Jean Merrien – Naviguez! sans voile (Extrait) [1967]

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Qui peut naviguer?

e. Filles, de 15 ans jusqu’au mariage.

En « grande voile », elles sont parfois de bonnes équipières. Les forces physiques leur manquent en général, mais, si elles n’ont pas pour unique idéal de se grâler au soleil, elles peuvent « donner la main ». Moins rétives que les garçons de même âge, souvent un peu intimidées, elles prennent (je parle de moyenne, pas de cas particuliers) l’habitude de la mer – fort précieuse par la suite – plutôt que des connaissances approfondies, même du rôle de membre d’équipage. en croisière, elles apportent une aide précieuse à la maîtresse de bord.

En motonautisme, en « plaisance de ports », elles peuvent être… pin-up. Parodiant et contredisant la chanson célèbre de la Marie-Joseph, chantons: On peut confondr’ mariage et navigation. Flirt aussi, naturellement.

En petite voile, la fille de l’un de ces âges – pouvant bien sûr naviguer pour son propre compte – constitue le plus souvent l’équipière type, la compagne merveilleuse (car « ne râlant pas », docile, souvent intelligente et vive) des régates.

Que les mamans se rassurent: fille et garçon, à bord du petit voilier de régate, ne pensent aucunement à des sottises: aussi exquise soit la fille, aussi « formidable » le garçon, tout est pour le succès, le bateau. Beaucoup mieux qu’une camaraderie: une vraie école de vie, une image du couple tel qu’il sera réellement, boulot, boulot! A chacun son rayon, tout le monde boulonne, et il faut que cela gaze! Autant que sur l’eau, que dans le vent, à terre; préparer le bateau, le porter, l’entretenir, sourires sans valeur, de l’efficacité, ah mais!

Tout cela est excellent pour « dé-sosottiser » la fille, lui faire prendre l’air, la mondaniser dans ce que cela a de bon; très supérieur aux cours de danse! Inscrivez votre fille à un club. Et si elle est laideronne, mais serviable, courageuse, elle y perdra son « complexe d’infériorité », car elle sera plus recherchée que les filles « poseuses ». Il est même fréquent que les « capitaines » préfèrent des équipières un peu lourdes… pour le « rappel »!

En canoë, en kayak, l’atmosphère est à peu près la même; les jeunes ménages dominent pourtant. Mais les jeunes filles solitaires, aimant à être solitaires, trouveront, à pousser leur rêverie au fil de l’eau, un grand bonheur.

©Livre : Jean Merrien – Naviguez! sans voile [Le livre de poche pratique // 1967]
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