Calogero Volpe

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(Calogero Volpe, élève à l’Ecole Primaire Communale de la rue de Fexhe, à Liège, avait dix ans lorsque ces textes furent écrits. Il est née en 1957 à Favara (Italie) et vit (ou a vécu?) à Liège. Les textes suivants ont été publiés dans la revue POESIE #27 « La nouvelle poésie française de Belgique. En 1971, les droits de reproduction étaient réservés à Jacques Izoard.)

LA SOUPE AU CHOUX ROUGES

La soupe aux choux rouges, il lui faut longtemps pour qu’elle se cuise, car il lui faut une demi-seconde pour qu’elle se cuise. Je la cuis, quand un chou me salua par ses deux oreilles pour dire qu’il avait froid. Je ne savais plus où je devais le mettre. Je le mets dans le placard noir. Il dit qu’il fait trop clair. A la fin, je le tue et un coup de pied tomba par le plafond. Car ce plafond été troué, car il était trop solide assez.

LE LOUP CURIEUX

Un jour, quand je jouais, j’ai vu un loup. C’était un loup pas comme les autres. Au lieu d’être carnivore, il était granivore. Il avait une tête de chat et une gueule de chien. J’écrase sa queue et elle devient une queue d’ours. Et la pelure de singe.

Il était un jour un petit garçon qui trouve un franc. Alors il plante le franc. Et un jour il y a un arbre avec énormément d’argent. Il était si petit qu’il achète un alais de géant. Il se dit : « Comment faire pour monter les marches ? » Soudain, il a une idée. Il ouvre la bouche, met la pompe et se gonfle.

Il y a un serpent. Je lui coupe la tête. Il lui en pousse deux. Comme il a une queue, je lui en coupe deux. Il mesure cinq mètres et comme cinq mètres égalent cinq centimètres, je le mets dans une boîte de cinq centimètres cubes. Un bon jour, il meurt, parce qu’il faisait « atchoum ! », et puis il devient du sable.

LE CHAT

Le chat attrape la souris. Il l’a tuée d’un coup de griffe. Il la mord dans le tiroir qui est très noir. Après quelques jours, il la découpe et en fait du jambon.

L’ELECTRICITÉ

L’électricité a été inventée en l’an 200. C’étaient les hommes des cavernes qui l’avaient inventée, car, quand ils étaient, il avaient déjà inventé le gaz et la musique.

LE TABLEAU

Notre tableau tient sur ses quatre pieds. Il se nourrit de graines, il porte des lunettes, car il ne sait pas lire ce qui est écrit sur son ventre.

LA CIGARETTE VIVANTE

Il y avait une fois une cigarette qui savait parler. Et un jour, elle était riche : Elle voulait s’acheter un paquet de cigarettes, mais, comme elle était riche, elle n’avait plus d’argent. Soudain, elle a eu une idée : elle prit un petit couteau comme une voiture et un peu de tabac qu’elle avait sur elle. Puis, elle en fait une cigarette avec du papier en carton de pain. Après, elle étouffa et mourut. Cinq jours après, on l’enterra dans une saucisse qui était du pétrole.

UN DRÔLE DE SERVITEUR

Ce serviteur de café ne sert personne, mais il se sert. Un jour, il s’est servi du café de bois. Et comme sucre, il prenait une pierre de cristal qui était une plante pressée.

UN DRÔLE DE BLOC DE GLACE

Un jour, il y avait un bloc de glace. Ce n’était pas un bloc de glace. Mais c’était tout simplement de l’eau. Quand il y avait le soleil qui venait, le soleil gelait l’eau. Ce n’était pas de la vrai glace, mais des vitres.

UN DRÔLE DE PETIT CONTE

Un jour, un garçon parle de ferraille. Il dit que ferraille vient du nom bois, et dit que le nom bois vient du nom fer. C’est un instrument pour les arbres. Mais, pour nous, c’est du bois pressé.

UN ARBRE EXTRAORDINAIRE

Il y a un arbre dans le pré qui n’a qu’une demi-fleur, deux cents fois plus grande qu’uen fusée qui mesure un millimètre. Un jour, la fleur perd ses pétales. Alors, l’arbre rit tellement fort qu’on l’entend en Italie. Un beau jour, on le coupa, alors, trois litres de sang d’oiseau sortent des racines de cinquante mille mètres de longueur.

Un jour,
j’ai vu le soleil
qui se noyait dans
la machine à coudre. Il
se regardait dans un miroir
en métal blanc. Il regardait dans
le miroir la barbe que son grand-père
portait à la révolte des ombres vivantes.
Quand il apparaissait, il faisait froid, car le
soleil refroidit. Il avait sauvé le capitaine
Jon Cocril qui étouffait en respirant
par le côté de ses lunettes. Il
portait une barbe sur le nez,
les cheveux sur le dos.
Les verres de ses
Lunettes étaient
cassés.

MA CHEMINÉE

Ma cheminée est tellement étroite qu’un éléphant pourrait y passer, mais pas une souris ni une puce. Un mammouth aussi pourrait y passer, mais il est beaucoup trop petit et trop faible.

ils ont écrit :

Jean-Pierre Verheggen (Le Journal des poètes)

« Qu’on lise les texte de Volpe, ces authentiques démesures de Volpe, -excédées- à l’image de l’investigation passionnante qu’elles proposent d’un monde borné. Celui de la fleur de l’enfant -scolarisé-, de sa maison, de ses matériaux d’aujourd’hui. Science-fiction -portative-? Étonnante! »

Jacques Izoard

« Il s’agirait de bien comprendre la jubilation sereine et pure de Volpe. Dire, peut-être, que ces quelques textes ont été écrit dans une totale spontanéité, sans ingérence d’aucune sorte, sans aucun conseil, lors d’une réunion d’enfants dans un atelier d’expression libre, loin de l’école.
Il n’y a rien à ajouter. Il faut lire, lire, lire. »

Poèmes et textes tirés du N°27 de la revue POESIE (1972)
©Illustration : Scott-Scheidlygreen
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