On numérise bien le passé (3)… La correspondance de Flaubert

Il a fallu cinq années de travail à une trentaine de professeurs de Lettres, dirigés par Danielle Girard et Yvan Leclerc, pour réunir la correspondance de Gustave Flaubert et la mettre en ligne. 4 450 lettres adressées à 272 destinataires dont sa nièce, Caroline, George Sand, Louis Bouilhet, sont en accès libre.

Article de présentation: http://www.relikto.com/4-450-lettres-de-flaubert-ligne/

Pour l’accès à la collection, cliquez ici

 

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À propos de…(8) Mademoiselle de Champmeslé (Par Mme de Sévigné)

Marie_Champmeslé

« Elle est laide de près et je ne m’étonne pas que mon fils ait été suffoqué par sa présence; mais quand elle dit des vers, elle est adorable. »

Lectures de passage (4)…

(Quelques sites où je me perds en lecture)

Claude-Guite-Artiste-Peintre-Le-lecteur-0009-WEB

https://leblogdukarrefour.wordpress.com/

https://gazogene.wordpress.com/

http://cahiercritiquedepoesie.fr/

https://lesetatsdudesert.wordpress.com/

https://pardelablog.wordpress.com/

http://caira.over-blog.com/

http://www.deslettres.fr/

http://decadences.net/

©Peinture : Claude Guité
net: http://www.claudeguiteartistepeintre.ca/

Un morceau d’Eros dans mon café (14 février)

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C’était toujours des yeux que sa fièvre montait; elle faisait tanguer en moi les zones de mon enfance, bousculant mes fantômes en les menant à l’air libre, avide de débusquer toutes mes lignes de fond, de démonter mes horloges existentielles afin de saisir l’heure qu’elles taisaient.
En cet après-midi nimbé d’une lumière couleur miel, je me laissais conduire là où la bouche de Chloé m’emmenait. Algèbre en acte, trois variables tatouées au creux du cou; acrobatie digitale; le matin du monde, c’est la signature de Chloé sur mon corps lorsque l’amour, à l’équinoxe de lui-même, se tient dans l’axe du soleil. Tous les siècles respirant entre deux spasmes, Chloé faisait l’amour lieder de Strauss, faisait l’amour corrida des temps solaires et réveillait les déserts où dorment les parchemins des prophètes…

©Livre : Véronique Bergen – Fleuve de cendres
©Image : Picasso [Femme nue couchée]

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Ils burent du thé au salon. Constantin prit la jeune fille sur ses genoux et leurs bouches se joignirent. Il commença à la déshabiller. Ici Ariane opposa une résistance obstinée et ses ongles acérés jouèrent un rôle dans le combat. Il fallut moitié de gré, moitié de force, à coups de prières, à grand renfort d’ingéniosité et de ruse, conquérir l’une après l’autre chaque pièce du vêtement. La blouse légère tomba; les jeunes seins fermes et ronds apparurent sur une poitrine maigre. L’enlèvement de la jupe exigea un temps infini. Constantin en eut raison enfin. Il tenait la jeune fille presque nue dans ses bras.

©Livre : Claude Anet – Arianne, jeune fille russe
©Photographie : Mona Kuhn

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Ensemble

Dans la paume des chemins, dans l’éclatement de l’herbe,
Ton visage tout défait d’aimer

Tes mains au soleil couchant
Pétrissant l’argile, caressant les cous des chiens
Mouillés de la boue des pâturages

Ecoute: le pollen des rochers,
L’abri au fond de la mer.

C’est ta paume qui s’épanouit,
C’est la peau de tes seins
Tendue comme une voile au soleil couchant.

Ecoute encore: ton pollen au pollen des rochers
Se mélange sur met,
Ton ventre amène et retire les marées,
Ton sexe occupe les sables chauds des profondeurs.

©Poème : Eugène Guillevic
©Peinture : Remedios Varo [Los Amantes]

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Le menu que je préfère,
C’est la chair de votre cou,
Tout le restant m’indiffère,
J’ai rendez-vous avec vous !

©Extrait tiré de la chanson « j’ai rendez-vous avec vous » de Georges Brassens
Image : Ingrid Bergman [Casablanca]

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Ma température intérieure, d’un coup, ferait rougir de honte le Vésuve, l’Etna et combien d’autres dragons de lave! Je suis torrents, écumes bouillonnantes, je deviens cascades, déferlantes, je vacille. Mes mains se crispent sur le stylo que j’ai du mal à guider sur la feuille définitivement vierge de toute intelligence. Peu de notes crédibles à transformer en rapport de conférence au programme du travail en cours. Les dérives de l’énergie nucléaire devront attendre que cessent nos dérapages intestins. Aujourd’hui, tout est dans les sens. Tout est « sens dessus », « sens dessous ».

©Extrait tiré de la nouvelle « Les hommes ne viennent pas de Mars » de Sylvie Godefroid parue dans le recueil « Assortiment de crudités »
©Photographie : Alix Cléo Roubaud

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Ma petite Loulou
Ma luciole ma mouche dorée de la Saint Jean
mon éphémère dans ta chair j’ai planté
mes dents d’amoureux
j’ai le goût de la mort en bouche

©Extrait tiré de « Mon terroir c’est les galaxies » de Julos Beaucarne

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Ah! dites-moi, de grâce, veuillez dire,
N’avez-vous pas revue mon adoré?
Celui pour qui je pleure et je soupire,
Ah! dites-moi, l’avez-vous rencontré?
– Quel est celui que tu cherches, ma fille?
Est-ce un Français, un Maure grenadin?
Est-ce un enfant de la libre Castille?
est-ce un courageux paladin?

– Oh! trouvez-moi, trouvez-moi sur la terre
Un chevalier sans reproche et sans peur,
Doux pour sa Dame, invincible à la guerre,
Ne combattant jamais que pour l’honneur,
Loyal amant, à son serment fidèle,
Et généreux, bien que toujours vainqueurs,
Il n’a jamais honoré qu’une belle:
Ah! c’est lui que cherche mon cœur.

©Extrait du poème « La fiancé de Roland » de Julie Hasdeu
Image : Mosaique sur la façade du « Crolux » Complex  [Barlad, Roumanie // 60’s]

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Je pars en permission sans avoir pu écrire aux miens
pour les prévenir de mon arrivée. […]
Personne à la maison. Je me débarbouille.
Ma femme arrive du marché, elle est toute saisie
et pleure de plaisir.

©Texte : Ivan Cassagnau – Ce que chaque jour fait de veuves, journal d’un artilleur 1914-1916

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andre-masson

Spectacle assez éblouissant pour évoquer des choses plus frivoles que solennelles. Il pensa à la soie fraîche et luisante du kimono de Satoko. Avec une clarté immatérielle, il aperçut ses yeux, là dans la lune, ces grands yeux magnifique qu’il avait vu si étonnamment proches, à le troubler. Le vent s’étai tu.
La chaleur brûlante du corps de Kiyoaki ne pouvait s’expliquer seulement par la température de la pièce, et une sorte de fièvre semblait picoter ses oreilles. Il rejeta la couverture et ouvrit le col de sa chemise de nuit. Un feu le brûlait encore en bouillonnant sous la peau et il sentit qu’il ne serait soulagé qu’en ôtant sa chemise, exposant son corps à la fraîcheur du clair de lune. A la fin, las de penser, il se tourna sur le ventre et reposa la tête enfouie dans l’oreiller, son dos nu tourné vers la lune, le sang échauffé battant encore à ses tempes.

©Livre : Yukio Mishima – Neige de printemps
©Image : André Masson

Carte postale (2)… Nismes (Province de Namur) 1927

Chère tante cousine et cousin

A l’occasion de la nouvelle année, je vous présente mes meilleurs souhaits de santé et de bonheur. Ainsi soit-il ! J’espère que vous êtes en bonne santé et que Gaston ne défait plus le lit ou bien « la vengeance de mes oreilles
Amitiés aux autres parents
J’écris à marraine

Bons baisers René

Nimes 1927

Me Mme Waroquet – Bodart
à la
station de Nismes
lez-Mariembourg
province de Namur

 

Carte postale (1)…Ostende 1935

P1280933P1280934

Chérie (?) je n’ai fait que passer un soir et une nuit à Brux
j’ai passé chez toi tu étais
sortie – dis moi si tu es à
Bruyelles encore car je
r(?) serai peut être par là
si tu y es – à la fin de cette
semaine – écris moi
villa le Pnant (?) 107 digue de mer
chez le …
affectueusement P…(?)