et la pompons, l’épuisons et la polluons, la laissons exsangue. Par notre mode de vie qui dépend de la consommation massive de pétrole, de viande et de gadgets électroniques, nous faisons souffrir au loin et à chaque instant des êtres humains et animaux, invisibles mais nombreux. Notre dissociation s’opère dans l’inconscience et surtout da la bonne conscience.  Certes, la littérature est vecteur de beauté et de sens – c’est essentiel ! Mais notre empathie doit parfois basculer en dehors des livres pour se traduire en actes politiques…sans quoi nos débats, tables rondes et festivals littéraires se mettront à ressembler douloureusement aux messes et fêtes religieuses d’antan : occasion de se faire plaisir avec le sentiment de notre vertu, tout en se pavanant avec ses nouveaux habits et amis.

©Texte : Nancy Hudson – Religion du roman [Magazine « Le Un »]
net: http://le1hebdo.fr/

Littérature mise en musique (4) : Pierre Desproges – Arielle de Claramilène

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Interprété par Thomas de Pourquery (Mise en musique : Bernard Lubat) : Thomas De Pourquery & Bernard Lubat – Arielle de Claramilène (Pierre Desproges)

Arielle de Claramilène s’ébaudrillait nuquelle et membrissons en son tiède et doux bain d’algues parfumil. Molle en chaleur d’eau clipotillante, chevelyre aquarelle, charnellolèvres de fraise extase, chavirée de pupille à rêve écartelé d’humide effronterie, murmurant ritournelle enrossignolée, elle était clatefollement divine.

La brune esclavageonne émue, qui l’éventait un peu de son parcheminet soyeux, comptemplait ébloussée les blancs dodus mamelons de bleu nuit veinelés, les petons exquis de sang carmin teintés, les fuselines aux mollets tendres, le volcanombril cloquet et la mortelle foressante du sexiclitor…

Perversatile et frissonnitouche, Arielle sentit bientôt ce libidœil lourd à cils courbés tremblants, que la madrilandalouse mi-voilée, presque apoiline posait sur l’onde tiède où vaguement aux vaguelettes semblottaient se mouvoir les chairs dorées à cuisse offerte à peine inaccessiblant, si blancs, au creux de l’aine exquise.

Lors, pour aviver l’exacerbie de l’étrangère, elle s’empara du savonule ovoïdal et doux à l’eau, l’emprisonna de ferme allégresse dans ses deux manucules aigles douces ongulées cramoisies, et le patinageant en glissade de son col à son ventre, s’en titilla l’échancrenelle.

“E pericoloso branletsi !” rauqua la sauvagyne embrasée, qui se fondait d’amouracherie volcanique indomptable et qui s’engloutissant soudain les deux mains à la fièvre sans prendre le temps de slipôter, bascula corps et âme dans l’éclaboussure satanique de cette bénie-baignoire pleine d’impure chatonoyance et de fessonichale prohibité fulgurante.

Quand l’étincelle en nuage les eut envulvées, ces étonnantes lesboviciennes se méprisèrent à peine et s’extrablottirent en longue pelotonnie, de Morphée finissant, jusqu’à plus tard que l’aube, sans rêve et sans malice, quoique, virgines et prudes, elles n’avaient naguère connu l’onanaire qu’en solitude.

Ernest Delève – Insomnie

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La nuit parfois il s’éveille
tout bas l’appelle un poème
qui ne parvient pas à dormir
Dans son oreille il sent l’haleine
qui pour savoir s’il dort soupire
très fort pour l’éveiller s’il dort
et il voit s’ouvrir un sourire
comme une entaille lumineuse
dans un fruit juteux que l’on mord

Je dors dit-il je dors

Mais il ne peut se rendormir

Il se lève et le son de la nuit le surprend
des voix très haut très graves passent
certaines nuits on entend en sourdine des hymnes
de joie qui s’enfle et devient surhumaine
c’est l’homme éperdument qui chante
d’être homme éperdument sans bornes
depuis que la misère le traîne
devant tous les malheurs pour le faire abjurer
mais il rit quand on bénit ses chaînes
il jure et il chante à tue-tête

il chante à tout casser

Il chante à renverser les cierges
à casser les reins de plâtre du christ
à casser les vitraux et les vierges
à casser la voix du curé
à tuer les nonnettes

Il chante à tout casser
à faire sonner la tocsin
tant que les cloches se décrochent
à faire vibrer le béton des prisons
trembler les guichets des banques
à faire tomber l’aumône des mains du riche
à faire tomber les armes des gendarmes
à faire crouler le ciel
devant chaque maison dans chaque poubelle
Chantez avec lui vous qui l’entendez
chantez de tout votre souffle
Sinon tombez avec tout ce qui tombe
ou restez accroché comme un vieux calendrier
au mur moisi d’une maison
en démolition
©Livre : Ernest Delève – Poèmes inédits [Le Taillis Pré // 2003]
©Photographie : Harold Burdekin [London by night 1930]

Régis Messac – Quinzinzinzili (Extraits) [1935]

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Ils ont en effet déformé leurs noms, comme tout le reste. D’une manière générale, leur langage est fortement nasalisé, simplifié aussi, et tient du charabia enfantin. Il semble que l’atmosphère actuelle ne soit plus tout à fait la même qu’autrefois. J’en ai vaguement conscience moi-même en respirant. Il doit rester des traces de gaz. Ou bien, le rapport des gaz composants à changé. Peut-être les membranes du nez et de la gorge en ont été affectées. En tout cas, c’est un fait, l’humanité nouvelle tout entière parle fortement du nez.

De plus, sous l’influence de leur vie nouvelle, le cercle de leurs préoccupations s’est rétrécie, leur vocabulaire s’est appauvri; leur organes vocaux ont aussi changé. Ainsi, ils ont fini par se forger une langue à eux, dont leurs noms nouveaux peuvent donner une idée, et dont il serait impossible de voir les rapports avec le français, si l’on n’en était averti.

Nous sommes tous avec le torse nu et quelques haillons autour des reins. Combien de temps nous sépare de la catastrophe? des années, sûrement. Quand j’essaie de bien concentrer ma pensée, il me semble qu’il y a quatre ou cinq ans. J’ai encore conscience du retour des saisons, bien que le climat soit très doux, ici, plus doux qu’il n’était avant… Mais je ne compte même pas les hivers. A quoi bon?

Le prestige de Manibal a reçu un coup mortel, grâce à une invention de Lanroubin. Cette invention constitue une étape décisive dans l’histoire de l’humanité nouvelle, et montre que cette humanité ne vaudra pas beaucoup plus cher que l’autre.
Je m’en doutais.
Et je m’en fous.

Mais j’ai tort. Entièrement tort. Je suis mort, et mes idées, mes goûts, mon idéal esthétique sont morts aussi. Je ne fais que me survivre, survivre à tout ce qui était moi. Je suis un survivant des époques préhistoriques, littéralement un fossile vivant. Cette Ilayne que je trouve affreuse, odieuse, hideuse, cette Ilayne qui n’est pas belle, est en train de créer sous mes yeux, devant moi et malgré moi, un nouvel idéal de beauté. Ses fesses molles, ses tétines basses et son ventre en chaudron seront désormais les modèles de la beauté future. Je prévois que, dans l’avenir, des poètes inspirés et des amants élégiaques rêveront sans fin aux vastes dimensions de ses pieds plats et à la rougeur éclatante de son visage.

Ils n’ont pas l’habitude d’être étourdis par mille bruits divers, distraits par mille pensées; alors, ils peuvent absorber une foule de petits détails négligés jadis par l’homme des villes. Un enfant comme celui-ci peut décomposer le silence – ce qui paraît être le silence –  en mille petites perceptions.

©Livre : Régis Messac -Quinzinzinzili [Réédition La Table Ronde // 2017]
net: http://www.editionslatableronde.fr/
©Illustration : Edith Carron
net: http://edithcarron.net/

Jean Merrien – Naviguez! sans voile (Extrait) [1967]

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Qui peut naviguer?

e. Filles, de 15 ans jusqu’au mariage.

En « grande voile », elles sont parfois de bonnes équipières. Les forces physiques leur manquent en général, mais, si elles n’ont pas pour unique idéal de se grâler au soleil, elles peuvent « donner la main ». Moins rétives que les garçons de même âge, souvent un peu intimidées, elles prennent (je parle de moyenne, pas de cas particuliers) l’habitude de la mer – fort précieuse par la suite – plutôt que des connaissances approfondies, même du rôle de membre d’équipage. en croisière, elles apportent une aide précieuse à la maîtresse de bord.

En motonautisme, en « plaisance de ports », elles peuvent être… pin-up. Parodiant et contredisant la chanson célèbre de la Marie-Joseph, chantons: On peut confondr’ mariage et navigation. Flirt aussi, naturellement.

En petite voile, la fille de l’un de ces âges – pouvant bien sûr naviguer pour son propre compte – constitue le plus souvent l’équipière type, la compagne merveilleuse (car « ne râlant pas », docile, souvent intelligente et vive) des régates.

Que les mamans se rassurent: fille et garçon, à bord du petit voilier de régate, ne pensent aucunement à des sottises: aussi exquise soit la fille, aussi « formidable » le garçon, tout est pour le succès, le bateau. Beaucoup mieux qu’une camaraderie: une vraie école de vie, une image du couple tel qu’il sera réellement, boulot, boulot! A chacun son rayon, tout le monde boulonne, et il faut que cela gaze! Autant que sur l’eau, que dans le vent, à terre; préparer le bateau, le porter, l’entretenir, sourires sans valeur, de l’efficacité, ah mais!

Tout cela est excellent pour « dé-sosottiser » la fille, lui faire prendre l’air, la mondaniser dans ce que cela a de bon; très supérieur aux cours de danse! Inscrivez votre fille à un club. Et si elle est laideronne, mais serviable, courageuse, elle y perdra son « complexe d’infériorité », car elle sera plus recherchée que les filles « poseuses ». Il est même fréquent que les « capitaines » préfèrent des équipières un peu lourdes… pour le « rappel »!

En canoë, en kayak, l’atmosphère est à peu près la même; les jeunes ménages dominent pourtant. Mais les jeunes filles solitaires, aimant à être solitaires, trouveront, à pousser leur rêverie au fil de l’eau, un grand bonheur.

©Livre : Jean Merrien – Naviguez! sans voile [Le livre de poche pratique // 1967]