Guillaume Bouzard – Jolly Jumper ne répond plus [2017]

jolly jumper ne répond plus

Image tirée de la BD « Jolly Jumper ne répond pas » de Guillaume Bouzard sortie en 2017
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Antigone de la nouille et autres perles de librairie (Extraits) [2002]

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Michel Strogonof
(Michel Strogoff, Jules Verne)

Le procès de Kafka c’est de qui?

Le vieil Homme est amer
(Le vieil Homme et la mer, Ernest Hemingway)

Les Précieuses de l’édicule
(Les Précieuses ridicules, Molière)

Les Trois Moustiquaires
(Les Trois Mousquetaires, Alexandre Dumas)

Le Chien des Basques quête en ville
(Le Chien des Baskerville, Conan Doyle)

Je cherche des livres de Sigmund Fred, un auteur qui parle des femmes.

Mémoires d’une jeune fille dérangée
(Mémoires d’une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir)

Pour qui sonne le gland
(Pour qui sonne le glas, Ernest Hemingway)

Messieurs les bas de laine
(Messieurs les ronds de cuir, Georges Courteline)

J’ai tué Mozart
(C’est Mozart qu’on assassine, Gilbert Cesbron)

C’est vous la librairie occulte qui vend les images de la Sainte Vierge?

Liliane est au lycée
(L’Illiade et L’Odyssée, Homère)

Les Oiseaux se crashent pour mourir
(Les Oiseaux se cachent pour mourir, Colleen Mac Cullough)

Les Lésions dangereuses
(Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos)

Sous le soleil de sa tente
(Sous le soleil de Satan, Georges Bernanos)

Ma petite fille cherche la Goire de son père…

Modère-toi quand t’as bullé
(Moderato Cantabile, Marguerite Duras)

Avez-vous Le Nom de la rose en version éco?

Le Che est homo
(Ecce Homo, Nietzsche)

Les Tabourets
(Les Chaises, Eugène Ionesco)

©Livre : Antigone de la nouille et autres perles de librairie (présentées par Jean-Loup Chiflet) [Mots et Cie // 2002]
Image : Détail de la BD « Les Lauriers de César » [René Goscinny // Albert Uderzo]

Robert Desnos – Rrose Sélavy (Extraits)[1922 – 1923]

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1. Dans un temple en stuc de pomme le pasteur distillait le suc des psaumes.

5. Je vous aime, ô beaux hommes vêtus d’opossum.

20. Pourquoi votre incarnat est-il si terne, petite fille, dans cet internat où votre oeil se cerna?

26. Est-ce que la caresse des putains excuse la paresse des culs teints?

37. Au temps où les caravelles accostaient La Havane, les caravanes traversaient-elles Laval?

52. Possédé d’un amour sans frein, le prêtre savoyard jette aux rocs son froc pour soulager ses reins.

53. Plus que poli pour être honnête
Plus que poète pour être honni.

55. Dans la nuit fade les rêves accostent à la rade pour décharger des fèves.

63. Tenez bien la rampe rois et lois qui descendez à la cave sans lampe.

70. Amants tuberculeux, ayez des avantages phtisiques.

76. Les yeux des folles sont sans fard. Elles naviguent dans des yoles, sur le feu, pendant des yards, pendant des yards.

78. Le plaisir des mort c’est de moisir à plat.

91. Dans le ton rogue de Vaché il y avait des paroles qui se brisaient comme les vagues sur les rochers.

99. Les caresses de demain nous révéleront-elles le carmin des déesses?

103. Les vestales de la Poésie vous prennent-elles pour des vessies, ô! Pétales.

109. Les lois de nos désirs sont des dés sans loisir.

120. Ô ris cocher des flots! Auric, hochet des flots au ricochet des flots.

140. Nos peines sont des peignes de givre dans des cheveux ivres.

149. Jeux de mots jets mous.

©Livre : Robert Desnos – Corps et bien [Gallimard // 1930 – Réédition 2013]
Sculpture : Anthony Pack
net: https://www.flickr.com/photos/anthonypack/with/28535086294/

 

Etienne Klein/Jacques Perry-Salkow – Anagrammes renversantes ou Le sens caché du monde (Extraits) [2011]

fred-eerdekens-god-ego-1990La madeleine de Proust

Et je me pris soudain à rêver à certaines odeurs et saveurs qui, frêles mais vivaces, demeurent en nous, à attendre, à espérer la « gorgée de thé m^lée des miettes d’un petit morceau de madeleine » qui les fera revivre. Qui sait si ces souvenirs remonteront jamais de leur nuit? Qui sait de quel breuvage « pris contre notre habitude  »   sortira

La ronde ailée du temps

 

La vitesse de la lumière

La vitesse d’une particule dans le vide est toujours comprise entre zéro – la particule est alors immobile –  et 299 792 468 m/s, la vitesse de la lumière, qui ne saurait être dépassée sans que cela contredis formellement les équations d’Einstein. cette constante universelle de la physique

Limite les rêves au-delà

 

Les paradoxes du chat beurré

Etant donné qu’un chat retombe toujours sur ses pattes et qu’une tartine beurrée s’écrase systématiquement sur le côté beurré, que se passerait-il si on laissait tomber un chat sur le dos duquel on aurait préalablement fixé une tartine beurrée? Certains spécialistes pensent que le félin lévitera pour éviter de prendre parti; d’autres parient que le souple quadrupède finira par imposer la loi de sa chute, d’autre encore clament que la tartine ne saurait enfreindre la li de l’emmerdement maximum qui lui colle à la peau; enfin il y a ceux qui expliquent que le comportement du chat et celui de la tartine sont si fondamentalement contradictoires que, associés l’un à l’autre, ils engendrent un certain nombre de paradoxes. Et, pour peu que l’alcool s’en mêle, leur résolution, toujours hasardeuse, devient vit un

aléa chaud d’experts bourrés.

 

Les liaisons dangereuses

L’histoire d’un être, serpent devant l’Éternel, pris au piège de l’amour qu’il voulait feindre. Un moment-clé, lettre XXIII: le vicomte de Valmont voit à travers la serrure sa proie « adorable », Mme de Tourvel, à genoux, baignée de larmes, et priant avec ferveur. Quel dieu ose-t-elle invoquer? En est-il d’assez puissant contre l’amour? Et quelle est donc sa faiblesse à lui si, oubliant ses projets, il n’a d’autre plaisir que celui de considérer à loisir l’exemple de la candeur? Cette nuit-là, Valmont dort mal. Il aperçoit le point du jour, espère que la fraîcheur qui l’accompagne lui amènera le sommeil. Mais il n’est pas de repos possible. Elles se sont refermées sur lui,

les ailes sanguines d’Éros

 

Jean-François Champollion,
conservateur du département
d’égyptologie au musée du Louvre

« Ce n’était plus la simplicité antique. Ce n’était plus la noble gravité des monuments pharaoniques. Rien que la décadence de l’art égyptien sous les Ptolémées. »
Ses travaux terminés à Edfou, Campollion alla reposer ses yeux, fatigués des mauvais hiéroglyphes et des pitoyables sculptures dans les tombeaux de l’ancienne ville d’Eléthya. Ce samedi 28 février 1829, il fut accueilli par la pluie, qui redoubla pendant la nuit, avec tonnerre et éclairs. L’attendaient, dans un temple de la seconde enceinte, de magnifiques inscriptions en caractères hiératiques, qui ne renfermaient pas, comme on l’avait cru si longtemps, de hautes spéculations philosophiques, mais relataient tout simplement l’histoire du lieu.

A la lueur fauve d’un gros lampion
dépoli, et gouvernant mon émoi,
je décrypte des cartouches.

 

L’Origine du monde,
Gustave Courbet

Peints sans apprêt, un ventre de femme au noir mont de Vénus obombrant l’entrebâillement d’un con rose, un drap blanc froissé, un téton encore tumescent. Tout laisse penser que le modèle vient de faire l’amour. On imagine la belle qui se laisse noyer, molle comme un pantin de son, les membres détendus, brisés. Elle repose, tandis que la foudre admirable s’éloigne d’elle. c’est le naufrage de l’après que Courbet semble avoir mis dans

ce vagin où goutte l’ombre d’un désir.

 

Le marquis de Sade

Parce qu’il poussa l’art d’échauffer le derme des laquais jusqu’à l’excès, parce que sa vie ne fut qu’une succession de drames laïques, voire d’aléas merdiques, parce qu’il foula aux pieds les fleurs infortunées de la vertu et ternit la laque des damiers de ses vices prospères. Sade ne s’adresse qu’à des gens capables de l’entendre. Ceux là liront sans danger. Ils entreront dans le laboratoire de sa prose pour y

disséquer la dame.

©Livre : Etienne Klein/Jacques Perry-Salkow – Anagrammes renversantes ou Le sens caché du monde [Flammarion // 2011]
©Oeuvre sur la photographie : Fred Eerdekens [God Ego]

Christian Prigent- 200 conseils pour un carnaval (Extraits) [1981]

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1 – accostez les castars !

6 – donnez-vous une baise !

9 – mettez vos anchois dans l’aisselle au choix !

14 – carabinez vos bites trouillardes !

17 – cloquez les bosses à reluquer !

28 – bloquez les cosses au cul rayé !

32 – séchez vos minois en léchant du bois !

35 – mandibulez vos ducatons !

47 – béchez l’miché de l’éléphant !

50 – lampez l’bide du cul à tâtons !

58 – triez des creux pour les sardines !

66 – costumez-vous l’bâtard !

75 – giclez des artères !

76 – pondez sec du gosier !

100 – faites-vous un jardin en fesse de baleine !

111 – musclez vos habitudes et savonnez vos boules !

117 – broquez les carnes à la biture !

127 – coulez vos petits poils dans la torgnole en terre !

136 – pendez à vos taules des papillons d’viande !

143 – gouttez vos huiles de couilles !

154 – chauffez vos occiputs neigeux

165 – roulez du colon au son du vertébron !

173 – faites des entrechats au son du poil de con !

180 – dérapez léger parmi les étrons !

196 – fardez vos tronches aphones avec le flot des sons !

©Texte : Christian Prigent – 200 conseils pour un carnaval (Paru dans la revue littéraire « Térature » // Hiver 1981]

Jean-Luc Fonck – Squelette (Extrait) [2012]

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J’ai faim…
Je vais me préparer un p’tit plateau télé…
Alooors…
Qu’est-ce qu’il y a de bon dans le frigo ?
Un p’tit osso bucco…parfait !
Je reviens mâchoire devant ma télé…
Soudain, je ressens une douleur étrange…
Aïe…c’est mal barré…
Ce sont mes clavicules aux reins qui me font mal…
Je me regarde dans le miroir…
J’ai vraiment une tête de déterré…
Mais c’est normal…
Chez les squelettes, tout le monde est comme ça…

Je continue à avoir mal…
Je décide d’aller voir un médecin…
Il a l’air un peu fêlé…
-Déshabille-toi, il me dit.
-Quoi ? Tout à fait ? Complètement à moelle ? Je demande.
-Non…métatarse nu c’est bon…

Il me tripote…
Je lui dis :
-Aïe…ça fait mal !
Alors le médecin, pour me détendre, chante une chanson…
« Coccyx dans les près…fleurissent…fleurissent… »
Mais ça ne change rien, ça fait toujours aussi mal…
J’en ai assez…ça fait trop mal…
Je me relève, je me rhabille et je m’en vais.
Le docteur me dit :
-Tu ne peux pas partir comme ça…je n’ai pas fini…
Je lui réponds :
-Si…je fais ce que je veux…Je ne suis pas un humérus, je suis un sternum libre…
Bonjour chez vous !
Et je claque la porte.
C’est ça qui m’a réveillé…

©Livre : Jean-Luc Fonck – Réveillez-moi [Editions Luc Pire // 2012]
©Image : Jiro Ban
net : http://www.balibart.com/artiste/jiro-ban

 

Parfois, j’écris un peu…(1) : Un essai d’aphorismes ferroviaires

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La bonne ment toujours au contrôleur

Ne dites plus – se gratter pour se faire rire –  mais – Grève des chemins de fer belge –

Le train est rempli…promiscuité de la banalité

Elle voulait absolument cuire ses pommes de terre, assise dans un wagon, mais son portable n’arrivait pas à suivre.

Il trouvait dans sa cannette de bière, la liberté que les heures de bureau lui avaient volé.

Leur amour était impossible pour cause de correspondance inadaptée

Si le livre devait être interdit, la dissidence se trouverait dans les trains

Le train passe (en retard), les navetteurs aboient.