Pierre Vinclair – Les Gestes impossibles (Extraits) [2013]

david delruelle©Collage : David Delruelle (https://www.daviddelruelle.com/)

 

Interlude
Révolutions imaginaires

1999

Les histoires sont des ponts. Tristes ceux qui tombèrent.

Le canal qui les trempe les a recyclés, un temps ; fuyant, il finit de charrier les vaisseaux de capitaines revenus, en amont immobiles, une main sur le gouvernail l’autre au large visière. Ils passaient. Quels orateurs ! On les entend encore, qui disaient scandaleusement, faisaient des signes aux mannequins, chantaient avec des nœuds de cire dans la  gorge les vieilles casseroles qu’applaudit le public piqué des adolescents éternels – lorsque ceux-ci remuent, leur visage se craquelle. La poudre vole. Les traits de vieillards apparaissent dans ce carnaval des nations. Lorsque le spectacle s’achève, chacun se baisse et ramasse son fusil,

plante un pruneau dans l’œil de son voisin. Et caetera.

2000

Quand vint la fin de tout. Chacun fit vœu de pauvreté. Lire la suite

Les livres de la liste -ACHATS- chez « Des mots en passage »

RYOKÂN – Poèmes de l’Hermitage
JEAN-LUC SARRE – Apostumes
OSSIP MANDELSTAM – Oeuvres complètes

KENNETH GOLDSMITH – L’écriture sans écriture – du langage à l’âge numérique

ALEXANDRE GEFEN – Réparer le monde / La littérature française face au XXIe siècle

WILLIAM HAZLITT – Sur l’amour de la vie et autres essais
BENJAMIN PÉRET – Les arts primitifs et populaires au Brésil

GUILLAUME MEURICE – Cosme

PAUL ARON – Une histoire du théâtre belge de langue française

  • Aux éditions Misma: http://www.misma.fr/

ANNE SIMON – Boris l’enfant patate

  • Aux éditions La Joie De Lire: https://www.lajoiedelire.ch

ADRIENNE BARMAN – Drôle d’encyclopédie végétale

Paul Rameau – Gris (passages) (Extrait)

P1150636

[…] Innocente est la beauté qui commence avec des raisons. Que l’on devine amantes ou inconnues. La rue est l’épaisseur du moment. Le temps qu’elle fait dépend de ceux qui l’aggravent. Le pavé recule  ers l’industrie. Du fer roule d’esprit en esprit. Des femmes récoltent le sirop des tissus dont l’aigreur rappelle le sommeil au danger des hommes. Et ceux-là ne rentrent qu’avec deux grammes de pouvoir sur les fumées. Certaines ont planté leur croix et enfanté. Ici c’est la tourbe c’est le calcul c’est la rage c’est un glissement d’époque dans les voix. Ici on fait sonner ce qu’on rompt. Lire la suite