La cabane Sylvie [Flobecq – Belgique]

IMG_0637.JPGSylvie naquit à Etikhove le 21 janvier 1851. Son père, François Baudry était sabotier, sa mère, Mélanie Vandereecken était fileuse. Elle avait un frère, Ivo. Elle était bobineuse puis devint couturière. Sylvie a beaucoup voyagé; elle a habité à Paris et s’est rendue dans des régions lointaines.

Un jour, elle en a eu assez du monde et des bruits.

Le soir du 4 avril 1902, maigre et grisonnante, elle débarqua à la gare de Flobecq-Bois, sans argent ni bagages. Elle trouva un logement au « Café Rimeur ».

Mr Gilliot, un anversois, qui possédait les bois du « Mont de Rhodes » lui proposa gratuitement une parcelle de terre. Elle s’enfonça dans les bois, jusqu’au sommet et choisit une petite clairière, où l’on extrayait du sable.

Les frères Dendaux d’Opbrakel, lui construisirent une cabane avec des rondins. Le tout faisait un rectangle d’environ 5 mètres sur 4. La toiture était recouverte de tôles métalliques. La cabane comprenait une cuisine, une chambrette et une petite chapelle décorée d’une statue de la Vierge.

Eté comme hiver, avec son chien « Bufke », elle marchait à travers bois afin de se rendre journellement aux offices liturgiques à l’église de La Houppe.

Le mardi, jour du marché, elle descendait à pied à la place de Flobecq, afin d’y faire ses emplettes.

Elle possédait un jardin dans lequel on la voyait planter et cultiver des fleurs dans le sable jaune, avec une patience angélique. Primevères, giroflées, myosotis, perce-neige et pensées lui souriaient à longueur de journée, tout en embaumant l’air autour d’elle.

La cabane prit le nom de « MAISON DES FLEURS ». Elle élevait quelques poules qui lui donnaient des œufs. L’été, il y avait beaucoup de promeneurs. Sylvie vendait ses fleurs, ses légumes, des tasses de café, des tartines de pain qu’elle cuisait, des cartes postales qui représentaient son pavillon.

Une terrasse fut aménagée devant la cabane. Des bancs et une table accueillaient le visiteur qui s’arrêtait pour un instant de repos.
Un jour, Sylvie retira une pierre qui se trouvait sous sa cabane. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque l’eau lui apparut. Elle s’en servit pour arroser son jardin. Elle menait une existence heureuse et paisible. Elle parlait très rarement aux étrangers et se plaisait dans sa solitude.

Le dimanche 12 octobre 1924, des promeneurs trouvèrent Sylvie au pied d’une arbre. Elle gémissait, des personnes charitables l’emmenèrent à la clinique d’Opbrakel. Elle y décéda le 15 février 1928 vers 3H30 du matin.

Depuis lors, sa cabane, envahie par une folle végétation, tomba très rapidement en ruine.

Son souvenir et son histoire hantent toujours la mémoire des flobecquois. Aussi, l’administration communale décida de mettre ce souvenir plus proche de la réalité. Elle fit contruire cette nouvelle Cabane Sylvie, avec les mêmes types de matériaux. L’administration communale confia la réalisation du projet à l’architecte Luc Van Coppenolle.

Le couronnement de cette figure flobecquoises à été inauguré le 3 septembre par le ministre Grafe et le député-bourgmestre Denis D’hondt