Lectures en passage (2)… Joaquim Hock

paul octavious

À la manière de la Tentative d’inventaire des aliments liquides
et solides que j’ai ingurgité au cours de
l’année 1974 de Georges Perec, voici la liste des livres que j’ai lus (entièrement) ou relus au cours de l’année 2017 (Joaquim Hock):

(Liste publiée sur Facebook)

– ça c’est la Russie (Dominique Bromberger)
– Le chevalier de ventre à terre (Gilles Bachelet)
– Roti-Cochon, ou méthode très facile pour bien apprendre les enfans à lire en latin et en françois,
– Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (Stig Dagerman)
-Epigrammes (Ambrose Bierce)
– Martian Time Slip (Philip K. Dick)
– Dr. Bloodmoney (Philip K. Dick)
– Now wait for last year (Philip K. Dick)
– Cosmos (Witold Gombrowicz)
– Hérétiques (G K Chesterton)
– MaxJacob – poètes d’aujourd’hui (André Billy)
– Douze nouvelles/Dodici raconti (Dino Buzzati)
– Si ce monde vous déplaît (Philip K. Dick)
– Dernière conversation avant les étoiles (Philip K. Dick)
– Coulez mes larmes, dit le policier (Philip K. Dick)
– Dictionnaire des idées reçues (Gustave Flaubert)
– Max Ernst (Gaston Diehl)
– Minutes de sable mémorial (Alfred Jarry)
– Commentaires pour servir à la lecture des Minutes de sable mémorial (collectif)
– La revanche de la nuit (Alfred Jarry)
– Le siècle des charognes (Léon Bloy)
– La montagne morte de la vie (Michel Bernanos)
– L’envers de l’éperon (Michel Bernanos)
– Le murmure des dieux (Michel Bernanos)
– Race et histoire (Claude Lévy-Strauss)
– Voyage au pays des Gagaouzes (Marianne Paul-Boncour)
– La chevalière de la mort (Léon Bloy)
– Les maîtres humoristes: Honoré Daumier, librairie Jouen, 1907
– Tristes tropiques (Claude Lévy-Strauss)
– Les chênes qu’on abat (André Malraux)
– Le puits et les bas-fonds (G K Chesterton)
– Album Georges Perec (Claude Burgelin)
– Le clavecin autrement (Elisabeth Chojnacka)
– Le voyage de monsieur Perrichon (Eugène Labiche)
– The flying inn (G K Chesterton)
– Chesterton face à l’islam (Philippe Maxence)
– Le pont sur la Drina (Ivo Andric)
– Les beaux jours de la rue de la main d’or (Gyula Krudy)
– Alphabet (Joseph Delteil)
– Les boutiques de cannelle (Bruno Schulz)
– Le sanatorium au croque-mort (Bruno Schulz)
– La fin de la sagesse et autres contes extravagants (G K Chesterton)
– Paycheck et autre nouvelles (Philip K. Dick)
– Des éclairs (Jean Echenoz)
– Lepinski Vir guide (collectif)
– Le livre de la pauvreté et de la mort (Rainer Marie Rilke)
– La vérité avant-dernière (Philip K. Dick)
– Bartok Memorial house (collectif)
– Simulacres (Philip K. Dick)
– Serbie: mythologies balkaniques (G. Pério-Valero)
– Poèmes algol (Noël Arnaud)
– Le zappeur de monde (Philip K. Dick)
– Topor, voyageur du livre tomes 1&2
– Brèche dans l’espace (Philip K. Dick)
– Musée de marine (Joseph Delteil)
– Le géant de la gaffe (André Franquin)
– L’anatomie du gag et autres essais (Vaclav Havel)
– Les clans de la lune alphane (Philip K. Dick)
– Comment parler le belge (Philippe Genion)
– Traum, Philip K. Dick le martyr onirique (Aurélien Lemant)
– Deus Irae (Philip K. Dick/Roger Zelazny)
– Oursins et moineaux (Sjon)
– La fille aux cheveux noirs (Philip K. Dick)
– Petit catéchisme à l’usage de la classe inférieure (August Strindberg)
– L’exégèse tome 1&2 (Philip K. Dick)
– Les hauts cris (Norge)
– Clérambard (Marcel Aymé)
– Une double famille et autres nouvelles (Balzac)
– Les photographies conceptuelles d’Erwhan Ehrlich révélées par Roland Topor
– Amerigo (Stefan Zweig)
– Le rêve de l’escalier (Dino Buzzati)
– La cuisine cannibale (Roland Topor)
– Le tunnel (Ernesto Sabato)
– Le château des destins croisés (Italo Calvino)
– Cronopes et Fameux (Julio Cortazar)
– Mon ami Kronos (Pierrre Albert-Birot)
– Les écrivains nuisent beaucoup à la littérature (Eric Allard)
– Trésor des fèves, fleur des pois (Charles Nodier)
– Etrangers de Paris (Alexandre Vialatte)
– Une fille d’Eve (Balzac)
– Thomas l’imposteur (Jean Cocteau)
– Le temps désarticulé (Philip K. Dick)
– Confessions d’un barjo (Philip K. Dick)
– Merlin (anonyme 13ème siècle)
– Les premiers faits du roi Arthur (anonyme 13ème siècle)
– Divers faits (Jacques Sternberg)
– Le grand livre vert (Graves/ Sendak)

©Photographie :  Paul Octavious

 

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Tim Ingold – Marcher avec les dragons (extrait) [2014]

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Pourquoi l’enfant que je suis, ou que je suis redevenu, écrit-il désormais pour s’opposer à une forme de pensée qui, en arrachant la culture à la biologie, nous sépare, nous autres êtres humains, de nous-mêmes ? Parce que cette pensée ne peut s’empêcher de considérer l’enfant comme une créature dont la valeur est moindre que celle de l’adulte, plus cultivé, un peu à la manière dont le primitif était tenu pour inférieur au civilisé à une époque antérieure de l’anthropologie. A l’évidence, tout être né d’un homme et d’une femme est un humain. Mais la pensée moderne allait soutenir que si tous sont humains, certains sont plus humains que d’autres : l’adulte plus que l’enfant, le scientifique plus que le sauvage. Les enfants, au cours de leurs « premières années », comme les « premiers hommes » dans les manuels consacrés à l’évolution humaine, sont décrits comme des êtres chez qui la part de biologie est plus importante ; des êtres plus proches de leurs origines dans la nature que les hommes d’époques « ultérieures », chez qui la part de culture est en revanche plus importante. Cela n’est pas acceptable à mes yeux. Bien sûr, l’enfant que je suis, comme l’enfant que je fus, est ni plus ni moins un organisme de part en part. Mais à aucun moment, du berceau à la tombe, l’enfant ne commence ni ne cesse de tisser sa bie avec d’autres vies, à partir desquelles ces modèles que nous appelons « culture » sont continuellement produits. Et si cela est vrai des vies individuelles, cela doit également l’être de l’histoire humaine. De même qu’il n’y a pas de séparation radicale entre la biologie et la culture dans la vie d’un enfant, il ne peut y avoir de séparation radicale entre l’évolution et l’histoire dans la vie des espèces. Nous sommes tous – et avons toujours été – des organismes-personnes.

©Livre : Tim Ingold – Marcher avec les dragons [Zones Sensibles // 2014]
©Image : Joaquim Hock