Camille Goemans : Réflexions

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Grand comme une image.

L’on ne joue qu’avec le feu.

Tirez toujours, il en mourra l’un ou l’autre.

Tel qui n’est pas impuissant, ne cesse de se défendre. Il use tous les coups, mais ce sont les siens.

Qui veut trop est plus riche qu’on ne pense.

L’homme, à la mesure de ses rêves.

Lâchez les mains, prenez la tête.

Persiennes closes, arsenal.

L’innocent est plus coupable.

Jetez les perles tout de bon.

Promettre, c’est tenir.

Et même il a choisi le moment de mourir.

L’on raconte de C… que sortant de la gare, il serra la main du premier homme venu, et lui dit : « Je suis Monsieur C… »

Le sourd entend mieux.

Sabre n’est pas de bois.

Il faut préférer parfois aux poètes, les faiseurs de vers. La poésie est ailleurs.

Tout le mail vient du pire.

Travailler pour l’éternité et détruire à mesure.

Semer à gauche et récolter à droite.

Pinceau n’a pas de dents.

B… et Z… se rencontrant dans la rue, marquèrent quelque hésitation à se saluer. Ils ne se connaissaient pas.

L’on a beau écouter, l’on n’entend pas davantage.

L’amour est bien la chose la plus révoltante qui soit. Ce n’est pas en vain qu’on y attache autant de prix.

Réflexion sur la race des gens qui se plaignent :
Comme si l’on était jamais malheureux assez.

Réflexion sur la connaissance :
Connais-toi !

C… qui se racontait partout pis que pendre sa belle-mère et qui disait invariablement, pour finir, que cela ne les empêchait pas de s’aimer beaucoup, se fit fermer la porte des maisons où il était reçu.

Ce ne serait que quatre sous de poivre, il y a de quoi faire la révolution.

Nos mensonges nous engagent mieux qu’aucune vérité.

C’est une grande vertu de croire à improvisation. L’œuvre d’art est notre châtiment.

L’on se rassure assez gratuitement du mépris où l’on tient la comédie dans le moment que paraît l’invraisemblance.

Elle ne vaut pas la peine que l’on prendrait de la défendre.

Tant va la plume à l’encre qu’à la fin ça se sent.

Je l’irai dire à mon indifférent.

Un beau mensonge vaut mieux qu’un long discours.

Pour être déshabillé l’on n’en est pas plus nu.

Un auteur difficile n’en est pas plus obscur.

Il n’y a pire abus que de sincérité.

La misère est notre porte.

Les femmes n’entendent rien aux poèmes. Elles sont extrêmement sensible à la poésie.

Mystère, mystère, mystère.

N’en parlez pas tant, vous l’allez perdre.

Peintre, ce n’est pas ton métier.

Tenir la proie pour l’ombre.

Vivre d’amour et de poison.

Il n’y a de bien à dire des femmes que celui que l’on pense. Mais s’il arrivait qu’on le dise, l’on ne pourrait empêcher que ce ne soit un mensonge.

Il ne paraît pas que beaucoup d’hommes sachent lire. L’on est trop habile à distinguer.

L’on se berce de l’illusion que l’on ne peut guérir. Et en effet.

Certains mots prennent figure d’une belle femme sans corps.

Quelques hommes seulement n’ont point d’amis.

Mettre la clé dans l’armoire.

Tel n’a jamais renoncé à la consolation. Il lui suffit, pour vivre, de quelque menue monnaie.

Il importerait peu que les femmes n’eussent pas raison contre nous, s’il leur suffisait d’avoir raison de nous.

La patience est chose toute naturelle. Elle va de soi. Pour un rien, notre confiance dans le présent irait faiblir.

L’on a tout le temps de se connaître. Mais nous comptons si peu, ou tellement davantage.

L’on a le sens de toutes les langues ou l’on n’a les sens d’aucune.

L’esthétique a brillé tant de cervelles qu’il ne faut pas ‘étonner que la moralité fléchisse. C’est un miracle s’il en reste.

Prendre quelqu’un sur ses maux.

L’on juge, et cela est bien. Mais c’est par la séparation de ces deux pouvoirs, le judiciaire et l’exécutif, que l’on tâche à nous affaiblir.

Mille de plus ne font pas l’affaire.

Grand comme son miroir.

©Camille Goemans – Oeuvres 1922-1957 [Editions De Rache // 1970]

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