Des mots et des dessins (2)

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©BD : Zeina Abirached – Le piano oriental [Casterman // 2015]

Ouvrir un livre pour en connaître le début (2)

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Calme et fermée, la rue Cuvier descend de la rue Lacepède jusqu’à la Seine. Son rôle est surtout de border sur sa droite le Jardin des Plantes. Entre lui et la Halle-aux-Vins elle n’est plus, après que la rue Jussieu s’est abouchée sur sa gauche, qu’un long couloir vers la Seine. Plus rien n’y pénètre et les murs qui l’enserrent ont gardé du dix-neuvième siècle la nudité et la lèpre de la maison Thénardier.

Toute son animation est ramassée dans sa partie haute près de ce carrefour de naturalistes où se rencontrent pour ne plus jamais s’affronter, Linné, Lacepède, Geoffroy Saint-Hilaire, Cuvier… Là, s’ouvre en plusieurs endroits le Jardin des Plantes par de vieilles portes surmontées de verdure. Là s’élèvent quelques immeubles et ce petit édifice, mi-gare, mi-théâtre de province, où l’on a l’ambition d’enseigner en même temps les sciences physiques, chimiques et naturelles à cette jeunesse bruyante qui envahit la chaussée plusieurs fois par jour.

©Livre : Quentin Ritzen – L’album [Castermant // 1963)
©Photo : Joaquim Cauqueraumont