Fables de La Fontaine interprétées par Coco Lulu (Extraits)

L-incroyable-arche-de-Noe-de-l-artiste-chinois-Cai-Guo-Qiang

Trintje et el’ cruch’ avec du lait
(à Fredje Mabille)

Trintje allait porter z’en ville
Un’ cruch’ avec du lait…
Et comm’ toujours ça s’fait
Y gn’avait plus’ du l’eau que du lait
Dans l’ cruch’ de cett’brav’ file…
Ell’ disait en ell’-même : « Avec touts mes argents
Blancs,
J’ach’tr’ai tout plein des œuf’, qui duviendront des pouilles,
Qui courron dans m’ pétit jardin
Près des étangs de « Tenouille »
El vos’ y s’ra bien malin
Si y m’en laiss’ pas un’ bonn’ douzaine…
Avec ça j’oûrai pas d’ la peine
D’ach’ter un p’tit cochon
Que je f’rai gras avec des patat’ et du son.
Alours je l’revendrai pour avoir un’ bell’ vache;
Avec son petit jeun’ je la verrai courir… »
Vlà qu’ell’ court aussi…Clache!
El cruch’ tomb’, cass’…. ell’ sait plus rétenir
El lait qui coul’ par terre…
Jiusus’ Marie! à c’t’ heur’, c’est fini de plaisir…
Plus de pouill’, des cochons, des vach’… plus rien à faire
Elle attrap’ cor bien des calott’ de s’ monpère.
Elle a des rus’ avec es’ mère,
Parc’ qu’elle avait perdu tout s’ lait…
Ha bien, Trintje, c’est bien fait.

On rêv’ qu’on a tout’ sort’ des belles choses…
Des « kasékes », des « flieren », des roses,
Des boul’ de neig’ dans son jardin.
On rêv’ qu’on a des pots d’ lambic pleint l’tabel’,
Que l’ Pape est not’ cosin,
Et comm’ Trintje su l’ fin
On est comm’ paravant tout juste un poûver’ diabel’.

El loup et el Lemmeke
(à Hanske Taverne)

Quans’ qu’on fait des rus’, c’est toujours el capon
Qu’est l’ plus fort, qu’a raison.

Un petit Lemmeke un jour
Buvait du l’eau dans un’ rivière…
Un loup qu’avait très soif, vient et dit en colère:
« Ploch’ ve den doch’! c’est à m’ tour
De boire, et tu viens sur ma place
Halte là!
Petit’ crapul’ que t’es là! »
– Beh! mossieu le loup, je passe
Plus bas que toi! je salis pas votre eau!..
– « Stinker! » qu’en wallon on appelle agneau,
« Sur moi t’as dit tout’ sort’ de choses
Deux ans passés – Prends gard’ si t’oses
encore me crétiquer!.. – Tu dis deux ans passés?
Alours j’étais cor pas sul’ terre.
Je têt’ cor ma mère!..
– C’était pas toi? – Och non! – Alors c’était vot’ frère?
– Beh! j’en ai pas! – « Smoel toe! » c’est assez!
C’était alours des gens’ de vot’ famille…
Le chien, le briger…
Y m’laissont jamais tranquille,
Et j’vas m’revenger… »
Avec el Lemmeke y file
Dans les bois, et va l’manger…

Tu vois bien que c’est l’capon
Qu’est le plus fort, qu’a toujours raison.

©Texte : Fables de La Fontaine interprétées par Coco Lulu [H. Wellens & W. Godenne]
Photographie : Oeuvre de Cai Guo-Qiang

 

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