Jean Lamore – José Marti / La liberté de Cuba et de l’Amérique latine (Extrait) [2007]

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Après l’échec de la Guerra Chiquita, on était entré dans une période qui avait vu les vieilles rivalités empêcher que prenne corps à nouveau de manière viable le mouvement révolutionnaire. Marti considérait qu’il convenait d’attendre des conditions propices. En 1882, il le fait savoir au vétéran, le général Maximo Gomez. Le pacte du Zanjon avait constitué l’événement le plus douloureux pour Antonio Maceo et Maximo Gomez: le pouvoir civil avait capitulé après dix ans de luttes contre le pouvoir espagnol. L’expérience vécue poussa Gomez et Maceo à l’idée de la nécessaire constitution d’une dictature révolutionnaire pour reprendre la guerre. Maceo exprima cette tendance en 1884, et Gomez en 1885. Le noyau dirigeant de la révolution était formé de 17 généraux et de plusieurs colonels de la guerre de 1868. En 1884 Gomez et Maceo se rendirent à New York, et ce fut une rupture avec Marti, dont les conceptions idéologiques ne pouvaient s’accommoder d’une dictature des chefs militaires. Il écrit alors à Gomez:

Un peuple ne se fonde pas, Général, comme on dirige un camp militaire[…]
La patrie n’appartient à personne ; et si elle appartient à quelqu’un, ce sera, et seulement en esprit s’entend, à celui qui la servira avec le plus grand désintéressement et la plus grande intelligence[…]
Quelles garanties peut-il y avoir de ce que les libertés publiques, unique objet acceptable pour lancer un peuple dans la lutte, seront mieux respectées demain? Qui sommes-nous, général? Les serviteurs héroïques et modestes d’une idée qu enflamme nos cœurs, les amis loyaux d’un peuple dans le malheur, ou les chefs, courageux et fortunés qui, la cravache à la main et l’éperon au talon, s’apprêtent à apporter la guerre à un peuple, pour s’emparer ensuite de lui?
New York, 20 octobre 1884 (Fragments)

Lettre inachevée de José Marti à Manuel Mercado, écrite la veille de sa mort au combat

Cette lettre, fameuse à plus d’un titre, contient certaines des formules les plus connues de Marti, notamment sur le sens de son combat et sur ses prémonitions de l’impérialisme du Nord.
Il exprime également des jugements très sévères sur l’attitude des annexionnistes qu’il qualifie notamment de « celestinos » (entremetteurs), et à qui il oppose la masse des Métis, des Blancs et des Noirs, masse qui, aux yeux de Marti, est la seule garante de l’avenir.
Après une évocation des stratagèmes militaires et diplomatiques de l’ennemi, Marti parle, avec simplicité et grandeur, de son « devoir » qu’il accomplit modestement dans la campagne cubaine, avec un style qui rappelle parfois celui de son Journal de Campagne.
D’un grand intérêt sont aussi ses considérations sur les problèmes du futur gouvernement post-révolutionnaire et sur la politique des Etats-Unies, qui, écrit-il, n’aideront pas l’Espagne à combattre les Cubains, mais « feront la paix » à leur profit.On connait la justesse des prévisions de Marti. Cette lettre, commencée le 18 mai 1895; est restée inachevée. Elle est en même temps le dernier texte de Marti que nous possédions.

Campement de Dos Rios, 18 mai 1895
M. Manuel Mercado
Mon frère très cher, 
Maintenant […] je risque tous les jours de donner ma vie pour pays et pour mon devoir […] qui est d’empêcher avant qu’il ne soit trop tard, au moyen de l’indépendance de Cuba, que les Etats-Unies ne se répandent par les Antilles avant de s’abattre, avec cette force supplémentaire, sur nos patries d’Amérique. Tout ce que j’ai fait jusqu’à ce jour – comme tout ce que je ferai – tend vers cela. Cela a dû se faire en silence et en quelque sorte de façon indirecte, car il est des choses qui, pour aboutir, doivent rester secrètes […]
J’ai vécu dans le monstre, et connais ses entrailles:  -et ma fronde est celle de David. En ce moment même, -à la suite de la victoire par laquelle les Cubains, il y a quelques jours, ont salué notre sortie sans encombre des zones montagneuses que nous, les six membres de l’expédition, avons parcourues quatorze jours durant, – le correspondant du Herald, qui dans ma cabane, vient de me tirer du hamac, m’entretient de l’activité annexionniste […]
Bryson m’a relaté sa conversation avec Martinez Campos, à l’issue de laquelle ce dernier lui fit comprendre que, probablement, lorsque l’heure viendrait, l’Espagne choisirait de s’entendre  avec les Etats-Unies plutôt que de remettre l’île aux Cubains […]
Ici, pour ma part, je fais mon devoir […] je viens d’arriver. Il peut s’écouler encore deux mois, si l’on veut qu’il ait du poids et de la stabilité, avant que notre gouvernement, utile et clair, ne soit constitué […] nous poursuivons notre route vers le centre de l’île, où je déposerai, devant la révolution que j’ai fait se dresser, l’autorité que m’a conférée l’émigration, qui a été reconnue à l’intérieur, et que doit renouveler, en fonction de la situation nouvelle, une assemblée de délégués du peuple cubain qui se manifeste, à savoir les révolutionnaires en armes.
Je sais disparaître. Mais ma pensée ne disparaîtrait pas, et je ne serais point aigri par ma retraite. Dès l’instant où nous serons constitués, nous nous mettrons à l’ouvrage, que je sois appelé à le faire, ou que d’autres le soient.

©Livre : Jean Lamore – José Marti / La liberté de Cuba et de l’Amérique latine [Ellipses // 2007]
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Le livre et l’écolier au 19e siècle (extrait) [1970]

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ABECEDAIRES

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu… » (A. Rimbaud)

Au début du XIXe siècle, il faut parfois plusieurs années pour apprendre à lire. L’enfant commence à épeler une grande partie de la journée; puis il assemble des groupes de lettres de plus en plus longs; il aborde enfin directement les mots sans les décomposer en syllabes. Les textes latins aux articulations plus simples et sans voyelles muettes sont fréquemment utilisés. Nombreux sont encore les « patoisants », et les frères des Ecoles Chrétiennes eurent la lourde tâche de renoncer au latin pour leur apprendre à lire en français

Après 1830, la méthode Peigné connaîtra un vif succès; elle va de syllabes simples aux mots simples et passe rapidement à de petites phrases pour encourager les enfants du siècle : « On aime à porter un pantalon de nankin au mois d’août…Les Kalmouks habitent la grande Tartarie… »

L’élève, sous la Restauration, apprend les lettres dans des alphabets ou « Sainte Croix » ornés d’un crucifix. Souvent avant de lire, il porte le doigt sur chaque branche de la croix en disant : « Sainte Croix Aidez-moi A bien lire Ma leçon ». Ces alphabets ont un aspect austère si nous les comparons aux ravissants abécédaires illustrés à l’usages des enfants des classes aisées. L’image, discrètement, s’introduit en suggérant les sons.

On remarquera surtout, dans l’évolution de l’abécédaire, les diverses astuces typographiques pour diminuer peu à peu les caractères,  séparer les syllabes, mettre en valeur les lettres réellement prononcées d’un mot, qui, trop souvent encore, n’évoque rien pour l’enfant.

Dans les salles de classe des tableaux de bois, sur lesquels sont peints l’alphabet, les principales syllabes et les signes de ponctuation, précèdent les tableaux imprimés pour lesquels des caractères de taille suffisante manquent au début du siècle. Parfois même une ingénieuse « machine à rubans » permet de faire glisser des bandes et de juxtaposer radicaux et suffixes de façons variées.

©Le livre et l’écolier au 19e siècle [Nice 1970]
©Photographie : Becca Bond Photography

Pierre Albert Castanet – Tout est bruit pour qui a peur (Extrait) [1999]

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Conçu à l’origine dans un souci de dérision contre le Mur de Berlin, le concept de Love Parade, né en 1989 de l’imagination d’un disc-jockey est-allemand surnommé Dr Motte, n’a cessé de s’accaparer du besoin de ne pas renoncer,. Un million de ravers ont participé à la neuvième Love Parade de Berlin en juillet 1997. Post-soixante-huitard, le mot d’ordre de la plus grande rave mondiale était « Let the Sun shine in your Heart ». Symboliquement, l’imposante colonne de la Victoire, monument honorifique des campagnes militaires prussiennes, était occupée par une armée de D.J. bardée de spots multicolores, gérant la méga-diffusion sonique grâce à l’intervention de trente-neuf chars (dont des tanks de l’Armée Soviétique), transformés en buildings d’amplificateurs ambulants. L’axe est-ouest du Tiergaten, élargi en 1938 pour accueillir les parades nazies, était transformé en forum international de la danse, et la gare de Berlin-Zoo, terminus avant la chute du Mur des trains de l’Europe libre, faisait office d’oasis festif et de point de ralliement.

Face à ce besoin orgiaque de « défonce » collective, le quotidien Berliner Zeitung a exhumé un avis de Napoléon expliquant qu’il est un devoir d' »offrir des fêtes  bruyantes à la masse, car les imbéciles aiment le bruit, et la masse se compose d’imbéciles ». Des groupuscules d’extrême droite ont dénoncé cette « dégénérescence » de la culture allemande tandis que des hordes de Punks ont annoncé qu’ils déplaceraient leurs traditionnelles « Journée du Chaos » de Hanovre à Berlin, pour parasiter l’enthousiasme généralisé et saccager cette « Fête de l’Amour ». Une « Hate Parade » (« Parade de la Haine ») a même été organiser par des puristes pour protester contre la commercialisation de cette Love Parade. Si la Rave de l’Amour s’est limité à un tempo de 130 beats par minute, celle de la Haine a poussé les machines à plus de 300 battements par minute.

©Livre : Pierre Albert Castanet – Tout est bruit pour qui a peur / Pour une histoire sociale du son sale [Michel de Maule // 2007]

Dominique Sigaud – Franz Stangl et moi (Extrait) [2011]

27826_1417819732963_6122601_nLe monde obéissait aux règles d’un dragon que servaient les Stangl et ceux qui lui ressemblaient, les pères, pères des pères et pères des pères des pères de Stangl, ; les fils, fils des fils, et fils des fils des fils de Stangl, en veste blanche immaculée devant les femmes de Treblinka vouées au gaz et leurs enfant ; les industriels et commandants prospères de werra, les assassins de Vassili Grossman.

Shoah n’était pas la cause, Shoah n’était qu’un des visages mais culminant du monde fait par et pour un dragon à mille têtes, servi par des valets, penseurs et généraux assistant avec calme au départ des mères dévêtues et leurs enfants voués au gaz, qui estimeraient ensuite n’avoir fait là que ce qui leur était demandé ; ne pouvaient donc s’adresser personnellement aucun reproche.

Le monde avait été fait par et pour un dragon à mille têtes que personne n’avait jamais vu, tant d’hommes servaient pourtant avec constance, ferveur, et dévouement. Le monde avait été fait par et pour un dragon voué à la démesure et qu’on ne pouvait peindre ou décrire sans risque d’être dévoré par sa gueule ou la bouche de ses serviteurs.

©Livre : Dominique Sigaud – Franz Stangl et moi [Editions Stock // 2011]
©Image : Viktor Vasnetsov

Sébastien Baud – Faire parler les montagnes – initiation chamanique dans les andes péruviennes (Extrait) [2011]

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EL YARQASQAWAYRA ou « vent affamé »

Ce vent sort des tombes de personnes mortes de faim, dans la misère, de la tuberculose ou d’anémie. Ce vent qui sort de ces cadavres enterrés dans les cimetières est un vent affamé. S’il touche un enfant, il le tue. Il entre, s’alimente du corps et pschitt [il s’en retourne]. Possédé par ce vent, l’enfant ne résiste pas plus de trois heures. Il reste ainsi, le corps étendu, violacé comme s’il avait été roué de coups. Un adulte, lui, défèque sans cesse, salive comme s’il avait envie d’un plat.

©Livre : Sébastien Baud – Faire parler les montagnes – initiation chamanique dans les andes péruviennes [Armand Colin // 2011]
©Image : Harry Clarke

Véronique Soulé – Les Tartares de Crimée

1175672_10202997810013660_162150141_nLES TATARS DE CRIMÉE

Peuple « puni » par Staline et déporté à ce titre en mai 1944 en Sibérie et en Asie Centrale, les Tatars de Crimée ont été les derniers à être autorisés à entrer chez eux en 1989. Environ 300 000 ont alors regagné la péninsule qu’ils habitent depuis le XIIIè siècle. La déportation s’était accompagnée d’une épuration culturelle ; il était par exemple quasiment impossible d’emporter des livres en exil. Dès le retour, l’identité à peu à peu recollé ses morceaux. Il existe aujourd’hui à Simferopol un théâtre en langue tatare, un orchestre national, un centre culturel et même une bibliothèque Gasprinski, du nom du « grand écrivain Tatar » qui édita le premier journal en tatar entre 1883 et 1918. La langue est aujourd’hui enseignée dans des écoles tatares.
Mais le retour a aussi été difficile. Les Russes, majoritaires sur la péninsule, ont accueilli avec suspicion les Tatars soupçonnés de séparatisme. La Crimée est déjà un problème en soi : Les Russes n’ont jamais vraiment accepté le « don » de la péninsule à l’Ukraine par Khrouchtchev en 1954. L’Ukraine indépendante à dû lui concéder un statut d’autonomie. Dans ce cadre, le retour des Tatars a souvent été perçu comme une nouvelle « invasion tatare ». Résultat : une bonne partie d’entre eux n’ont toujours pas reçu la citoyenneté ukrainienne. Ils n’ont guère bénéficié d’aide au retour. En butte à des tracasseries administratives, il a fallu qu’ils se battent pour obtenir des terres et avoir le droit de bâtir des maisons. Les Tatars forment aussi le gros des chômeurs dans cette Crimée durement frappée par les difficultés économiques.
Après l’enthousiasme du retour, de nombreux Tatars s’avouent aujourd’hui déçus. En 1999 à la veille de sa réélection, le président ukrainien Leonid Koutchma a toutefois fait un geste en créant un Conseil représentatif des Tatars de Crimée auprès de la présidence. Aujourd’hui les Tatars réclament la reconnaissance de leur peuple comme « peuple constitutif d’Ukraine », celle de leur langue comme langue nationale, la restauration d’une autonomie territoriale etc.

©Livre : Alain Keler – Vents d’est / Les minorités dans l’ex-monde communiste (texte de Véronique Soulé) [Marval // 2000]
©Image : Alain Keler

Roxana Bobulescu : Les années Ceausescu – Récit d’une adolescence en Roumanie (Extraits) [2009]

ceausescuposterEn primaire, nous avions notre lot d’élèves en quasi-échec scolaire, des élèves avec des difficultés, dans les milieux socialement défavorisés (parents alcooliques, enfant battus) et les enfants tziganes. Le système d’entraide scolaire fonctionne de la manière suivante : chaque élève parmi ceux qui s’en sortent plutôt bien à l’école doit aider un enfant en difficulté. A chaque récréation, je m’occupais d’une fille beaucoup plus grande que moi qui avait des difficultés en lecture. On s’asseyait à côté de nos protégés en cours pour leur expliquer la leçon à notre façon. Nous ne nous prenions pas pour des maîtres d’école, on essayait tout simplement de les intégrer, l’instit nous y poussait toujours, pendant les récréations ou les sorties. On corrigeait leurs copies très souvent.

Afin d’éviter à certains « marginaux » les pires menaces des agents de la Securitate ou des responsables du parti et des policiers, un système d’autodéfense est mis en place dans différentes institutions, faites d’hommes et de femmes dont la solidarité et l’humanisme m’émeuvent encore. Il y avait dans mon école la fille d’un type assez « original », dissident, anti-régime qui refusait que sa fille soit pionnier et porte la cravate, qu’elle se plie aux exigences scolaires. Il voulait pouvoir vivre en marge de la société. Il était divorcé, et ses problèmes d’intégration sociale se reflétaient dans la manière dont il élevait sa fille unique – entre violences répétées et adoration. La directrice de l’école connaissait bien cette situation, ainsi que les profs de l’école et la consigne avait été de ne rien laisser transparaître auprès des autorités. Certains jours, nous l’accueillions à tour de rôle dans notre maison quand les choses étaient telles qu’elle ne pouvait plus dormir chez son père. Personne ne s’étonnait de cette conspiration tacite. Et à notre grande joie cette fillette progressait très vite au niveau scolaire, en reprenant confiance en elle. Nous l’aidions régulièrement pour ses devoirs.

©Livre : Roxana Bobulescu – Les années Ceausescu / Récit d’une adolescence en Roumanie [L’Harmattan // 2009]

La cabane Sylvie [Flobecq – Belgique]

IMG_0637.JPGSylvie naquit à Etikhove le 21 janvier 1851. Son père, François Baudry était sabotier, sa mère, Mélanie Vandereecken était fileuse. Elle avait un frère, Ivo. Elle était bobineuse puis devint couturière. Sylvie a beaucoup voyagé; elle a habité à Paris et s’est rendue dans des régions lointaines.

Un jour, elle en a eu assez du monde et des bruits.

Le soir du 4 avril 1902, maigre et grisonnante, elle débarqua à la gare de Flobecq-Bois, sans argent ni bagages. Elle trouva un logement au « Café Rimeur ».

Mr Gilliot, un anversois, qui possédait les bois du « Mont de Rhodes » lui proposa gratuitement une parcelle de terre. Elle s’enfonça dans les bois, jusqu’au sommet et choisit une petite clairière, où l’on extrayait du sable.

Les frères Dendaux d’Opbrakel, lui construisirent une cabane avec des rondins. Le tout faisait un rectangle d’environ 5 mètres sur 4. La toiture était recouverte de tôles métalliques. La cabane comprenait une cuisine, une chambrette et une petite chapelle décorée d’une statue de la Vierge.

Eté comme hiver, avec son chien « Bufke », elle marchait à travers bois afin de se rendre journellement aux offices liturgiques à l’église de La Houppe.

Le mardi, jour du marché, elle descendait à pied à la place de Flobecq, afin d’y faire ses emplettes.

Elle possédait un jardin dans lequel on la voyait planter et cultiver des fleurs dans le sable jaune, avec une patience angélique. Primevères, giroflées, myosotis, perce-neige et pensées lui souriaient à longueur de journée, tout en embaumant l’air autour d’elle.

La cabane prit le nom de « MAISON DES FLEURS ». Elle élevait quelques poules qui lui donnaient des œufs. L’été, il y avait beaucoup de promeneurs. Sylvie vendait ses fleurs, ses légumes, des tasses de café, des tartines de pain qu’elle cuisait, des cartes postales qui représentaient son pavillon.

Une terrasse fut aménagée devant la cabane. Des bancs et une table accueillaient le visiteur qui s’arrêtait pour un instant de repos.
Un jour, Sylvie retira une pierre qui se trouvait sous sa cabane. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque l’eau lui apparut. Elle s’en servit pour arroser son jardin. Elle menait une existence heureuse et paisible. Elle parlait très rarement aux étrangers et se plaisait dans sa solitude.

Le dimanche 12 octobre 1924, des promeneurs trouvèrent Sylvie au pied d’une arbre. Elle gémissait, des personnes charitables l’emmenèrent à la clinique d’Opbrakel. Elle y décéda le 15 février 1928 vers 3H30 du matin.

Depuis lors, sa cabane, envahie par une folle végétation, tomba très rapidement en ruine.

Son souvenir et son histoire hantent toujours la mémoire des flobecquois. Aussi, l’administration communale décida de mettre ce souvenir plus proche de la réalité. Elle fit contruire cette nouvelle Cabane Sylvie, avec les mêmes types de matériaux. L’administration communale confia la réalisation du projet à l’architecte Luc Van Coppenolle.

Le couronnement de cette figure flobecquoises à été inauguré le 3 septembre par le ministre Grafe et le député-bourgmestre Denis D’hondt