La fin de…

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La fin de Catarrhe…
COUP D’ÉPILOGUE A POUSSIÈRES

Au loin, se faufilant entre les toits des maisons closes à cette heure, un soleil fatigué s’est couché sur le flan de la pâtisserie du coin. La nuit est tombée de haut et rajuste son bât. Une chouette réveille son hibou de fils, elle qui lui a préparé son petit-déjeuner. Sur les vitres embuées, la pluie verse quelques larmes.
Éric et André sont partis prendre un dernier verre, solidaires. Thierry s’éloigne comme un chat lent qui passe. Marc, semblable à Éric Clapton, entonne « Tears in Heaven » et après avoir abattu son labeur, disparaît dans la nuit, habits sales. Olivier a remis son costume de Girafe et s’engage dans un sens unique plutôt que dans la Police. Patrick, tel un tueur en chérie, part à la recherche du fruit des fendus (cf ses livres). Céline, fantomatique, se drape dans son manteau crème de mousseline car elle n’a jamais connu de vent pire. Lou, véritable barbier de Séville, rase les murs. Les autres ont disparu depuis belle lurette, et Dieu sait si elle fut belle, dans les brumes, sur le quai. Ce furent tous des matrices pour de futurs écrivains mais déjà, ces moules s’effritent à l’horizon.
Sur la table de réunion, le cendrier est plein, lui aussi. Le nuage de fumée qui entoure la lampe du bureau s’estompe, c’est le dernier halo qui est à l’appareil électrique. De la table, une bouteille de bière roule, amasse la mousse et se brise. J’éteins, « T’as marre de ce triste spectacle », me dis-je. Dans le noir, en plein vol, une mouche se fracasse sur l’ampoule. Un ver luisant bègue et daltonien lui vient en aide. Je ferme le bureau de rédaction et claque cette porte qu’on cherre. J’ai l’alarme à l’œil. La sirène ne se fait pas entendre, parfois, elle en fit bien à sa tête.
Quelle belle aventure que fut Catarrhe. Lorsque je pense coryza, je me souviens de cette belle bande et ris de tout ce que nous avons vécu ensemble, de toutes ces belles rencontres.
En véritables Rois de France, nous retournerons les pages de cette revue sans nous lasser, c’est une chose sûre.
Prose, elle a vécu ce que vivent les proses, l’espace d’un quatrain.

Jean-Paul Verstraeten

net: http://catarrhe.skynetblogs.be/
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