Bertrand Lacarelle – Jacques Vaché (Extrait) [2005]

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Certaines lettres offrent des passages où le langage umore apparaît dans toute sa force et sa démesure. C’est un langage de distorsion : les mots ont l’apparence des montres molles de Dali. La réalité dégouline, engourdie, hagarde et les images fondent dans un palais de glaces déformantes. Les objets, les sentiments tout comme les gens semblent chacun de leur côté grouiller d’une vie personnelle, insignifiante et absurde. Toujours ces « choses vivantes », cette réalité organique qui rampe le long des jambes de Jack  et pénétré par ses yeux, son nez, ses oreilles, pour regagner son cerveau hypersensible :

« Il fait bien brûlant, bien poussiéreux, et suant – mais que voulez-vous, ce doit être exprès – Les files dodelinantes des grands camions automobiles secouent la sécheresse et saupoudrent d’acide le soleil – […] – Tout de même du culot d’obus les lilas blancs qui suent et s’affalent de vielles voluptés solitaires m’ennuient beaucoup – des fleuristes estivales d’asphalte où des tuyaux d’arrosage pulvérisent les endimanchements – »

©Livre : Bertrand Lacarelle – Jacques Vaché [Editions Grasset // 2005]

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