Guillaume Kosmicki – Musiques savantes : De Debussy au mur de Berlin 1882-1962 » (Extraits) [2012]

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Chacune des trois catégories répond à une échelle imaginaire, un critère qui en valide notre appréciation : la musique « savante » tire sa valeur de la qualité artistique intrinsèque qu’elle véhicule ; la musique traditionnelle est celle du « peuple », authentique parce qu’issue de racines profondes ; quant à la musique « populaire », elle est finalement souvent jugée de peu de valeur, car considérée comme uniquement dépendante d’intérêts commerciaux sur lesquels repose justement son succès. Il est intéressant de constater combien, si les frontières peuvent être floues et difficiles à définir, ces trois catégories structurent aujourd’hui encore notre appréhension du musical. Quelle que soit l’œuvre écoutée, nous la définissons, l’acceptons ou la rejetons en effet d’après cette échelle personnelle qui oscille entre ces trois valeurs. Notre intérêt vient de ce que nous jugeons au sujet de sa complexité ou de son authenticité, et notre rejet est souvent dépendant de ce que nous estimons être un caractère trop facile, trop consensuel, trop « commercial ». Tout ce que nous écoutons est évalué à travers cette grille de lecture, qui reste dans les faits extrêmement subjective.

Il est important de préciser ici, au risque de clamer une évidence (mais on l’oublie souvent), que l’on ne réalise jamais de disque pour qu’il soit « mauvais ».

©Livre : Guillaume Kosmicki – Musiques savantes : De Debussy au mur de Berlin 1882-1962 [Le mot et le reste // 2012]