Arno Calleja – Les animaux sont pauvres

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Les rues sont pleines de maisons vieilles.

Les gens passent : un gen a un chapeau dessus sa tête, un autre tombe il est tombé on le ramasse. C’est le passage des humains.

Les maisons vieilles on les habite pour ne pas payer cher. Et quand on tombe c’est gratuit. Mais si on tombe très fort il faut payer : parce que c’est l’hôpital.

L’hôpital est un vieil hôpital vieux, une soignante pour trente lits.

En général le soignant est une soignante parce que c’est une femme.

Les lits ne sont jamais vides. On dit ‘’lit’’ pour dire ‘’lit avec quelqu’un posé dessus’’.

Sur le lit on dort on se fait soigner et on se fait laver. C’est un lit comme une douche comme un cabinet et comme une pièce. En général, c’est multi-usage.

Quand on sort de l’hôpital il y a une pharmacie à côté, c’est obligé. Il y a toujours aussi un kiosque à journaux à côté quand on sort de l’hôpital pour que dans le lit le malade allongé dessus puisse lire dans son lit comme une bibliothèque.

Il n’y a pas de cheval il n’y a pas de vétérinaire non plus. Pour un vétérinaire il faut aller dehors de la ville, il faut donc trotter si on est un cheval. Si on est un cheval malade qui veut des soins.

Une piqure c’est un soin. Un bandage c’est un soin. Un vétérinaire donne des soins. C’est un médecin de cheval comme un docteur pour humain, pour guérir.

Les rues sont vides de chevaux mais pleines de gens malades dans les maisons vieilles.

On parle des animaux et des humains un peu mélangé.

Les animaux sont pauvres si on les regarde bien. D’ailleurs quand le cheval bande ce n’est pas par plaisir, ça prouve bien. D’ailleurs il ne loue pas sa maison. Il n’achète même pas son box. Ce qui prouve bien qu’un cheval n’a ni le sous ni de quoi le soutirer.

En plus un cheval n’a rien à dire c’est terrible. Aucune imagination. C’est un truc biblique qui remonte à la bible. Les animaux n’avaient rien à la lettre. On pouvait les manger dès qu’on savait cuisiner ils n’avaient rien à dire. Ils n’avaient rien à répondre les animaux longtemps n’avaient rien jusqu’au jour d’aujourd’hui où, en plus d’avoir rien, ils ont eu d’être pauvre. Franchement ça ne vaut pas le coup.

C’est tellement dommage de marcher dans une rue. Avec tous ces visages qui passent on ne voit rien d’autre. Seul un cheval ignore les visages. Il ne les voit pas qui passent. Le cheval n’est qu’au paysage. Le reste lui passe par dessus l’épaule et lui glisse par dessus l’épaule.

Ce sont des vérités de l’ordre de la science des chevaux et de l’ordre de la science des yeux en général.

Il y a des docteurs et des médecins qui se regroupent en cabinet et qui s’occupent de guérir et les animaux et les humains et c’est pratique.

Les docteurs médecins de cabinets ne travaillent jamais que pour le genre humain, c’est là l’intérêt d’être un cheval.

On rapporte des connaissances à son box le soir. Et des connaissances et des médicaments. Même si tu es un cheval pauvre. C’est tout l’intérêt.

©Texte : Arno Calleja
net: http://arnocalleja.tumblr.com/