À propos de…(9) Marthe Verhaeren (Par Marie Gevers)

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Mes souvenirs de Marthe en 1898 et 99 sont semblables à un daguerréotype un peu voilé par le temps. Il faut le prendre en main avec beaucoup de soin, y faire jouer la lumière, en chercher l’inclinaison favorable, pour y retrouver l’image vraie, afin que le négatif, qui est l’oubli, redevienne le positif, qui est la permanence bienfaisante.

Les paroles de Marthe, jamais volubiles, étaient d’une parfaite précision de termes ; la voix, d’un timbre doux, le ton sûr, affirmatif, mais jamais autoritaire, ni impératif. Elle savait écouter d’une manière parfaite ; si elle n’approuvait pas ce qu’on lui disait, si c’était quelque propos oiseux, futile ou de fillette étourdie, elle penchait un peu la tête : – Penses-tu ? – disait-elle . Alors, on pensait et l’on se mettait à désherber soi-même sa pensée, sans qu’elle eût émis un mot de doute ou de désapprobation.

Livre : Emile Verhaeren – Il fait dimanche sur la mer [Passé Présent // 1981]
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