La légende joyeuse, ou les trois cent trois leçons de Lampsaque (Extraits) [1760]

s-l1600

XVIII

A deux genoux une gente pucelle
Se confessoit aux pieds d’un Cordelier,
Et lui montroit par dessus sa dentelle
L’échantillon d’un tetin régulier.
Lors de la chair le Démon familier
Se fit sentir. Par quoi l’homme d’Eglises
Lui mit ès (?) mains son joyeux éguillon.
O qu’est ceci? dit la fille surprise.
Prenez, prenez reprit le penaillon,
C’est les cordon de Saint François d’Assise.

LVII

Un grenadier s’accusoit à confesse
D’avoir forcé le lit de son Hôtesse
Par droit d’étape, au nez de son cocu
Dont peu content fut-il, mais bien battu;
Combien de fois fites-vous cette affaire?
Dit le Béat, car il faut les compter.
Combien? reprit le Soudart: oh! mon Père
Je ne suis pas ici pour me vanter.

LXXVI

Frère Conrard en un réduit bien clos
Par un matin à gentille Tourrière,
En vrai Béat, refait par le repos,
Insinuoit sa cheville ouvrirère.
On sonne alors. Ah! contrems maudit!
Foin de la cloche; & de qui la fondit!
S’écrie Agnès, en redoublant la croupière.
Le penaillon qui plus fort se roidit,
Piquant des deux pour fournir sa carrière,
Serre la Sœur, & prêt à faire feu:
Parbleu, dit-il, tu t’étonnes de peu:
Laisse sonner & répond du derrière.

LXXIX

Un peit-Maître fort amoureux
Depuis six moix de la belle Angéilique:
Il étoit riche, & on souffroit ses feux;
Mais à la fin si faut-il qu’on s’explique.
Vint un beau jour que le Père lui dit,
Beaucoup d’honneur vous faites à ma fille,
Mais sur quel pied, demande la famille,
La voyez-vous? Moi? Sur le pied du lit.

CCXCVIL

Certain Ribaud pourchassant jeune fille,
La rencogna dans le fond d’un jardin,
Puis d’une main lui troussant sa mandille.
Il l’amusa long-tems d’un doigt badin.
Las, s’écria la petite imbécile,
Me faites mal; quittez cettui (?) dessein.
Lui de pousser & d’introduire enfin
Deux de ses doigts: voyant qu’elle s’acoule (?),
Puisque tu peux chaumer à cettui point,
Pourrois-je point y fourer ma mentule?

©Livre : La légende joyeuse, ou les trois cent trois leçons de Lampsaque
PDF : La légende joyeuse, ou les trois cent trois leçons de Lampsaque
Lampsaque: https://fr.wikipedia.org/wiki/Lampsaque
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Pierre Louÿs – Les chansons de Bilitis (Extraits) [1894]

kishin_shinoyama_fotografia_erotica_japonesa_provocativa_20@Photographie : Kishin Shinoyama

BILITIS

Une femme s’enveloppe de laine blanche
Une autre se vêt de soie et d’or. Une autre se
couvre de fleurs, de feuilles vertes et de raisins.

Moi je ne saurais vivre que nue. Mon
amant, prends-moi comme je suis: sans robe
ni bijoux ni sandales, voici Bilitis toute seule.

Mes cheveux sont noirs de leur noir et mes
lèvres rouges de leur rouge. Mes boucles
flottent autour de moi libres et rondes comme
des plumes.

Prends-moi telle que ma mère m’a faite
dans une nuit d’amour lointaine, et si je te
plais ainsi, n’oublie pas de me le dire.

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