Jardin d’usure – musique du garrot et de la ferraille (Extrait)

collage-dada

PLUSIEURS JOURS QUE LES MUSCLES BANDENT POUR RIEN
QUE CA COULE DANS LE GOSIER SANS L’ETANCHER
Que la chair vive et nerveuse gonfle et remue
comme agressée par un essaim de mouches à viande.
Moi: une immense verrue gorgée d’opium gras,

Mes veines sont des outres emplies de caféine.
Que faire pour que le sang cesse de crier?
(C’est déchiré.) Pour qu’il ne tourne plus à vide?
(Cri.) Que ma corne et mes ongles soient de silex!
(Oh!) Pour ne plus rien griffer ni rien pénétrer!
Que mon cœur soit une boîte à cailloux! (On sait.)
Des galets pour les yeux! Le nez: une carotte!
(Ne plus jamais pleurer, ni humer, respirer.)

Et le tronc, une bûche, un tapis d’herbe grise!
Et le membre, une carotte plantée! (Flétrir!)
Mon système nerveux se corrode d’envie
Que crève cet insatiable désir, pendant
Qu’on divise
mon corps en pe
ti
tes
parties!

©Texte : poème tiré de l’album « musique du garrot et de la ferraille » de Jardin d’usure [Sub Rosa // 1994]