Stanislaw Jerzy Lec – Pensées échevelées (Extraits) [1988 – pour la version française]

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« Souvenez-vous que lorsque le diable veut donner un coup de pied à quelqu’un, il ne le fait jamais avec son sabot de cheval mais avec sa jambe d’homme. »

« Il se trouvera toujours des Esquimaux pour donner aux habitants du Congo des instructions sur la façon de lutter contre les grandes chaleurs. »

« – Je vais le menacer du doigt seulement -, dit-il en le posant sur la détente. »

« Alors que je me trouvais en pays étranger , S., homme de lettres, me déclara : « Dans ce pays, le pouvoir est tombé dans la rue. » – « Pour s’affoler? », répliquai-je. « Ici on ne nettoie pas les rue. »

« Quand le soleil éclaire une cellule de prison, il dessine sur le sol l’ombre des barreaux. Avec les carrés ainsi formés, les prisonniers peuvent faire des mots croisée. Les possibilités offertes par ces mots croisés dépendent du nombre de barreaux. »

« Ne scie pas la branche sur laquelle tu es assis, à moins qu’on ne veuille t’y pendre. »

« Il me fait penser à un pou sur une calvitie. Tout autour, une splendeur éclatante: mais pas moins pou pour autant. »

« Chaque siècle à son Moyen Age. »

« Ce n’est pas avec des sabots qu’on peut entrer dans l’âme de son prochain, même si on les essuie sur le paillasson. »

« Lorsque Caïn tua Abel sans susciter de réaction chez ce dernier, il créa un précédent : – Une victime ne proteste pas – »

« Il m’arrive à moi aussi d’avoir des moments de contemplation philosophique. Me voici par exemple sur un pont de la Vistule, je crache dans l’eau de temps en temps et je me fais alors cette réflexion : – Panta rei – »

« Il avait une si haute opinion de sa personne qu’il lui semblait parfois n’être qu’un nain  à ses propres yeux. »

« Il faudrait aussi un centre de désintoxication pour les hommes ivres de bonheur. »

« Il peut arriver qu’on ouvre la bouche d’admiration et qu’on la referme par un bâillement. »

« Ô, solitude, comme tu es surpeuplée! »

« Savez-vous où l’on peut toujours trouver de l’espoir? Dans la garde-robe devant l’entrée de l’enfer, sous l’inscription – Lasciate ogni speranza! – »

« Même sur les chemins de la pensée, des brigands se tiennent en embuscade. Eux aussi, bien entendu, se considèrent comme des intellectuels. »

« Dans une soupe aux champignons, il reste si peu des charmes de la forêt! »

« Avec les rêves aussi on peut faire des confitures. Il suffit d’ajouter des fruits et du sucre. »

« En chaque épouvantail sommeillent des ambitions de terreur. »

« Les puritains devraient porter des feuilles de vigne sur les yeux. »

« Comment traduire les soupirs en langue étrangère? »

©Livre : Stanislaw Jerzy Lec – Pensées échevelées [Aldine // 1988]
©Image : John Hersey
net: http://www.john-hersey.com/
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