Pierre Autin-Grenier – Finalement on attendra la guerre bien tranquillement à la maison (Extrait) [2003]

collage al infinito

La vie, comme ça, telle que quand l’orage à coups de castagnettes crève l’asphalte des villes et que tu n’as même pas la casquette pour te protéger la cervelle du désordre ambiant, que le tintamarre du fric t’arrache les tympans et que l’aveugle travail de sape du capitalisme va tambour battant, alors c’est du ni bon à cuire ni bon à bouillir, autant dire que dalle et gueule de bois, voilà ce que je me tue à lui rabâcher tous les matins et aussi qu’on va droit dans le mur, tu comprends. Elle fait pschitt pschitt avec son atomiseur à patchouli, elle a mis des bas aujourd’hui je me demande bien pourquoi, elle passe à la va-vite son trois-quarts beige que je n’aime pas trop, elle est déjà partie. C’est fou, je me dis, comme les femmes peuvent se montrer parfois insoucieuses du sort de la planète et de nos chagrins aussi ; à croire que je lui parle palhavi, ma parole !

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