Un livre au nom de l’auteur de ce blog…

couverture - derrière l'envers du décor

Sorti en Février 2019, Aux Editions Cactus Inébranlable : http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/pages/acheter-nos-livres/catalogue/derriere-l-envers-du-decor.html

Illustré par Gwen Guégan : https://www.gwenguegan.com/

Le Cactus Inébranlable Editions vous parle…

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S’abonner aux P’tits Cactus, c’est désormais possible !

 L’idée est simple : en 2018, un P’tit Cactus va paraître chaque mois, sauf en juillet et en août.

Dix ouvrages donc, certains signés par de nouveaux auteurs (Jane Agou, Sammy Sapin, Jean-Jacques Nuel…), et d’autres qui connaissent la maison (André Stas, Éric Dejaeger, Jean-Philippe Goossens…), toutes et tous des spécialistes de la formule brève qui fait mouche, la marque de fabrique de la collection.

L’idée de l’abonnement, c’est de vous permettre de recevoir chaque mois votre exemplaire livré par le facteur sifflotant de joie à l’idée de déposer dans votre boîte aux lettres un livre qui ne vient pas d’Amazon.

Dans cette collection, les ouvrages coûtent normalement 9 €, nous vous proposons l’abonnement d’un an pour 70 € et cela inclut les frais de timbre. Lire la suite

Les livres de la liste -ACHATS- chez « Des mots en passage »

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Docteur Lichic – Anecdoctes
Jean-Philippe Querton – Minute d’insolence
Raoul Vaneigem – Pourquoi je ne vote pas et autres inédits

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Fulgurance (8)… mirli

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(Publié un 8 mai sur Facebook, logique. Aujourd’hui étant le 10 mai cela a moins d’effet)

On m’a toujours répété qu’il n’y avait pas de 8 mai.
On ne peut pourtant pas dire que nous sommes le 9 mai.
Pour faire simple, je dirais donc qu’aujourd’hui est un hier sans lendemain.
Les néerlandophones l’ont d’ailleurs bien compris, « hier », pour eux, étant « ici ».
Ici, mais pas maintenant. Ça, ils l’auraient dit « nu ».
Ce qui est une très bonne idée !
Aujourd’hui, tout le monde à poil !
Il n’y a pas de 8 mai !

Les Editions du Cactus Inébranlable viennent de publier le premier livre de mirli, « Qui mène me suive« . un recueil où, en pensées absurdes, il révèle son univers.
Pour vous procurer le livre rendez vous ici : Cactus Inébranlable Editions
©Image : mirli

Un morceau d’Eros dans mon café (14 février)

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C’était toujours des yeux que sa fièvre montait; elle faisait tanguer en moi les zones de mon enfance, bousculant mes fantômes en les menant à l’air libre, avide de débusquer toutes mes lignes de fond, de démonter mes horloges existentielles afin de saisir l’heure qu’elles taisaient.
En cet après-midi nimbé d’une lumière couleur miel, je me laissais conduire là où la bouche de Chloé m’emmenait. Algèbre en acte, trois variables tatouées au creux du cou; acrobatie digitale; le matin du monde, c’est la signature de Chloé sur mon corps lorsque l’amour, à l’équinoxe de lui-même, se tient dans l’axe du soleil. Tous les siècles respirant entre deux spasmes, Chloé faisait l’amour lieder de Strauss, faisait l’amour corrida des temps solaires et réveillait les déserts où dorment les parchemins des prophètes…

©Livre : Véronique Bergen – Fleuve de cendres
©Image : Picasso [Femme nue couchée]

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Ils burent du thé au salon. Constantin prit la jeune fille sur ses genoux et leurs bouches se joignirent. Il commença à la déshabiller. Ici Ariane opposa une résistance obstinée et ses ongles acérés jouèrent un rôle dans le combat. Il fallut moitié de gré, moitié de force, à coups de prières, à grand renfort d’ingéniosité et de ruse, conquérir l’une après l’autre chaque pièce du vêtement. La blouse légère tomba; les jeunes seins fermes et ronds apparurent sur une poitrine maigre. L’enlèvement de la jupe exigea un temps infini. Constantin en eut raison enfin. Il tenait la jeune fille presque nue dans ses bras.

©Livre : Claude Anet – Arianne, jeune fille russe
©Photographie : Mona Kuhn

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Ensemble

Dans la paume des chemins, dans l’éclatement de l’herbe,
Ton visage tout défait d’aimer

Tes mains au soleil couchant
Pétrissant l’argile, caressant les cous des chiens
Mouillés de la boue des pâturages

Ecoute: le pollen des rochers,
L’abri au fond de la mer.

C’est ta paume qui s’épanouit,
C’est la peau de tes seins
Tendue comme une voile au soleil couchant.

Ecoute encore: ton pollen au pollen des rochers
Se mélange sur met,
Ton ventre amène et retire les marées,
Ton sexe occupe les sables chauds des profondeurs.

©Poème : Eugène Guillevic
©Peinture : Remedios Varo [Los Amantes]

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Le menu que je préfère,
C’est la chair de votre cou,
Tout le restant m’indiffère,
J’ai rendez-vous avec vous !

©Extrait tiré de la chanson « j’ai rendez-vous avec vous » de Georges Brassens
Image : Ingrid Bergman [Casablanca]

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Ma température intérieure, d’un coup, ferait rougir de honte le Vésuve, l’Etna et combien d’autres dragons de lave! Je suis torrents, écumes bouillonnantes, je deviens cascades, déferlantes, je vacille. Mes mains se crispent sur le stylo que j’ai du mal à guider sur la feuille définitivement vierge de toute intelligence. Peu de notes crédibles à transformer en rapport de conférence au programme du travail en cours. Les dérives de l’énergie nucléaire devront attendre que cessent nos dérapages intestins. Aujourd’hui, tout est dans les sens. Tout est « sens dessus », « sens dessous ».

©Extrait tiré de la nouvelle « Les hommes ne viennent pas de Mars » de Sylvie Godefroid parue dans le recueil « Assortiment de crudités »
©Photographie : Alix Cléo Roubaud

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Ma petite Loulou
Ma luciole ma mouche dorée de la Saint Jean
mon éphémère dans ta chair j’ai planté
mes dents d’amoureux
j’ai le goût de la mort en bouche

©Extrait tiré de « Mon terroir c’est les galaxies » de Julos Beaucarne

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Ah! dites-moi, de grâce, veuillez dire,
N’avez-vous pas revue mon adoré?
Celui pour qui je pleure et je soupire,
Ah! dites-moi, l’avez-vous rencontré?
– Quel est celui que tu cherches, ma fille?
Est-ce un Français, un Maure grenadin?
Est-ce un enfant de la libre Castille?
est-ce un courageux paladin?

– Oh! trouvez-moi, trouvez-moi sur la terre
Un chevalier sans reproche et sans peur,
Doux pour sa Dame, invincible à la guerre,
Ne combattant jamais que pour l’honneur,
Loyal amant, à son serment fidèle,
Et généreux, bien que toujours vainqueurs,
Il n’a jamais honoré qu’une belle:
Ah! c’est lui que cherche mon cœur.

©Extrait du poème « La fiancé de Roland » de Julie Hasdeu
Image : Mosaique sur la façade du « Crolux » Complex  [Barlad, Roumanie // 60’s]

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Je pars en permission sans avoir pu écrire aux miens
pour les prévenir de mon arrivée. […]
Personne à la maison. Je me débarbouille.
Ma femme arrive du marché, elle est toute saisie
et pleure de plaisir.

©Texte : Ivan Cassagnau – Ce que chaque jour fait de veuves, journal d’un artilleur 1914-1916

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Spectacle assez éblouissant pour évoquer des choses plus frivoles que solennelles. Il pensa à la soie fraîche et luisante du kimono de Satoko. Avec une clarté immatérielle, il aperçut ses yeux, là dans la lune, ces grands yeux magnifique qu’il avait vu si étonnamment proches, à le troubler. Le vent s’étai tu.
La chaleur brûlante du corps de Kiyoaki ne pouvait s’expliquer seulement par la température de la pièce, et une sorte de fièvre semblait picoter ses oreilles. Il rejeta la couverture et ouvrit le col de sa chemise de nuit. Un feu le brûlait encore en bouillonnant sous la peau et il sentit qu’il ne serait soulagé qu’en ôtant sa chemise, exposant son corps à la fraîcheur du clair de lune. A la fin, las de penser, il se tourna sur le ventre et reposa la tête enfouie dans l’oreiller, son dos nu tourné vers la lune, le sang échauffé battant encore à ses tempes.

©Livre : Yukio Mishima – Neige de printemps
©Image : André Masson

Eric Dejaeger – Courts, toujours! (Extraits) [2015]

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La mer de la tranquillité

Au moindre ronronnement de moteur, les eaux se démontaient et provoquaient un mini typhon qui engloutissait tout esquif motorisé, frêle ou costaud. La grande bleue, très dépressive, ne supportaient plus que les voiliers.

Les moutons

-C’est l’ultime compagnie, annonça le premier civil.
-Allez, qu’on en finisse une bonne fois pour toutes, commenta le second.
-Sans problème. Capitaine! Approchez, s’il vous plaît!
Le militaire obéit, le port martial, et vint se placer au garde-à-vous à trois pas du civil.
-Monsieur?
-Capitaine, vous allez disposer vos hommes en file indienne. Vous vous placerez à leur tête. Lorsque je vous ferai signe, vous partirez au pas de gymnastique, droit devant vous. Rien ne doit vous arrêter.
-A vos ordres, Monsieur!
L’officier beugla quelques ordres. Ses hommes se disposèrent en une longue file dont il prit la tête. Un geste du civil et le capitaine partit droit devant lui au pas de gymnastique, imité par tous ses hommes. Vingt mètres plus loin, il plongea sans hésiter dans l’immense bain d’acide sulfurique. Son exemple fut suivi par la totalité de la piétaille. En moins de cinq minutes, tout était fini.
-Voilà, épilogua le second civil qui avait assisté à toute la scène sans plus intervenir. L’armée est totalement et définitivement dissoute. Quand je vous disais que les soldats ignoraient tout de Rabelais. Lire la suite

Jean-Philippe Querton : Squelettes au haras (Extraits) [2014]

12778843_10201513716760341_658058680404274342_o.jpg« Le plus efficace des régimes,
C’est le Ducan de concentration. »

« Si j’avais été agriculteur,
J’aurais cultivé des champs
De sémantiques. »

« Procrastinateurs , procrastinatrices
Du monde entier, unissons-nous !
Eventuellement, ça peut attendre
Demain, si vous préférez. »

« Marre d’essuyer des échecs ?
Laissez-les sécher »

« – Et ta sœur,
balança-t-il au fils unique
– Elle nique ta mère
rétorqua-t-il à l’orphelin »

« Si la mort ne me fait pas peur,
c’est parce qu’en permanence,
je me fous de sa gueule ! »

« Coaching !

La tête penchée, la langue
coincée entre les dents,
ils rédigent un texte sur
les projets qui les motivent.
Comme si leur vie en dépendait,
ils ouvrent le champ des possibles,
ils couchent leurs rêves et leurs
ambitions sur le papier…
et s’engouffrent dans la terrible
norme. »

« Et chaque fois que je me plais
en leur compagnie, me revient
cette phrase de Louis Scutenaire :
Le chômage est déplaisant parce
qu’il n’est pas tout à fait généralisé. »

©Livre : Jean-Philippe Querton – Squelettes au haras / Aphorismes, potacheries, balivernes et histoires brèves [Cactus Inébranlable Editions // 2014]
©Collage : Laetitia Hainaut « A fleur de peau »
net :
http://jeanphilippequerton.e-monsite.com/ 
http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/
 https://www.facebook.com/laetitia.hainaut

 

Léon Souguenet – Le chemin du soleil (Extrait réinterprété)

12901117_10208338679252053_5152023968046605285_oRéinterprétation : Jean-Marie Vermande (Auteur de « L’Albert Audoulin ou du parallélisme des voies ferrées » paru aux éditions Cactus inébranlable)

Les ténèbres , ma mie, nous offriront , complices
Au pied noueux d’un saule un lit de velours doux.
Nous y contemplerons, calme feu d’artifice,
Les étoiles zébrant le ciel autour de nous .
Comme la mer alors, les tristes bruits du monde
Monteront grandissant pour mourir à nos pieds
Et nous laisser goûter, amoureuse et profonde,
La musique du vent parmi les peupliers.
Une peur nous étreint. Ô bien-aimée entends
Dans son berceau de pierre une cloche qui sonne !
Prends ma main, allons seuls par ce cloître inquiétant
D’ arbres où va la lune, pâle comme une nonne.

©image : Livre « Le chemin du soleil » de Léon Souguenet [H Lamertin, Editeur]
©Réinterprétation : Jean-Marie Vermande L’Herm