Ne perdons pas un bout de langue (1) : La phonétique

lettres

La phonétique, science des sons du langage

Toute science exige une analyse de la réalité complexe et une classification des faits. Si l’on applique cette règle au langage, on constate que l’unité naturelle du discours est la phrase. Nous parlons pour constater quelque chose ou pour exprimer une émotion, un souhait, un ordre, un jugement, etc. La formule qui sert à cet objet est une phrase. Mais plusieurs phrases différentes comportent des éléments communs qui se recouvrent, ce sont les mots; c’est l’analyse seule qui permet d’aboutir à cette notion du mot; on ne s’étonnera donc pas qu’elle soit plus ou moins claire selon le degré de culture du sujet parlant: dans nombre d’expressions, l’illettré ne sait pas où se trouve le commencement ou la fin des mots. Enfin, une analyse encore plus minutieuse conduit à isoler les éléments communs à des mots divers: ce sont les sons et les groupes de sons ou syllabes.

La phonétique (du grec phônê, voix, son) est la science qui traite des sons du langage; elle comprend : I° une analyse des sons, fondée sur leur nature physique et leur conditions physiologiques (phonétique descriptive): 2° l’étude des lois suivant lesquelles les sons se transforment (phonétique historique).

Orthographe phonétique. Orthographe française. Réforme de l’orthographe.

L’orthographe dite phonétique repose sur ce double principe : I° tout son simple est transcrit par un seul signe, chaque signe conservant toujours la même valeur; 2° tout ce qui se prononce s’écrit, on ne note rien que ce qui se prononce. Une telle transcription, commode pour les savants, représente, on le voit, une convention idéale; l’orthographe de certaines langues, comme l’italien, en approche toutefois dans une certaine mesure; est-il besoin d’ajouter que l’orthographe française n’y prétend à aucun degrés? Tantôt elle conserve aux mots l’état phonétique qui était le leur au XIIe ou au XIIIe siècle (ainsi le mot loi représente la prononciation du moyen âge :l + la diphtongue oy, analogue a celle que l’on entend dans le mot anglais boy); tantôt elle nous présente des mots surchargés de lettres inutiles (dompter, corps, temps), qui, quelquefois, appartenaient au mot latin originel (commettre < committere), mais qui souvent ne sont que des fantaisies de scribes ou d’écrivains public, dépourvues de toute valeur étymologique. On n’oubliera pas qu’aux XIVe, XVe et XVIe siècles les membres de cette corporation étaient payés à la page et qu’ils avaient donc intérêt à gonfler la mesure de leurs travaux. L’orthographe française et ainsi pleine d’anomalies; toutes les tentatives qui eurent pour objet de la simplifier, du XVIe siècle (Meigret) à nos jours, se sont heurtées à des résistances corporatives, à l’indifférence du public et même à l’hostilité de nombreux écrivains et de certains savants.

©Texte : Grand Mémento Encyclopédique Larousse [Publié sous la direction de Paul Augé // 1936]
Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s