Hugo Claus le Flamand…

865355271
Oui, bien sûr, Hugo Claus le Flamand, debout comme le vent qui arrache à la mer son écume, court au plat des polders, cogne digues et remparts, et déchire les brouillards tapis sur la terre basse. Flamand comme la mer et la grande vergue, flamand comme lance et lansquenet. Oui, bien sûr, la paix des béguinages et la rumeur des kermesses, l’oraison et la ripaille, le prédicateur et le reître, l’extrême finesse du travail de la dentellière et la fureur extrême des gueux révoltés. Oui, Claus le fils de « rouliers de la mer » et « des gueux de bois », l’enfant de Bruegel et de Bosch, qui aujourd’hui aussi assume l’héritage superbe de Joos van den Vondel et de Douwes Dekkers. Claus est flamand dans la passion d’amour et la haine de l’oppression. Quand il part en bataille, il peut dire, comme le Dekker de Max Havelaar: « Plus la réprobation sera véhémente, plus cela me fera plaisir, car j’aurai d’autant plus de chances d’être entendu ». Quand il aime c’est avec la force des éléments, dans un grondement de bourrasque :

Nous sommes le vent debout, la pluie des jours
Appelle-moi nuages
Ouvre-toi sans parole, sois eau.

©Texte : Claude Roy

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s