André Salmon –  Alfred Jarry ou le Père Ubu en liberté (Extraits) [1921]

 

Pensez si je fus exact au rendez-vous ! Je savais déjà que le peuple de la rue Cassette se flattait du voisinage de M. Gaston Deschamps, mais je plaignais sincèrement ces bonnes gens d’ignorer qu’ils donnaient asile à un ancien Roi d’Aragon, ex-capitaine des Dragons de la Vistule, un instant Roi de Pologne, vainqueur de Wenceslas et de l’Ours, chassé dans ses foyers par le jeune Bougrelas.

– M. Alfred Jarry, s’il vous plaît?

Une portière bigle occupée à gaver de semoule cuite un geai nouveau-né, me répondit négligemment :

– Au deuxième et demi.

Je redoutais d’avoir mal entendu. Continuer de lire « André Salmon –  Alfred Jarry ou le Père Ubu en liberté (Extraits) [1921] »

Revue Littéraire : Le Soupirail #1 (Edito) [Février 1928]

(Edito du premier numéro de la revue littéraire « Le Soupirail » fondée par Jean Glineur) L’esthétique dite moderne dont certaines personnes se nourrissent à l’aveugle ou par snobisme ne nous touche pas. Nous nous moquons de l’esthétique dite moderne, de ce qu’elle a de brutal ou d’irritant. Elle revêt d’ailleurs des formes excessivement nombreuses, et bien malin qui pourrait nous en dresser une nomenclature complète. Il … Continuer de lire Revue Littéraire : Le Soupirail #1 (Edito) [Février 1928]

Mohammed Khair-eddine – Le soleil atroce des rêves… (Poésie)

à Jean DUFOIR le soleil atroce des rêves le cadavre gluant des lunes et du désert quand la mer basculée par une intoxication d’algues amères met un trait d’union entre le ciel flexible et ton visage de gazelle noire sont sous l’aisselle moite du passeur plus nombreux que le les oiseaux de toute la terre les sépulcres sont tombés sur les froides rivières il fallut … Continuer de lire Mohammed Khair-eddine – Le soleil atroce des rêves… (Poésie)

Marcel Béalu -Il y a plusieurs manières de lire les aphorismes… (Préface) [1962]

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Il y a plusieurs manières de lire les aphorismes. L’un y cherche la confirmation de ses propres pensées, l’autre, plus humble, la transcription en clair sur le papier de ce que lui-même sentait confusément. A l’opposé : celui qui espère découvrir des pensées qu’il n’a jamais eues et enrichir ainsi son propre fond ; celui encore qui n’a jamais pensé par lui-même et pour qui la lecture de maximes est comme celle des slogans publicitaires qu’on ingurgite en digérant, au cinéma, avant le vrai spectacle. Je crois que la bonne manière de lire les aphorismes serait de seulement les entendre comme on regarde une fleur, surpris par son parfum.

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Arthur Cravan – L’exposition des indépendants |MAINTENANT Revue Littéraire #4| (Extrait) [1914]

Mon Dieu, que les temps sont changés ! Aussi vrai que je suis rieur, je préfère le plus simplement du monde la photographie à l’art pictural et la lecture du Matin à celle de Racine. Pour vous, ceci demande une petite explication que je m’empresse de vous donner. Pour vous, ceci demande une petite explication que je m’empresse de vous donner. Par exemple, il y a … Continuer de lire Arthur Cravan – L’exposition des indépendants |MAINTENANT Revue Littéraire #4| (Extrait) [1914]