Dominique Sigaud – Franz Stangl et moi (Extrait) [2011]

27826_1417819732963_6122601_nLe monde obéissait aux règles d’un dragon que servaient les Stangl et ceux qui lui ressemblaient, les pères, pères des pères et pères des pères des pères de Stangl, ; les fils, fils des fils, et fils des fils des fils de Stangl, en veste blanche immaculée devant les femmes de Treblinka vouées au gaz et leurs enfant ; les industriels et commandants prospères de werra, les assassins de Vassili Grossman.

Shoah n’était pas la cause, Shoah n’était qu’un des visages mais culminant du monde fait par et pour un dragon à mille têtes, servi par des valets, penseurs et généraux assistant avec calme au départ des mères dévêtues et leurs enfants voués au gaz, qui estimeraient ensuite n’avoir fait là que ce qui leur était demandé ; ne pouvaient donc s’adresser personnellement aucun reproche.

Le monde avait été fait par et pour un dragon à mille têtes que personne n’avait jamais vu, tant d’hommes servaient pourtant avec constance, ferveur, et dévouement. Le monde avait été fait par et pour un dragon voué à la démesure et qu’on ne pouvait peindre ou décrire sans risque d’être dévoré par sa gueule ou la bouche de ses serviteurs.

©Livre : Dominique Sigaud – Franz Stangl et moi [Editions Stock // 2011]
©Image : Viktor Vasnetsov

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s