Antoine Wauters – Pense aux pierres sous tes pas (Extraits) [2018]

168_utopies-2018-ancona

Tous les deux, on était encombrant pour eux, et on l’avait toujours été. Au point que Paps aurait préféré ne pas nous avoir et rester toute sa vie comme ça, avec Mams, qui le rendait complètement dingue avec ses hanches en montagne de massepain et ses seins lourds toujours luisants.
Pour autant, je ne crois pas qu’il nous détestait. Mais le seul fait de nous voir courir devant lui, et parfois simplement de nous entendre, l’irritait à la puissance mille: il mettait des coups de pied dans les chaises, cassait des vases, hurlait, puis se taillait pendant des heures on n’a jamais su où.

Lire la suite

À propos de…(14) André Stas ( Par Nadine Monfils)

13235591_1536096663364109_1846860658057892695_o

Le Cirques Divers, indissociable du génial André Stas, pataphysicien, poète, écrivain, collagiste, autodidacte. Un vrai artiste. Pas été pollué ou influencé par une école de mes deux qui formate des employés de l’art. Mon Dédé! Qu’est-ce que je l’aime aussi, celui-là, avec son éternel petit chapeau qui a l’air d’avoir pris la drache et sa tête de cancre.

©Extrait : Nadine Monfils – La 1ère fois que j’ai été au Cirque (Texte paru dans le n°232 de la revue C4 – C’est quoi ce Cirque?)

Calogero Volpe

Scott-Scheidlygreen-humpback-moth-59
(Calogero Volpe, élève à l’Ecole Primaire Communale de la rue de Fexhe, à Liège, avait dix ans lorsque ces textes furent écrits. Il est née en 1957 à Favara (Italie) et vit (ou a vécu?) à Liège. Les textes suivants ont été publiés dans la revue POESIE #27 « La nouvelle poésie française de Belgique. En 1971, les droits de reproduction étaient réservés à Jacques Izoard.)

 

LA SOUPE AU CHOUX ROUGES

La soupe aux choux rouges, il lui faut longtemps pour qu’elle se cuise, car il lui faut une demi-seconde pour qu’elle se cuise. Je la cuis, quand un chou me salua par ses deux oreilles pour dire qu’il avait froid. Je ne savais plus où je devais le mettre. Je le mets dans le placard noir. Il dit qu’il fait trop clair. A la fin, je le tue et un coup de pied tomba par le plafond. Car ce plafond été troué, car il était trop solide assez.

LE LOUP CURIEUX

Un jour, quand je jouais, j’ai vu un loup. C’était un loup pas comme les autres. Au lieu d’être carnivore, il était granivore. Il avait une tête de chat et une gueule de chien. J’écrase sa queue et elle devient une queue d’ours. Et la pelure de singe.

Il était un jour un petit garçon qui trouve un franc. Alors il plante le franc. Et un jour il y a un arbre avec énormément d’argent. Il était si petit qu’il achète un alais de géant. Il se dit : « Comment faire pour monter les marches ? » Soudain, il a une idée. Il ouvre la bouche, met la pompe et se gonfle.

Il y a un serpent. Je lui coupe la tête. Il lui en pousse deux. Comme il a une queue, je lui en coupe deux. Il mesure cinq mètres et comme cinq mètres égalent cinq centimètres, je le mets dans une boîte de cinq centimètres cubes. Un bon jour, il meurt, parce qu’il faisait « atchoum ! », et puis il devient du sable. Lire la suite

Jacques Izoard – Mots maudits sans mot dire ou dictons qui prennent eau de toutes parts

27_Maudits_mots_ dits meunier

« Nuage n’est que nuage si le ciel bat de l’aile. »

« Lapereau sous la paume. L’enfance y palpite. »

« La suie est la sœur. Le sable est le frère. »

Touche la petite haleine qu’un miroir ternit. »

Lire la suite

Maurice Marcinel – EN WALLONIE // Les petits métiers disparus (Extrait)

542_001

…Liège n’a plus de -Botteresses-. C’est une belle part de son décor et de son symbolisme qu’elle a perdu. Nos enfants ne savent déjà plus quelle a été la tâche de ces humbles femmes courbées sous le faix de leur hotte trop haute, trop lourde, trop sale.Elles se rendaient à domicile. Elles remontaient de la cave la poussière de charbon, l’étalaient dans la cour ou au seuil du client, l’humectaient et la mélangeaient de terre glaise plus adhérente. De cette préparation boueuse qu’elles manipulaient activement, après l’avoir piétinée durant des heures, elles faisaient des boulets de charbons (ou « hotchets »). Elles travaillaient parfois chez elles, en groupe, en association, pour les clients cossus que leur spectacle indisposait…