Valère Novarina – Le Monologue d’Adramélech (Extrait)

Yoshinori-Kobayash-1

En ce temps-là il faisait beau. Trou du fond, cessez-vous, tu nous scies l’appareil! Mais un jour midi sonna soudain l’hiver brutal et je dus fuir en forêt dense chercher où foutre mon corps visible hors de la vue d’tous les oiseaux. Déjà ces noires salope épiaient les mers, guignaient d’en haut nos agitats. C’est sous du buis et bien caché que j’échappa à leur mangeage. Vrillantes et penchant l’aile affamée, elles gueulaient: « On recherche Illico, où est sa tête, qu’il sorte! » Ces bêtes s’en allèrent au printemps et je les vis voler à reculons. Elles passèrent l’horizon un soir à sept heures, navrées de leur mauvaise chasse.

©Texte : Valère Novarina – Le Monologue d’Adramélech [P.O.L. // 2001]
©Image : Yoshinori Kobayashi
Publicités