Jean Stiénon du Pré – Pensées (Extraits) [1966]

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« Les souvenirs lointains perdent leurs contours; de là, leur étendue. »

« Les fruits rares reposent sur la paille; les artistes également. »

« Il en va de certaines vies comme de certains tableaux : elles ne valent que par les détails. »

« Le pain le meilleur peut renfermer une blatte. »

« C’est en marchant à l’ombre qu’on apprécie l’été. »

« La main fine, non la bague, mérite l’écrin. »

« Je ne suis heureux qu’attelé; l’écurie me dégoûte. »

« La solitude est un verre d’eau où fond un morceau de sucre. »

« La flamme n’a pas toujours l’éclat du chandelier. »

« On peut additionner les chiffres; on n’en découvre pas l’essence. »

« La vertu est un glaive dont on ne voit que la garde. »

« On aime caresser la plume d’une flèche. »

« Va-t-on perdre sa route, une croix vous l’indique. »

« La mer embrumée respire par les bouées. »

« Quand passent les nuages, on regarde le ciel. »

« Qui tient le milieu de la route, ne cueille pas les fleurs. »

« Parfois les bras de la croix qu’il porte en lui sont tels, que l’homme ne peut joindre les mains. »

« L’esprit brûle, toutes portes ouvertes. »

©Livre : Jean Stiénon du Pré – Magnificence [Editions des artistes // 1966]
Bijou : Artiste : Margaux Lange
net: http://www.margauxlange.com

 

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Julien Torma – Euphorismes (Extraits) [1926]

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« Il récitent chaque jour leur leçon de -moi- »

« – Faire sa vie -? Ils entendent par là – gagner (?) sa vie – toute la journée et réserver deux heures pour rêver ce qu’elle pourrait être. Les descentes de lit glissent sous leurs pieds nus et se cachent dès qu’ils sont chaussés. Nostalgie des voyages, des quatre-cents coups. Un de plus pour casser les vitres de leur aquarium? Pa si bêtes. Congratulations qui les retiennent de forcer les serrures. Il leur suffit d’être voyeurs. C’est une core un moyen de rester en place. »

« Ils deviennent fous, mais ils restent con. »

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Charles Baudelaire – Mon cœur mis à nu [1887]

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Le premier venu, pourvu qu’il sache amuser, a le droit de parler de lui-même

Il y a dans tout changement quelque chose d’infâme et d’agréable à la fois, quelque chose qui tient de l’infidélité et du déménagement. Cela suffit à expliquer la Révolution française.

Presque toute notre vie est employé à des curiosités niaises. En revanche, il y a des choses qui devraient exciter la curiosité des hommes au plus haut degré, et qui, à en juger leur train de vie ordinaire, ne leur en inspirent aucune.

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Charles Baudelaire – Fusées (Extraits) [1867]

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Ces beaux et grands navires, imperceptiblement balancés (dandinés) sur les eaux tranquilles, ces robustes navires, à l’air désœuvré et nostalgique, ne nous disent-ils pas dans une langue muette : Quand partons-nous pour le bonheur?

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Ambrose Bierce – Epigrammes (Extraits)

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« -Immoral-; tel est le jugement du bœuf dans son étable sur l’agneau qui gambade. »

« Tout cœur est la tanière d’un animal féroce. Le plus grand tort que vous puissiez faire à un homme est de le pousser à relâcher la bête qui est en lui. »

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Robert Desnos – Rrose Sélavy (Extraits)[1922 – 1923]

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1. Dans un temple en stuc de pomme le pasteur distillait le suc des psaumes.

5. Je vous aime, ô beaux hommes vêtus d’opossum.

20. Pourquoi votre incarnat est-il si terne, petite fille, dans cet internat où votre oeil se cerna?

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Stanislaw Jerzy Lec – Pensées échevelées (Extraits) [1988 – pour la version française]

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« Souvenez-vous que lorsque le diable veut donner un coup de pied à quelqu’un, il ne le fait jamais avec son sabot de cheval mais avec sa jambe d’homme. »

« Il se trouvera toujours des Esquimaux pour donner aux habitants du Congo des instructions sur la façon de lutter contre les grandes chaleurs. »

« – Je vais le menacer du doigt seulement -, dit-il en le posant sur la détente. »

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Jean-Marie Bourgoignie – La contrepense (Extraits) [1986]

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Ces flèches de sel et de sucre sont le désir de l’ouverture d’une discussion, non pour appréhender ce prétentieux caméléon, nommé VÉRITÉ, mais simplement pour l’attrait de soulever la jupe des apparences.

 » Les parallèles
Qui font l’amour
Meurent »

« Je me fous du talent du peintre
De ses coloris de sa matière
De ses éclairages de ses impressions
Ou de la perfection de ses poils de con
Pourvu qu’il dise quelque chose »

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Marcel Béalu -Il y a plusieurs manières de lire les aphorismes… (Préface) [1962]

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Il y a plusieurs manières de lire les aphorismes. L’un y cherche la confirmation de ses propres pensées, l’autre, plus humble, la transcription en clair sur le papier de ce que lui-même sentait confusément. A l’opposé : celui qui espère découvrir des pensées qu’il n’a jamais eues et enrichir ainsi son propre fond ; celui encore qui n’a jamais pensé par lui-même et pour qui la lecture de maximes est comme celle des slogans publicitaires qu’on ingurgite en digérant, au cinéma, avant le vrai spectacle. Je crois que la bonne manière de lire les aphorismes serait de seulement les entendre comme on regarde une fleur, surpris par son parfum.

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Introduction (1)

(Extrait tiré de l’introduction du livre « Le miroir de l’âme » de Georg Christoph Lichtenberg)

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Chaque siècle à ses œuvres clés. Ces œuvres sont des clés parce qu’elles ouvrent en nous l’héritage de sentiments et de pensées qui nous font les débiteurs de l’histoire et les prophètes de l’avenir ; elles nous rendent avant tout attentifs à nos voix intérieures ; les œuvres clés ne font donc rien de plus que nous enrichir de nous-mêmes ; elles mettent devant nos yeux ces sentiments que souvent on cache dans son cœur comme sous une pierre, par crainte de les garer ou pour mieux en retrouver les voies.

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Xavier Forneret – Sans titre, par un homme noir blanc de visage (Extraits) [1838]

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« Que ceux qui cherchent le Mouvement perpétuel regardent les yeux de la femme qui trompe »

« Attaché à l’ombre de chaque homme dans sa vie, il y a un monstre couvert de fleurs: les fleurs, c’est le Désir; le monstre, c’est la Possession. »

« Si vous êtes triste, n’allez pas où vous avez ri. »

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Marcel Bénabou – Un aphorisme peut en cacher un autre (Extraits) [1987]

« L’aphorisme est un manuscrit chiffonné, un ricanement dans la corbeille à papier. »

Günter Brus

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L’art de l’aphorisme es un art ancien, et qui ne se démode pas.

L’on a cent fois donné les raisons de cette vogue persistance. Comme l’oracle, l’aphorisme – baptisé aussi maxime, pensée ou sentence –  enferme un maximum de sens dans un minimum de mots. In tanta verborum parsimonia, quanta sententiae fecunditas; remarquait déjà Érasme. C’est cette concision, cette densité qui font une grande part de l’intérêt, et du plaisir, que l’on prend à l’aphorisme: car la réduction à l’essentiel donne à l’énoncé rigueur, efficacité expressive et séduction.

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