Alain Corbin – Le miasme et la jonquille (Extrait) [1986]

fig-11_boilly.jpgUne pratique excessive du coït provoque un véritable déversement spermatique dans les humeurs de la femme, pourrit les liqueurs et engendre une puanteur insoutenable. C’est ainsi  que les prostituées deviennent des putains. Juvénal déjà le prétendait; au début du XVIIIème siècle, J.-B. Silva s’était efforcé de justifier scientifiquement cette conviction* qui, à elle seule, conduit à considérer les prostituées comme des femmes dangereuses
*Nicolas Edme Restif de La Bretonne opte pour cette étymologie souvent proposée, qui tend à faire du mot putain un dérivé du latin putida (puante)

 

©Livre : Alain Corbin – Le miasme et la jonquille [Flammarion // 1986]

 

Pute 1240, G de Lorris; féminin de l’ancien adjectif Put, puant, sale (1080, Roland), Latin putidus, de putere ( V. Puer); repris en français d’aujourd’hui d’après le provençal moderne puto, de même étymologie || putain 1119, Ph. de Thaon, anc. cas régime en -ain de pute || putinerie 1866 Goncourt || putasse 1558, Morel, putain. ||putasser 1486, Alexis. || putassier 1546, D. G. || putasserie 1606, Crespin
©Livre : Dictionnaire étymologique et historique du français (Larousse)
©Image : Louis Léopold Boilly (huile sur toile)