Dans la maison, Place à l’homme… un avis de 1957

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On dit que, dans la vie d’intérieur, l’homme est dépourvu de sens pratique… Telle est du moins l’opinion de la majorité des femmes, qui sont, elles, les grandes organisatrices de l’appartement d’aujourd’hui et dont le rôle est d’imposer un ordre : leur ordre. C’est pour elles que l’architecte groupe les pièces, élimine les espaces inutiles; pour elles que se développe une technique qui a la prétention de devenir un art – art ménager. C’est pour leur éviter des gestes et des pas que l’appartement se simplifie, se plastifie.

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Le devoir de fonder une famille… un avis de 1937

« …Mais il faut reconnaître que les particuliers partagent avec L’Etat la responsabilité de ce fâcheux état de choses. Le remède à la dénatalité est aussi d’ordre moral. Il consisterait à se pénétrer non seulement de la nécessité de fonder un foyer mais encore de celle d’avoir une nombreuse famille; à se libérer de sophismes tels que la maxime absolutoire : « On n’a pas le droit d’avoir des enfants quand on n’a pas de quoi les élever », que beaucoup de ménages invoquent pour ne pas s’avouer leur manque de courage devant les difficultés de l’existence. Combien y en a-t-il qui éviteront ainsi de procréer ou qui concentreront sur un seul enfant leur légitime désir de voir s’élever la famille, alors que chacun d’eux devrait en avoir au moins trois pour parer aux risques de la mortalité. Ils ne se rendent pas compte, ces parents, de l’inanité de leurs calculs. Ils ne songent pas que leurs beaux projets sont bâtis sur la fragilité d’une vie humaine encore aggravée par les risques de guerre que fait naître la dénatalité ou sur l’hypothèse non moins incertaine que cet enfant leur sera reconnaissant. A quoi bon tous leurs efforts s’il meurt, s’il devint l’enfant gâté dont les caprices et les prodigalités les feront tomber dans la misère,  ou l’ingrat parvenu qui rougira d’eux et plongera leurs vieux jours dans une tristesse amère! Telles sont pourtant les dures leçons que l’existence inflige bien souvent à ces ingénieux calculateurs. Combien d’entre eux éprouveront les affres de la solitude à l’heure où l’on aime à sentir autour de soi une nombreuse et affectueuse sollicitude, où l’on peut avoir besoin d’un soutien? Combien d’entre eux regretteront alors de n’avoir pas compris la portée du devoir de fonder une famille et surtout de ne pas se voir revivre en leurs descendants? »

Extrait de texte tiré du « Grand Mémento encyclopédique Larousse » [Paul Augé // 1937]