Michel Cattin – Fragments de lettres jamais adressées à Charlotte.

The Color Printer A Treatise on the Use of Colors – John Franklin Earhart [1892]

« Si tu venais en moi, tu serais surprise de te rencontrer. »

« On passe le plus clair de son temps à le noircir »

« Ce qui déclenche la haine pour un être, ce ne sont pas les pensées qu’il a, mais bien celles qu’on lui prête. »

« Déshabillez les mots leur nudité vous surprendra. » Lire la suite

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Jacques Izoard – Mots maudits sans mot dire ou dictons qui prennent eau de toutes parts

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« Nuage n’est que nuage si le ciel bat de l’aile. »

« Lapereau sous la paume. L’enfance y palpite. »

« La suie est la sœur. Le sable est le frère. »

Touche la petite haleine qu’un miroir ternit. »

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Julien Torma – Euphorismes (Extraits) [1926]

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« Il récitent chaque jour leur leçon de -moi- »

« – Faire sa vie -? Ils entendent par là – gagner (?) sa vie – toute la journée et réserver deux heures pour rêver ce qu’elle pourrait être. Les descentes de lit glissent sous leurs pieds nus et se cachent dès qu’ils sont chaussés. Nostalgie des voyages, des quatre-cents coups. Un de plus pour casser les vitres de leur aquarium? Pa si bêtes. Congratulations qui les retiennent de forcer les serrures. Il leur suffit d’être voyeurs. C’est une core un moyen de rester en place. »

« Ils deviennent fous, mais ils restent con. »

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Charles Baudelaire – Mon cœur mis à nu [1887]

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Le premier venu, pourvu qu’il sache amuser, a le droit de parler de lui-même

Il y a dans tout changement quelque chose d’infâme et d’agréable à la fois, quelque chose qui tient de l’infidélité et du déménagement. Cela suffit à expliquer la Révolution française.

Presque toute notre vie est employé à des curiosités niaises. En revanche, il y a des choses qui devraient exciter la curiosité des hommes au plus haut degré, et qui, à en juger leur train de vie ordinaire, ne leur en inspirent aucune.

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Charles Baudelaire – Fusées (Extraits) [1867]

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Ces beaux et grands navires, imperceptiblement balancés (dandinés) sur les eaux tranquilles, ces robustes navires, à l’air désœuvré et nostalgique, ne nous disent-ils pas dans une langue muette : Quand partons-nous pour le bonheur?

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Ambrose Bierce – Epigrammes (Extraits)

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« -Immoral-; tel est le jugement du bœuf dans son étable sur l’agneau qui gambade. »

« Tout cœur est la tanière d’un animal féroce. Le plus grand tort que vous puissiez faire à un homme est de le pousser à relâcher la bête qui est en lui. »

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Marcel Béalu -Il y a plusieurs manières de lire les aphorismes… (Préface) [1962]

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Il y a plusieurs manières de lire les aphorismes. L’un y cherche la confirmation de ses propres pensées, l’autre, plus humble, la transcription en clair sur le papier de ce que lui-même sentait confusément. A l’opposé : celui qui espère découvrir des pensées qu’il n’a jamais eues et enrichir ainsi son propre fond ; celui encore qui n’a jamais pensé par lui-même et pour qui la lecture de maximes est comme celle des slogans publicitaires qu’on ingurgite en digérant, au cinéma, avant le vrai spectacle. Je crois que la bonne manière de lire les aphorismes serait de seulement les entendre comme on regarde une fleur, surpris par son parfum.

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Introduction (1)

(Extrait tiré de l’introduction du livre « Le miroir de l’âme » de Georg Christoph Lichtenberg)

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Chaque siècle à ses œuvres clés. Ces œuvres sont des clés parce qu’elles ouvrent en nous l’héritage de sentiments et de pensées qui nous font les débiteurs de l’histoire et les prophètes de l’avenir ; elles nous rendent avant tout attentifs à nos voix intérieures ; les œuvres clés ne font donc rien de plus que nous enrichir de nous-mêmes ; elles mettent devant nos yeux ces sentiments que souvent on cache dans son cœur comme sous une pierre, par crainte de les garer ou pour mieux en retrouver les voies.

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Xavier Forneret – Sans titre, par un homme noir blanc de visage (Extraits) [1838]

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« Que ceux qui cherchent le Mouvement perpétuel regardent les yeux de la femme qui trompe »

« Attaché à l’ombre de chaque homme dans sa vie, il y a un monstre couvert de fleurs: les fleurs, c’est le Désir; le monstre, c’est la Possession. »

« Si vous êtes triste, n’allez pas où vous avez ri. »

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Marcel Bénabou – Un aphorisme peut en cacher un autre (Extraits) [1987]

« L’aphorisme est un manuscrit chiffonné, un ricanement dans la corbeille à papier. »

Günter Brus

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L’art de l’aphorisme es un art ancien, et qui ne se démode pas.

L’on a cent fois donné les raisons de cette vogue persistance. Comme l’oracle, l’aphorisme – baptisé aussi maxime, pensée ou sentence –  enferme un maximum de sens dans un minimum de mots. In tanta verborum parsimonia, quanta sententiae fecunditas; remarquait déjà Érasme. C’est cette concision, cette densité qui font une grande part de l’intérêt, et du plaisir, que l’on prend à l’aphorisme: car la réduction à l’essentiel donne à l’énoncé rigueur, efficacité expressive et séduction.

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Claire Lejeune : Aphorismes

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« J’ignore de la plus pure science. »

« Là où se mêlent l’eau et le feu l’être s’acquitte. »

« Toute la vérité du mineur brûle dans sa lampe. »

« La parole est mesure du silence. »

« Conscience est économie de l’acte. »

« J’existe au nom de tout ce qui n’a pas eu lieu. »

« Créer c’est élever le néant à sa propre puissance. »

« L’échec, intimité des victoires. »

« L’espoir fossilise l’inespéré. »

« Je ne suis pas de la race des invitées, je suis par effraction. »

« Lire bien c’est élire. »

« Ils consomment les champignons du paradis et conçoivent l’enfer. »

« Il n’y a pas de place en moi pour l’otage. »

« Je grandis vite, franchi le trou. Je crois sans faute vers je ne sais quel étoilement. »

©Livre : Claire Lejeune – Mémoire de rien / La geste / Le Pourpre / Elle [Editions du Labor // 1994]
©Image : William Blake (Divine Comedy)

 

Marcel Havrenne

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« Il neigeait si fort que les boulangers et les ramoneurs ne pouvaient plus se reconnaitre; chaque maison avait un étage de plus, où personne n’habitait. »

« Bonne comme le pain, mais pas trop de miette. »

« Voici l’aurore: la nuit tombe sur la Chine. »

« Quand on n’a plus que sa main pour cache-sexe, il faut préférer l’impudeur. »

« Qui aime bien châtre bien. »

« Lire les autres pour soi, mais se relire en pensant aux autres. »

« Le cris aigre du paon contrefait la roue qui grince. »

« Là où l’oiseau s’est posé, il y aura bien assez de place pour une pensée. »