À propos de…(13) André Frédérique ( Par Alexandre Vialatte)

James-McNaught

« Son amitié, son rire étaient indifférence, détachement. Il est mort de distance, à force d’être déjà loin et de s’en donner les plaisirs. Il est mort du besoin d’être absent, de ne plus faire semblant d’être là. De se procurer la poésie d’une perspective lointaine; jusqu’au vertige. Détaché, détaché. Comme un chien qui a rompu sa laisse. Ensuite, comme un bateau qui a brisé son amarre; enfin comme un ballon qui a jeté son dernier lest.

Qui sait combien de temps il s’est servi sa mort, comme un banquet à un satrape? Combien de temps il en a profité? L’histoire était intéressante; elle renouvelait l’aspect des choses; il a dû longtemps se la raconter… »

Alexandre Vialatte cité par Hubert Juin dans « Poètes maudits d’aujourd’hui 1946/1977 » [Seghers // 1979]
Peinture : James McNaught

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