A propos de…(6) : Heiner Müller (Par Jean Jourdheuil)

heiner muller

Quand il marchait, il posait le pied, la pointe du pied, avec souplesse, exactitude et prudence, comme si’l vérifiait instinctivement que le sol était bien toujours là où il s’était trouvé la veille. Cela lui donnait une démarche curieuse, légère. Il trottinait avec grâce. la moitié supérieure de son corps n’était pas affectée par ce trottinement. Aucune pesanteur. Il marchait avec aisance, à son rythme. Il dansait. Quand il écrivait il ne comptait par les syllabes. Il écrivait d’instinct avec les pieds selon la formule recommandée par Nietzsche pour faire danser les mots et à l’occasion les concepts.

©Extrait tiré de l’article « Heiner Müller : Le texte comme matériau musical
net: http://www.ensembleinter.com/accents-online/?p=5910
©Photo : Joseph Gallus Rittenberg
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